Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 76 lignes (max. 75 signes), 734 mots et 4573 signes.

    apic/Romélus/Interview/Retour en Haïti

    Strasbourg: Prix européen des droits de l’homme pour Mgr Romélus (211194)

    L’évêque haïtien récompensé ce samedi pour sa résistance à la dictature

    Paris, 21novembre(APIC) Mgr Willy Romélus, évêque de Jérémie, en Haïti,

    s’apprête à rentrer dans son pays après un séjour de six mois en Europe

    pour raisons médicales. Figure de proue de la résistance à la dictature militaire, il recevra samedi prochain à Strasbourg le Prix européen des

    Droits de l’homme.

    Dimanche, Mgr Romélus a concélébré la messe avec le cardinal Jean-Marie

    Lustiger, archevêque de Paris. Dans une interview accordée lundi à l’agence

    APIC au siège de l’association "Chrétiens pour Haïti" à Paris, Mgr Romélus

    fait le point sur la situation en Haïti depuis le retour du Président JeanBertrand Aristide.

    MgrRomélus:La situation est bien meilleure qu’avant: les gens peuvent

    dormir et sortir en paix. Il n’y a plus de couvre-feu à Port-au-Prince. Par

    contre dans les provinces reculées, le calme n’est pas revenu, car des militaires toujours armés s’y sont repliés. Par ailleurs, le retour d’une majorité de Républicains au Sénat américain n’est pas de bon augure pour le

    peuple haïtien.

    Ainsi, le sénateur Jesse Helms, président de la Commission des Affaires

    étrangères, a un passé très noir en Amérique latine; il demande le départ

    immédiat des soldats américains stationnés en Haïti. Les "Tontons Macoutes"

    ont d’ailleurs toujours fait la fête quand les Républicains accédaient au

    pouvoir. L’élection de Clinton les avait énormément déçus.

    APIC:On a annoncé récemment que le Père Aristide avait demandé sa réduction à l’état laïc. Que s’est-il passé?

    MgrRomélus:Depuis longtemps des pressions étaient exercées sur lui pour

    l’obtenir et il a résisté. Aujourd’hui, il a envoyé sa lettre de démission

    car il ne pouvait faire autrement. Le peuple était pourtant attaché à son

    état de prêtre et l’a même élu pour cela, car il a vu que l’Eglise venait,

    en sa personne, à son secours. Personnellement, je considère qu’au-delà du

    droit canonique, en cas de situation exceptionnelle, comme c’est le cas en

    Haïti, il fallait déroger à la règle. Les "Tontons Macoutes" se sont portés

    librements candidats à la présidence de la République alors que la Constitution les en empêchait. Seul le Père Aristide pouvait les contrecarrer et

    c’est le peuple qui le lui a demandé.

    APIC:On dit qu’il a été cette fois-ci moins bien accueilli par le peuple

    et que son nouveau style décevait...

    MgrRomélus:Non, je ne le pense pas. Il était au contraire très attendu.

    Quant à son style, il est certes plus diplomatique, mais c’est normal qu’il

    soit plus modéré après son retour d’exil et eu égard à la situation qui

    prévaut en Haïti actuellement. L’intervention américaine, qui a de fait,

    jusqu’à nouvel ordre, libéré de la dictature et entraîné une évolution favorable, impose un temps d’observation, une certaine prudence. Le Père

    Aristide a déclaré après son retour: "Je suis ce que j’étais".

    APIC:Vous êtes donc favorable à la prolongation de son mandat?

    MgrRomélus:Oui, dans la mesure où le peuple dit qu’il a été élu pour cinq

    ans et qu’il doit les faire effectivement. Mais cela pose un problème avec

    la Constitution et lui-même a assuré qu’il ne serait pas à nouveau candidat.

    APIC:On connaît les déclarations de la Conférence épiscopale d’Haïti.

    Quel est votre sentiment à cet égard?

    MgrRomélus:Je dirais qu’il ne faut pas se contenter de déclarations et

    qu’il faut les mettre en pratique, passer aux actes. C’est tout ce que je

    peux dire. Il n’y a pas vraiment de scission entre une Eglise des riches et

    une Eglise des pauvres en Haïti. Mais la hiérarchie n’a pas été assez proche des opprimés pendant les trois années qui ont suivi le coup d’Etat. Il

    nous faut être aux côtés des pauvres sinon, on fait fausse route.

    APIC:Vous êtes allé à Rome en mars dernier. Vous y êtes retourné depuis?

    MgrRomélus:Non, mon calendrier ne me l’a pas permis et je ne l’ai pas jugé utile. Je crois que tout a été dit. Je ne sais pas si le Vatican a pris

    en compte mes remarques. J’ai fait ce que j’estimais être mon devoir. Le

    nonce actuel en Haïti était présent avec trois autres évêques au retour du

    Père Aristide en octobre dernier. Cela me semble être un bon signe. Il

    avait certes présenté ses lettres de créance au gouvernement putschiste. Le

    fera-t-il aujourd’hui avec le nouveau gouvernement? Je l’ignore.

    (Propos recueillis par Jean-Claude Noyé/APIC/eb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus