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    Rome: Visite du Patriarche Bartholomée Ier (290695)

    Le dialogue progresse

    Rome, 29juin(APIC) "Une conscience vraiment apostolique" de la primauté

    du pape et "une ferme volonté de clarifier la doctrine traditionnelle du

    "Filioque"" ont été les deux points clefs du dialogue établi entre JeanPaul II et Bartholomée Ier à l’occasion de la visite à Rome du patriarche

    oecuménique de Constantinople.

    "Avec l’aide de Dieu, nous sommes heureusement parvenus aujourd’hui, en

    passant par beaucoup de souffrances et d’humiliations, à une maturité de la

    conscience vraiment apostolique, qui consiste rechercher le primat non plus

    entre les personnes, mais plutôt entre les ministres du service", a témoigné dans son homélie le patriarche Bartholomée.

    Réponse de Jean-Paul II, dans la seconde homélie, prononcées quelques

    instants plus tard: "Aujourd’hui, la fête des martyres des saints Apôtres

    (Pierre et Paul) révèle le vrai sens d’une telle autorité (l’autorité du

    Christ transmise aux Apôtres): elle est un service. Pierre, Paul et André

    ont servi, jusqu’à verser leur propre sang, suivant l’exemple du Christ.

    (...) Les Apôtres ont été appelés à participer au service de leur maître."

    Le sens de la primauté du pape, souvent invoqué par les orthodoxes comme

    le principal obstacle à l’unité des chrétiens, semble ainsi évoluer vers

    une modalité - le "service" - qui rencontre l’assentiment des deux Eglises,

    catholique et orthodoxe.

    La question du "Filioque"

    Dans le Credo latin, la mention du "Filioque" traduit depuis de siècles,

    pour les catholiques, la foi en Jésus comme associé au Père dans le don de

    l’Esprit. Ce fut l’une des causes de la rupture avec les orthodoxes en

    1054, mais le dialogue semble avoir encore progressé lors de cette rencontre. "Il importe, a observé Jean-Paul II dans son homélie, de dissiper un

    malentendu qui projette encore une ombre sur les relations entre catholiques et orthodoxes (...) Il y a du côté catholique une ferme volonté de

    clarifier la doctrine traditionnelle du "Filioque" présente dans la version

    latine du Credo, afin de mettre en évidence la pleine harmonie avec ce que

    le concile oecuménique confesse dans son symbole: le Père, en tant que

    source de toute la Trinité, est l’unique origine et du Fils, et de l’Esprit

    Saint".

    Nécessité de l’humilité et du repentir

    Au-delà de ces deux questions assez techniques, une dominante a baigné

    le climat de cette rencontre: la nécessité "de l’humilité et du repentir",

    que le pape a déjà exprimée dans sa lettre "Tertio millenio adveniente", et

    particulièrement mise en relief cette fois par le patriarche de Constantinople: "Notre intention est de déclarer solennellement au monde chrétien

    d’aujourd’hui, avec sincérité et dans la crainte de Dieu, notre conviction

    à propos de la nécessité de l’autocritique et du repentir permanent".

    La question, a ajouté Bartholomée Ier, n’est pas de savoir "qui s’est

    plus ou moins trompé", mais plutôt "comment, en servant mon prochain, je le

    sauverai, et comment par lui seulement, et à travers lui, nous serons, nous

    aussi, rendus digne du salut". C’est, aux yeux du patriarche, la condition

    intérieure sine qua non qui permettra "le rétablissement facile de l’unité

    dans la foi tant désirée".

    Dans son homélie, puis lors de la prière de l’Angélus, le pape s’est

    présenté avec le patriarche: "le successeur de Pierre et le successeur

    d’André". Il a rappelé que ces deux apôtres étaient frères et que Pierre

    avait été présenté au Christ par André. Remarquant que le Christ avait envoyé ses disciples "deux par deux", Jean-Paul II s’est interrogé: "Cela

    veut peut-être dire que le Christ nous envoie, nous aussi, deux par deux,

    pour annoncer son Evangile en Occident et en Orient? Le Christ nous envoie

    ensemble pour qu’ensemble nous rendions témoignage. Nous ne pouvons donc

    pas rester séparés!" Réponse enthousiaste du patriarche Bartholomée Ier

    lors de l’Angelus, quand il a fortement insisté sur le dernier mot de sa

    phrase: "Nous marchons et nous annonçons la réconciliation et l’unité."

    A l’issue des cérémonies du 29 juin, solennité des saints Apôtres Pierre

    et Paul, on ne savait toujours pas, en milieu de journée, si un communiqué

    commun serait rédigé en conclusion des trois journées de visite du patriarche. Explication officieuse d’un responsable du Vatican : "moins formelle"

    que la visite de son prédécesseur Dimitrios Ier, la visite de Bartholomée

    Ier aura surtout donné lieu, lors de trois rencontres privées avec le pape,

    à "d’intenses échanges", sans barrière linguistique, tous deux s’exprimant

    couramment en italien. (apic/jmg/mp)

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