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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    apic/Rome/ Synode religieux

    Rome: les pères synodaux proposent des solutions à "la crise" (111094)

    Retrouver la dimension verticale

    Rome, 11octobre(APIC) "Puisse Dieu inspirer l’attitude prophétique qui

    consisterait à nommer des femmes, partie importante des consacrés, en nombre comme en qualité, à des postes de responsabilités, voire aux postes les

    plus élevés de la hiérarchie, comme cardinales laïques, si possible": la

    proposition de Mgr Ernest Kombo, jésuite, évêque d’Owando (Congo), formulée

    devant le synode des évêques sur la vue consacrée, a obtenu un franc succès

    dans la presse italienne de mardi.

    Cette suggestion rejoint une des grandes préoccupations du synode: comment donner aux femmes et aux religieuses une place plus grande dans

    l’Eglise? Elles n’ont certes pas attendu le Synode pour accomplir leur mission. Comme l’a rappelé Mgr Michel Calvet, marianiste, archevêque de Nouméa

    (Nouvelle-Calédonie), "les congrégations, féminines en particulier, ne cessent de jouer un rôle essentiel dans la transformation de ces petites sociétés insulaires très typées et on leur doit énormément pour la promotion

    de la femme et le développement en général."

    Mais, comme l’a souligné de son côté Mgr Maurice Couture, archevêque de

    Québec et lui aussi religieux, "des pas restent à franchir pour éliminer

    des structures de notre Eglise comme du langage ecclésial les indices d’un

    traitement inégal réservé aux hommes et aux femmes dans la vie religieuse".

    Les évêques canadiens, observe-t-il, appuient l’Union internationale des

    supérieures majeures, qui "attend de ce synode qu’il recommande que des

    femmes compétentes soient incluses dans les processus de réflexion et de

    prise de décision, tant au niveau des diocèses que de la curie romaine."

    Face à "la crise"

    Un autre débat récurrent est revenu en force lors des 11e et 12e assemblées générales, celui de l’identité des consacrés, partagés entre leur devoir de présence au monde et l’appel à la sainteté. Mgr Janis Pujats,

    archevêque de Riga (Lituanie), n’y est pas allé par quatre chemins. Dans un

    texte rédigé en latin, rompant ainsi avec une certaine monotonie des

    exposés, il s’est insurgé contre les critiques internes à l’Eglise

    formulées contre le Catéchisme de l’Eglise catholique: "Dans les familles

    normales, il n’y a pas de climat critique à l’égard de la mère. Qui sont

    ces fils? Qui sont ces élèves de grand séminaire où le

    professeur-théologien n’est pas sur la même longueur d’onde que l’Eglise?"

    Renvoyant à l’Ecriture pour dénoncer "les païens et les pharisiens", il

    s’est adressé à ses confrères: "Chers pères, expulsez de vos séminaires les

    païens et les pharisiens, et vous serez la paix de vos fidèles."

    Plus diplomate, mais non moins ferme, le cardinal Angelini, président du

    Conseil pontifical pour la pastorale les services de la santé, a tenté de

    décrire la "double crise" qui frappe selon lui la vie consacrée: d’une

    part, un manque de vocations, d’autre part, là où les vocations affluent,

    "une crise de la persévérance et du témoignage". Il voit plusieurs causes à

    ce phénomène: la formation à la prière est insuffisante; là où "on parle

    beaucoup de pauvreté, on jouit d’une sécurité économique enviable et sans

    responsabilité; l’obéissance n’est plus pratiquée, on méprise l’habit religieux, sans parler de l’accès aux moyens audio-visuels et aux cartes de

    crédit, de l’abandon de la clôture ou encore d’une mentalité "syndicale".

    Retrouver la dimension verticale

    Face à cette "crise", des pistes sont avancées. Mgr Joseph Powathil, archevêque de Changancherry (Inde), pense que "rendre plus efficaces nos services, participer à des ministères sur des terrains nouveaux ou imiter les

    techniques populaires des autres ne contribue pas à notre crédibilité".

    "Nous devons, dit-il, retrouver la dimension verticale, contemplative,

    eschatologique de la vie chrétienne fondée sur l’Evangile et la Tradition

    sacrée. Nous devons proposer à nouveau le monachisme authentique au coeur

    de l’Eglise et le présenter comme une proposition culturelle sérieuse. Le

    monde post-moderne ne sera attiré que par quelque chose de radicalement

    différent de son propre modèle d’individualisme, de consommation et de superficialité."

    Les prêtres au couvent

    Pour le cardinal Hans Hermann Groër, bénédictin, archevêque de Vienne,

    "la cause ultime, vraie, pourrait être, au fond, un manque de foi, d’amour

    pour le Christ". Il propose que les prêtres en activité dans les paroisses

    puissent se rendre "de façon plus régulière, un jour ou plus", dans un couvent où ils auraient leur cellule et où ils pourraient vivre en petits

    groupes, "comme des religieux".

    Parlant au nom de l’Union des Conférences des Supérieurs d’Europe, dont

    il est le vice-président, le dominicain tchèque Dominik Duka met en garde,

    quant à lui, sur un problème nouveau relatif aux vocations: les jeunes

    grandissent dans des familles où ils ne sont plus disposés à la vie religieuse et au ministère sacerdotal. "L’atomisation de la société réveille

    chez de nombreux jeunes le désir de vivre en communauté, dit- il, mais la

    majorité d’entre eux n’ont pas la force nécessaire pour la vivre". Le P.

    Duka est d’avis que la vie religieuse aujourd’hui "exige l’état héroïque de

    la sainteté", qu’elle "ne peut être réellement comprise qu’à la lumière du

    mystère de la Croix et de la résurrection".

    Créateurs de culture

    Intervention attendue, celle du P. Peter-Hans Kolvenbach, préposé général des jésuites. Il attend des consacrés qu’ils soient "créateurs et promoteurs de culture". Car l’accord entre foi et culture est "toujours à refaire" et la vie religieuse est "en relation de connaturalité" entre ces

    deux termes. "On a certainement pu trouver dans la vie religieuse des formes de négation, plus ou moins obscurantistes, de la culture, explique le

    général des jésuites. Mais la vie religieuse a plus souvent apporté une aide puissante à l’Eglise, dans son expérience patiente de sauver, au sens

    plein, toutes les cultures. Ces cultures sont toujours tentées de s’enivrer

    de leurs propres richesses, ou de se fermer dans leurs propres limites, au

    risque de se condamner elles mêmes à mort. Les consacrés, témoins de chair

    du Seigneur vivant, rappellent à ces cultures leur ’eschaton’, leur fin

    dernière, au-delà d’elles-mêmes."

    Travailler à la promotion de la culture est pour les consacrés "un mode

    de vie qui sera souvent à contre-courant", prévient le P. Kolvenbach, car

    il faut "dénoncer ce qui, dans la culture, est en réalité une anti-culture

    déshumanisante; défendre, avec beaucoup d’autres, les valeurs de justice,

    de paix et de solidarité, et plus encore témoigner que seul le Christ donne

    aux valeurs de la culture toute la force et l’attrait qui les conduit à

    leur plein accomplissement".

    Face aux ébauches de solution à "la crise", Mgr F. Keiichi Sato, franciscain, évêque de Niigata (Japon), conclut: "Beaucoup de personnes consacrées tendent à considérer la volonté de Dieu réalisée dans le seul succès.

    Nous devons souligner que ce risque est réel. Mais il y a des moments où

    l’accomplissement de la volonté de Dieu passe par l’acceptation de mauvais

    résultats ou par l’échec, comme il en fut pour Jésus sur la Croix. Nous

    devrions défendre cette gloire de la Croix." (apic/jmg/mp)

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