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    réciprocité/

    apic/rome/inauguration de la mosquée/les chrétiens espèrent la

    Le texte contient 62 lignes (max. 75 signes), 668 mots et 4454 signes.

    Rome: inauguration de la plus grande mosquée d’Europe (210695)

    Plaidoyer du pape en faveur de la liberté religieuse

    Rome, 21juin(APIC) Signe éloquent de la liberté religieuse, la construction de la mosquée de Rome pose, pour Jean-Paul II et pour les chrétiens,

    la question de la réciprocité de cette liberté dans certains pays islamiques. "Au seuil du troisième millénaire, le monde attend ces signes de liberté religieuse de la part de l’islam" a souligné le pape lors de l’audience du mercredi. Au même moment, l’imam de la mosquée invitait publiquement le pape à se rendre dans le nouvel édifice.

    La plus grande mosquée d’Europe, dont la première pierre a été posée en

    1984, a été inaugurée en présence du Prince Salman Bin Abdulaziz Al Saud,

    numéro deux d’Arabie Saoudite - pays qui a apporté 35 des 50 millions de

    dollars du coût total de la réalisation.

    L’ambassadeur du Maroc en Italie et président du Conseil d’administration du complexe islamique, a profité de l’occasion pour demander un accord

    entre les représentants de l’islam et l’Etat italien, afin de permettre à

    l’islam, selon la loi italienne, de recevoir un financement directement issu de l’impôt.

    Le président de la République italienne Luigi Scalfaro, a souligné qu’il

    ne s’exprimait pas en tant que catholique, mais en tant que responsable politique d’un pays qui garantit la liberté religieuse fondamentale. "Ce qui

    n’est pas le cas de nombreux autres pays", a-t-il constaté.

    Les 260’000 musulmans d’Italie sont originaires pour moitié du Maroc et

    de Tunisie, 32’000 viennent d’Albanie, 25’000 du Sénégal, 21’000 d’Egypte,

    16’000 de Somalie. Des 35’000 musulmans vivant à Rome, 6’000 environ fréquentent effectivement la nouvelle et unique mosquée de la ville, rapporte

    l’agence ARCA.

    Controverse sur la liberté religieuse

    L’inauguration d’un complexe islamique à quelques kilomètres du Vatican

    a soulevé à nouveau la question du respect de la liberté religieuse. Pour

    le cardinal Silvio Oddi, à la retraite, "la conquête de l’Occident et de

    Rome elle-même est l’objectif fondamental des forces musulmanes". Giulio

    Andreotti, sénateur à vie, qui a appuyé le projet à l’époque où il était

    président du Conseil, parle lui d’une "journée historique". Le rabbin de

    Rome, Elio Toaff, considère que cette initiative est "très opportune", que

    la possibilité de se réunir et de prier dans un lieu de culte est "un droit

    qui ne peut être refusé à aucune religion, et à l’islam en particulier".

    Le Père Michael Louis Fitzgerald, secrétaire du Conseil pontifical pour

    le dialogue interreligieux, et représentant du Vatican à l’inauguration,

    note que les Eglises catholiques du Moyen-Orient comprennent mal que l’on

    construise une mosquée "dans la ville du pape". Le P. Fitzgerald espère que

    la mosquée et le centre culturel attenant joueront un rôle important dans

    le dialogue entre le monde chrétien et l’islam.

    Pour lui, la "réciprocité", ne doit pas être conçue selon le principe

    "une église, une mosquée", mais favoriser l’ouverture de lieux de culte

    dans les pays comme l’Arabie Saoudite, où la liberté de culte et de rassemblement des chrétiens n’existe pas. On constate par ailleurs des "signes

    d’espérance" avec par exemple la récente ouverture à Oman, de la troisième

    église catholique du pays.

    Le "Centre Culturel Lépante" - du nom de la victoire navale de Lépante

    contre les turce ottomans en 1571 - ne partage pas cet avis. Son président,

    Roberto de Mattei, voit dans l’inauguration de la mosquée un symbole de "la

    menace islamique contre le Christianisme et l’Occident". Et de rappeler

    "les condamnations à mort de catholiques" au Pakistan, les villes brûlées

    et ravagées aux Philippines", la "purification religieuse" en Bosnie, "les

    attentats et les massacres contre les missionnaires" en Algérie et "plus

    d’un million de martyrs" au Soudan, actualité récente qui résume "le bilan

    de la persécution contre les chrétiens qui s’étend et s’intensifie dans le

    monde entier".

    Le ministre adjoint de l’Information d’Arabie Saoudite, Shihab Jamjom

    rappelle de son côté que l’islam signifie "paix avec ses proches". En Italie, dit-il, "nous n’avons pas eu de problème avec le Vatican. Ceux qui

    veulent en soulever sont des fanatiques."(apic/jmg/mp)

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