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    apic/Rome/Académie pontificale des Sciences Sociales

    Rome: Le pape reçoit les membres de (251194)

    l’Académie pontificale des Sciences Sociales

    "L’économie, l’Etat et le droit

    sont au service de l’homme et non l’inverse

    Rome, 25novembre(APIC) Un an à peine après la création de l’Académie

    pontificale des Sciences Sociales, Jean-Paul II en a reçu les membres le 25

    novembre, à l’occasion de leur première session à Rome. Le pape attend de

    cette Académie qu’elle "aide à comprendre la place centrale de la personne

    humaine dans tout programme de développement". Il l’a donc encouragée dans

    la voie ouverte par l’enseignement social de l’Eglise qui s’oppose aux

    idéologies "qui donnent le primat absolu à l’économie et au politique, au

    détriment de la personne humaine".

    C’est l’avènement de l’ère industrielle, qui a poussé l’Eglise, au cours

    du XIXe siècle, à repenser progressivement son enseignement à partir de la

    question sociale, à cause des "conséquences souvent dramatiques de la

    première industrialisation pour la condition des travailleurs", a rappelé

    le pape devant les membres de la jeune Académie.

    Aujourd’hui, les idéologies du libéralisme et du socialisme ne sont pas

    mortes, constate Jean-Paul II. Il en déplore la présence sous différentes

    formes. Et d’énumérer diverses menaces provenant de la société technique et

    matérialiste: l’extension du chômage qui met dans des situations de

    précarité et qui fragilise les êtres, particulièrement les jeunes et les

    familles, la multiplication des exclusions, la montée des radicalismes et

    le déséquilibre persistant entre le Nord et le Sud.

    Face à de tels défis, l’enseignement social de l’Eglise est là pour

    rappeler que l’homme est toujours antérieur aux systèmes socio-économiques

    auxquels il participe et qu’il ne peut être considéré comme un simple

    rouage, a souligné Jean Paul II.

    L’homme au centre du développement

    Comment la personne humaine peut-elle être considérée au centre de tout

    projet de développement? Le pape prend l’exemple de projets internationaux

    où l’on prend pas assez en compte les répercussions des mesures d’ensemble

    sur la population concrète. Dans ce cas, ce sont toujours les plus faibles

    qui ressentent les effets néfastes des fortes diminutions des dépenses publiques. Par conséquent, "aucun modèle de croissance économique qui négligerait la justice sociale ou qui marginaliserait des groupes de personnes

    ne pourrait à long terme être soutenable."

    L’Eglise n’a cependant pas de solutions techniques à offrir, poursuit le

    pape. Et même, elle ne veut cautionner aucun modèle théorique d’explication

    des phénomènes sociaux, ni aucun système concret de société. L’Eglise

    défend la place primordiale de l’homme: pour elle, l’économie, les systèmes

    de production et d’échange, l’Etat et le droit, sont toujours au service de

    l’homme concret et non l’inverse.

    En créant le 1er janvier dernier une Académie pontificale des Sciences

    Sociales, l’Eglise catholique, précise le pape, a voulu intensifier le

    dialogue avec les chercheurs en sciences sociales afin de mieux percevoir

    la complexité des causes qui entraînent des situations quelquefois

    inhumaines. Selon les termes mêmes de Jean-Paul II, l’Eglise attend

    beaucoup des analyses proposées par les sciences sociales, mais elle juge

    que sa doctrine sociale peut fournir des principes méthodologiques aptes à

    orienter les recherches et à procurer des éléments utiles pour

    l’édification d’une société plus juste et plus fraternelle, d’une société

    vraiment digne de l’homme. Pour l’Eglise, en effet, la société qu’étudient

    les spécialistes en sciences sociales ne se compose pas d’étrangers, mais

    de frères en humanité, rachetés par le Christ. (apic/cip/eb)

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