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    apic/RKZ/Procédure de consultation/Nouvelle Constitution suisse/Evêchés

    Suisse:Projet de nouvelle Constitution (050396)

    Réponse de la Conférence centrale catholique

    romaine (RKZ) à la procédure de consultation

    Pour la RKZ, "l’article sur les évêchés" n’est pas discriminatoire

    Zurich, 5mars(APIC) La clause, dans la Constitution de 1874, réservant à

    la Confédération un droit d’approbation en cas d’érection d’un évêché sur

    le territoire suisse "ne constitue pas une disposition d’exception discriminant les catholiques, mais une norme spéciale", considère la Conférence

    centrale catholique romaine (RKZ), qui représente les organisations ecclésiastiques cantonales.

    La Conférence centrale n’en souhaite pas forcément le maintien tel quel,

    mais suggère qu’en cas de suppression - ce que souhaite le Conseil fédéral

    dans le cadre d’une révision totale de la Constitution - la compétence de

    droit constitutionnel des cantons en matière religieuse soit garantie expressément par une autre disposition. Cette dernière garantirait également

    indirectement les concordats entre les divers cantons et le Siège apostolique (Rome, ndr).

    Dans sa réponse à la procédure de consultation sur le projet de nouvelle

    Constitution rendue publique mardi, la Conférence centrale considère que

    les questions diocésaines et de désignation d’évêques ne sont pas des

    affaires exclusivement internes à l’Eglise catholique dans la mesure où

    celle-ci entend jouer un rôle social dans notre pays. Pour la RKZ, le problème des évêchés est une question "mixte", "c’est-à-dire dont la portée

    est à la fois confessionnelle et politique". L’Eglise catholique, par l’intermédiaire de son gouvernement universel, est l’unique communauté religieuse à être un sujet de droit international, qui plus est doté d’un corps

    diplomatique.

    Ainsi, la norme spéciale concernant l’érection de diocèses est justifiée, selon la Conférence centrale, par le fait que le Siège apostolique,

    compétent pour la création et la répartition géographique des évêchés, est

    un sujet de droit international et agit en cette qualité. Cette disposition

    confirme implicitement la compétence générale des cantons en matière de règlement des rapports entre l’Etat et les communautés religieuses. Dès lors,

    la clause réservant l’approbation de la Confédération en cette matière

    s’adresse à la fois au Siège apostolique et aux cantons, également sujets

    de droit international.

    Conserver l’invocation divine dans le préambule

    La RKZ estime dans sa prise de position que la mise à jour du droit public ecclésiastique suisse actuel en fera un droit religieux adapté à notre

    temps et offrant une base juridique solide pour l’aménagement futur des relations entre l’Eglise et l’Etat.

    De l’avis de la Conférence centrale, le préambule de la Constitution fédérale doit conserver l’invocation divine (Au nom de Dieu Tout Puissant!...), "en tant que soumission du peuple à une éthique planétaire".

    Elle sera suivie d’une déclaration d’intention qui souligne la volonté du

    peuple suisse de s’engager pour la justice dans la monde ainsi que de

    "transmettre aux générations futures un environnement digne de la vie".

    Liberté religieuse:équilibre entre droit individuel et droit collectif

    Comparativement au poids accordé au droit individuel à la liberté religieuse, il y a lieu d’en renforcer le volet collectif par l’introduction de

    cette disposition supplémentaire: "Les communautés religieuses sont libres

    d’organiser comme elles l’entendent leur enseignement, leur ordre interne

    et leur culte".

    Pour ce qui touche les écoles publiques, le projet de Constitution fait

    passer le droit individuel avant le droit collectif à la liberté

    religieuse. Ici aussi, un équilibre doit être assuré entre ces deux pôles

    de manière à éviter toute paralysie de la vie communautaire. En outre,

    poursuit la RKZ, le droit des parents en matière d’éducation de leurs

    enfants doit figurer dans la Constitution.

    Suppression de l’article sur la non-éligibilité des clercs

    La Conférence centrale propose de mettre en exergue dans le texte constitutionnel la liberté de conscience en tant que fondement de toutes les

    libertés humaines et de remplacer la notion de liberté de croyance par celle, plus large, de liberté religieuse, pour manifester plus clairement

    l’équilibre indispensable entre droit individuel et droit collectif. Dans

    la même perspective, la RKZ est également favorable à la suppression pure

    et simple de la disposition constitutionnelle actuelle selon laquelle les

    ecclésiastiques ne sont éligibles ni au Conseil national, ni au Conseil fédéral ni encore au Tribunal fédéral.

    La réponse à la consultation, approuvée par la Conférence centrale lors

    de sa dernière séance plénière à Granges (SO), est le fruit des réflexions

    d’une commission composée de spécialistes de renom placés sous la direction

    de Peter A. Plattner, avocat et président du Conseil exécutif de l’Eglise

    catholique du canton de Thurgovie, qui est également l’un des deux viceprésidents de la RKZ. (apic/be)

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