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    apic/Responsables religieux/Jérusalem/Israël

    Jérusalem: Des responsables d’Eglise protestent contre Israël (060596)

    Israël ne peut punir une nation entière

    à cause de l’action de groupes terroristes

    Jérusalem, 6mai(APIC) Israël ne peut punir une "nation entière" à cause

    de l’action de groupes de terroristes - un procédé de sinistre mémoire -,

    ni continuer à garder "prisonniers" des Palestiniens dans les Territoires,

    en les empêchant de venir à Jérusalem, qui devrait être la ville "de deux

    peuples et de trois religions". Tel est l’avis de plusieurs responsables

    chrétiens de la Ville Sainte qui recevaient à la fin avril les participants

    au "pèlerinage" organisé par la revue oecuménique italienne Confronti.

    En vue des élections politiques prévues en Israël le 29 mai, a expliqué

    Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem et président du Conseil

    des Eglises du Moyen-Orient (CEMO) - un organisme qui regroupe 13 Eglises,

    entre autres des Communautés catholiques de rites différents -, le gouvernement israélien a renforcé ces dernières semaines les mesures de sécurité.

    Mais, a-t-il déploré, "c’est le peuple palestinien qui paie le prix de la

    victoire des candidats aux élections israéliennes".

    Après les attentats perpétrés il y a deux mois par les membres du mouvement de la résistance islamique Hamas à Jérusalem, et à Tel-Aviv (qui ont

    fait plus de cinquante morts), le Premier ministre israélien Shimon Pérès a

    ordonné la "fermeture" des Territoires autonomes de Gaza et de la Cisjordanie, empêchant des milliers de Palestiniens de se rendre en Israël où ils

    ont leur emploi.

    A part cette dernière mesure, a rappelé Mgr Sabbah, cela fait quatre ans

    que les chrétiens de Cisjordanie ne peuvent aller à Jérusalem, même pas à

    l’occasion des fêtes de Pâques. Cette situation actuelle de non-paix et de

    non-guerre est dangereuse".

    En trois points

    La "déclaration de principes", signée par Israël et l’Organisation de

    libération de la Palestine (OLP) à Washington le 13 septembre 1993, prévoit

    que le processus de paix avance par étapes: d’abord l’autonomie de la Cisjordanie et de Gaza (même si elle n’est pas complètement réalisée, cette

    étape est déjà franchie), puis les négociations sur tous les points controversés, à savoir sur les frontières définitives entre Israël et l’Entité

    palestinienne, la question des réfugiés, le problème des colonies de peuplement et des colons juifs à Gaza et en Cisjordanie et, enfin, le statut

    de Jérusalem. Les négociations, qui ont commencé au mois de mars, devraient

    être terminées avant 1999.

    Israël a occupé Jérusalem-Est en 1967, et dans les années 80, la Knesset

    (parlement) a proclamé la ville entière "capitale éternelle et indivisible"

    de l’Etat d’Israël. Or l’OLP revendique Jérusalem-Est comme capitale de la

    Palestine.

    Parlant de la "fermeture" des Territoires, à la suite des attentats commis par les membres du Hamas, et de l’opération israélienne au Liban (menée

    du 11 au 26 avril pour neutraliser le Hezbollah mais qui a provoqué dans le

    village de Cana, au Liban, la mort d’une centaine de civils), Samir Kafiti,

    évêque anglican à Jérusalem, et pendant dix ans prédécesseur de Mgr Sabbah

    à la tête du CEMO, a souligné: "Nous refusons et condamnons les actes de

    terrorisme, mais on ne peut châtier une nation tout entière pour le geste

    de quelques-uns".

    Malgré les difficultés, l’évêque s’est dit toutefois "optimiste" en ce

    qui concerne l’avenir, parce qu’il n’y a "pas d’alternatives au processus

    de paix".

    Quant à Riah Abu El Assal, évêque auxiliaire anglican, c’est un "cri

    d’alarme" qu’il a lancé face à la constante diminution des chrétiens en

    Terre sainte (aujourd’hui il y en a 200’000 en tout): "Nous, les chrétiens

    palestiniens, sommes un pont entre hébreux et musulmans. De nombreux pèlerins occidentaux visitent les ’saintes pierres’ de Jérusalem, mais ignorent

    les ’pierres vivantes’ que nous sommes, nous les chrétiens qui vivons ici".

    (apic/eni/pr)

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