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    apic/représentativité musulmans France

    France: Qui représente la communauté musulmane dans le pays? (290195)

    La Grande Mosquée ne peut prétendre à l’hégémonie

    Paris, 29janvier(APIC) L’islam est la deuxième religion de France, mais

    la communauté musulmane, qui s’apprête à célébrer le ramadan, ne parvient

    pas à parler d’une même voix auprès des pouvoirs publics. Cela complique

    son intégration.

    Le ramadan commencera mercredi ou jeudi de cette semaine selon le moment

    où le croissant de lune sera visible. A cette occasion, l’attention sera

    focalisée sur plus de 3 millions de personnes qui vont le suivre, y compris

    les non-pratiquants ou pratiquants "mous". Le jeûne durant le mois de Ramadan, un des cinq piliers de l’islam, correspond aussi à un temps de fête

    pendant lesquels les liens de la grande famille musulmane se resserrent.

    Des débats sybillins opposent pourtant de longue date les musulmans sur

    la date réelle du début et de la fin de ce mois de jeûne. Ces désaccords

    sont à la mesure de l’impossibilité pour l’islam de faire entendre, en

    France, une voix unie. Cela au moment même où son intégration dans l’Hexagone se pose comme une urgence, à la lumière de la question du port du voile à l’école et de l’arrestation de réseaux intégristes.

    Le gouvernement français a tenté de forcer la marche en reconnaissant le

    nouveau Conseil représentatif des musulmans de France (CRMF), Conseil qui a

    pour dirigeant l’actuel recteur de la Grande Mosquée de Paris, le cheikh

    Dalil Boubakeur. Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur et des Cultes, l’a

    officiellement reçu en janvier, sous l’oeil de nombreuse caméras convoquées

    pour la circonstance. Non sans déclarer: "Ce jour est un grand jour, non

    seulement pour la communauté musulmane de France qui vient de se doter

    d’une organisation représentative, mais aussi pour notre pays". En retour,

    le ministre a reçu une Charte des musulmans de France. Un document qui revendique la tolérance de l’islam et qui reconnaît la laïcité républicaine.

    Malgré cet "adoubement" officiel, les affirmations conjointes et réitérées du ministre de l’Intérieur et du recteur Boubakeur, selon lesquelles

    le CRMF regroupe la quasi-totalité des associations musulmanes, ne sont pas

    du goût de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), ni de la

    Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), les deux plus grandes

    instances musulmanes avec la Mosquée de Paris. Abdallah Ben Mansour, secrétaire général de l’UOIF, fait valoir que "ce Conseil ne regroupe que des

    gens proches de la Grande Mosquée. Il a été constitué en vitesse. Pour être

    démocratique la création d’une telle instance exige beaucoup de temps".

    Charte contestée

    Pour le FNMF, "la Charte du culte est une aberration qui ne peut que

    nuire à l’islam et aux musulmans de France". Le cheikh Boubakeur affirme de

    son côté "que la Grande Mosquée est forte de son existence légale avec, à

    l’apppui, un décret de 1921 lui octroyant des fonds propres versés par

    l’Etat". Elle a de fait été longtemps la seule expression de l’islam en

    France.

    Derrière ces querelles de pouvoirs se dessinent des luttes d’influence

    entre divers pays. L’Algérie veille, de longue date, sur les destinées de

    la Grande Mosquée. Son recteur lui-même est d’origine algérienne. L’Arabie

    Saoudite financerait l’UOIF et la FNMF est majoritairement marocaine. Il

    est évident que pour le moment, l’islam "en France" (et non "de" France,

    comme le voudrait l’Etat) n’est pas prêt à parler d’une même voix. (apicjcn/ba).

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