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    APIC - Reportage

    Maurice Page, agence APIC

    Fribourg: la communauté charismatique du Verbe de Vie s’installe à Pensier

    Maison de la Parole de Dieu et école de vie spirituelle (300993)

    Fribourg, 30septembre(APIC) C’est à Pensier près de Fribourg que la jeune

    communauté charismatique du "Verbe de Vie" va ouvrir sa quatrième maison

    d’accueil. Elle poursuivra la mission des soeurs dominicaines présentes

    dans ce village depuis le début du siècle. Dominicaines qui n’abandonnent

    cependant pas Pensier puisqu’elles conservent une partie de la maison. But

    de la nouvelle communauté: la formation, le ressourcement, et l’accompagnement spirituel en rendant accessibles à tous les Ecritures. Son originalité: la communauté regroupe des célibataires, des couples et des personnes

    consacrées, femmes et hommes.

    Agée de sept ans à peine, la communauté du "Verbe de Vie" a connu une

    progression remarquable. Lorsque Georges et Josette Bonneval s’installent

    avec un autre couple et une jeune fille dans l’ancienne abbaye d’Aubazine

    en Corrèze, ces cinq personnes n’imaginent même pas créer une communauté.

    Aujourd’hui une soixantaine de membres s’occupent de l’animation des quatre

    maisons du "Verbe de Vie" en France et en Suisse.

    A Pensier, ils seront une douzaine pour prendre en charge cette maison

    de la Parole de Dieu. A quelques jours de l’ouverture, le bâtiment résonne

    des bruits des derniers préparatifs. L’odeur de la peinture fraîche flotte

    dans les couloirs. Fraîcheur et jeunesse aussi dans le visage du valaisan

    Bertrand Georges, cuisinier de formation, responsable de la maison en l’absence du fondateur et "berger", Georges Bonneval, qui résidera à Pensier au

    moins pour le temps de la fondation. Françoise, la femme de Bertrand,

    décoratrice d’intérieure, nous rejoint un peu plus tard, têtée du petit

    Pierre oblige. Sr Marie-Gabrielle, Sr Anne-Dominique et Bernard accourent

    de l’autre bout de la maison. Toute l’originalité de la communauté est là:

    regrouper tous les états de vie et les vocations dans l’Eglise. Les

    citations évangéliques qui émaillent la conversation rappellent qu’on se

    trouve dans une maison de la Parole de Dieu et une école de vie

    spirituelle.

    Malgré le rapide développement de la communauté - qui n’est pas une

    congrégation religieuse, mais une simple association de fidèles - on se

    garde de tirer des plans sur la comète. Dans l’esprit charismatique, il

    s’agit seulement de se soumettre aux incitations de l’Esprit-Saint. La vie

    de la communauté s’articule autour de trois axes: la liturgie, la formation

    et la vie fraternelle.

    La vie quotidienne est rythmée par la prière de l’office (au minimum

    laudes et vêpres), la messe, mais surtout l’adoration communautaire devant

    le Saint-Sacrement. "Nous attachons beaucoup d’importance à la qualité de

    la liturgie", témoigne soeur Marie-Gabrielle qui s’occupe de l’animation

    musicale.

    Le deuxième axe est celui de l’enseignement de la Parole. On fait le

    plus souvent appel à des professeurs et des prédicateurs extérieurs avec un

    eclectisme certain, sans se rattacher à une famille de pensée exclusive:

    dominicains, jésuites, prêtres de la Mission de France... A côté des weekends, retraites, récollections pour tous, la communauté offre une année

    sabbatique. Cette "année pour Dieu" comprend une formation biblique et

    théologique et l’étude de l’histoire de l’Eglise et de ces grands témoins.

    Un peu à l’image de ce que fait l’Ecole de la foi, "mais avec une orientation plus spirituelle".

    La vie communautaire et fraternelle est le troisième axe. Chacun travaille selon ses besoins et ceux de la communauté, expliquent Bertrand et

    Françoise qui se sont connus lors du parcours de l’année sabbatique... Les

    membres de la communauté n’exercent pas de travail lucratif à l’extérieur,

    mais s’occupent uniquement des hôtes. On vit de dons. "Dieu y pourvoyera",

    dit-on simplement.

    Souci d’ouverture

    La volonté d’ouverture est bien affirmée. Pas question de former une

    "chapelle" ou l’on est bien entre soi, où l’on chante des "alleluias" et où

    on "parle en langues", selon l’image que l’on se fait parfois des

    charismatiques. Chaque communauté se place sous la vigilance de l’évêque du

    lieu et travaille volontiers avec les paroisses qui le demandent. La liste

    des saints protecteurs de la maison en témoigne aussi: Marie (mère du Verbe

    de Vie), Joseph (chef de la Sainte Famille), Jean l’évangéliste (proche du

    coeur de Jésus), Catherine de Sienne (docteur de l’Eglise), Thérèse de

    l’enfant Jésus (enfance spirituelle) et Dominique (qui donne son nom à la

    maison).

    Dans l’Eglise il ne saurait y avoir de concurrence, insiste Sr Marie-Gabrielle "mais il est normal que l’on pose question... c’est le propre du

    chrétien". Une dizaine de dominicaines continuent d’ailleurs d’habiter une

    partie de la maison et participent à certains offices communs.

    Le 10 octobre la fête d’inauguration à laquelle Mgr Mamie participera

    aura un caractère familial devant permettre d’abord de faire connaissance.(apic/mp)

    Encadré

    Les maisons du "Verbe de Vie"

    La maison ’mère’ du "Verbe de Vie" est l’ancienne abbaye cistercienne d’Aubazine en Corrèze où Georges et Josette Bonneval s’installent en 1986 en

    compagnie d’un autre couple et d’une jeune fille à l’instigation du Père

    Daniel-Ange. Ils prennent la place dans ce lieu pluri-centenaire d’une

    communauté de religieuses handicapées. Aucun n’imagine alors le développement de l’oeuvre. A la première retraite, 36 personnes se présentent. Et

    dès les mois suivants, huit personnes demandent à faire l’année sabbatique.

    En janvier 1990, une seconde fondation voit le jour à Notre-Dame d’Andecy

    en région parisienne.

    En 1992, Mgr Henri Schwery, évêque de Sion, offre de mettre à disposition la cure et l’église romane du village de St-Pierre de Clages. Le "Verbe de Vie" s’installe dans le village valaisan le 29 avril 1992. Faute de

    place pour recevoir de nombreux hôtes à la cure, le travail se fait d’avantage dans les paroisses ou à travers des sessions de formation en soirée.

    Pour Pensier, la communauté était en contact avec les dominicaines de

    Senlis, elles-mêmes en relation avec leurs consoeurs de Pensier. De plus

    l’occasion était excellente d’être près de Fribourg et de son université

    catholique. Mgr Mamie avait d’ailleurs déjà été contacté auparavant. (apicmp)

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