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    Ukraine: Krechiw

    APIC - Reportage

    Il faut plusieurs fois demander son chemin pour atteindre le village de

    Krechiw à une vingtaine de kilomètres de Lviv en Ukraine occidentale. Au

    village pour atteindre le monastère St-Nicolas on emprunte une route de

    terre poussiéreuse. Quelques vaches paissent librement dans les champs

    gardées tantôt par des enfants, tantôt par un veillard. A gauche sur une

    pente, le cimetière du village alignent ses croix de pierre ou de bois

    peintes en bleu. Au bout d’une longue allée on aperçoit bientôt le mur du

    monastère en grande partie ruiné mais les échafaudages indiquent que comme

    partout en Ukraine on s’affaire à la reconstruction. Tapis au fonds d’un

    vallon entouré de fôrêts, le monastère semble hors du temps, hors du monde.

    Comme ailleurs l’église a été le premier bâtiment restauré. Ses coupoles

    argentés brillent à nouveau au soleil de printemps. Sur un banc au pied

    d’une statue de la Vierge, deux femmes et un jeune homme discutent.

    Le calme qui régne ne laisse pas supposer dans ces murs la présence de

    quelque 80 jeunes âgés de 17 à 25 ans. Ils accomplissent ici deux ans de

    formation dans l’Ordre des basiliens, une des principales congrégation

    masculine de l’Eglise grecque-catholique. Après un an de postulat et un an

    de noviciat à l’écart du monde, les jeunes rejoignent la maison mère à Lviv

    pour se consacrer à l’apostolat notamment dans la presse et les médias,

    explique le Père Josaphat Vorotniak, un des responsables de la maison.

    Ukrainien né en Serbie, la cinquantaine épanouïe, le Père Josaphat nous

    fait visiter le monastère. Il parle avec précision et nuance de la

    situation des Eglises du pays. L’intérieur de l’église est encore en

    réfection. Les échafaudages cachent à nos yeux les précieuses fresques du

    XVIIIe siècle. Les murs sont couverts de nombreux graffitis. ils sont

    l’eouvre des enfants handicapés logés dans ces bâtiments aprés l’expulsion

    des religieux en 1948, deux ans après la suppression de l’Eglise

    grecque-catholique par Staline en 1946, explique le Père Josaphat. Les

    travaux de restauration actuels sont financés par le diocèse de Mayence en

    Allemagne. Au moyen de tentures et de quelques bouts de tapis le lieu est

    aménagé pour y célébrer la messe, les Grecs-catholiques de certains

    villages avoisinants qui n’ont pas récupéré leur église, y viennent le

    dimanche. Pour les offices de semaine les religieux ont une autre chapelle

    où sont conservées deux icônes miraculeuses vers lesquelles on venait

    autrefois en pèlerinage.

    C’est en 1700, un siècle après le traité de Brest-Litovsk qui fonda

    l’Eglise uniate que le monastère de Krechiw rejoignit l’Eglise

    grecque-catholique unie à Rome dont il devint rapidement un des centres

    spirituel et culturel importants. Les bâtiments actuels datent du XVIIe

    et du XIXe siècle. En 1991, le gouvernement les a restitué aux Basiliens,

    mais n’a pas rendu par contre les autres propriétés et les terres du

    monastère. "Nous sommes obligés de racheter des biens qui nous appartenait

    autrefois", constate le Père Josaphat. "Nous avons des ateliers qui

    s’occupent des rénovations, mais pas d’exploitation agricole en dehors du

    jardin et du verger". Les trois tracteurs presque neufs parqués dans la

    cour sont là uniquement pour les protéger du vol, évocation discrète d’une

    des plaies du pays où seule l’économie parallèle permet de subsister.

    En passant un portail on pénêtre dans le verger en fleurs du monastère

    entouré d’un haut mur passablement ruiné. "Les gens sont venus se servir

    des pierres pour construire leur maison", commente le Père Josaphat. Au

    fond on a ménagé un modeste terrain de football pour la détente des novices

    dont un petit groupe assis sur les bancs du jardin nous fait un discret

    salut de la main sans interrompre ses conversations. Un carré de terrain

    labouré est apprêté pour recevoir les concombres et les tomates légumes que

    l’on retrouve pratiquement à tous les repas en Ukraine. Eléments importants

    de la cuisine locale, ils suppléent également largement aux pénuries

    d’autres aliments.

    Dans la fôret de l’autre côté du mur, les religieux ont érigés un chemin

    de croix qui monte jusqu’au sommet de la colline. "Nous aimerions bien le

    sonoriser pour les pélerinages, notamment la fête de fête de St- Nicolas,

    patron du monastère, qui attire des milliers de fidèles". Pour cette année,

    le Père Josaphat annonce avec fierté la présence du Nonce apostolique et

    attend au moins 5’000 personnes, bien conscient de lancer un sérieux appel

    du pied aux éventuels donateurs occidentaux.

    La congréagation des basiliens forme l’aile "romaine" de l’Eglise

    grecque catholique d’Ukraine. Elle cultive de nombreux contacts acvec les

    catholiques romains d’Europe occidentale et a déjà largement intégré la

    pensée et l’enseignement du Concile Vatican II. Le Père Josaphat sourit:

    "Et dire que ma soutane m’a fait parfois passer pour un intégriste dans

    certains séminaires allemands..." "Une tendance plus orthodoxe et parfois

    anti-conciliaire existe aussi dans l’Eglise grecque catholique",

    explique-t-il. Mais face aux défis de la reconstruction à l’oppostion de

    l’Etat et des adversaires orthodoxes les tensions internes passent

    au second plan. La question de la restitution des églises n’est encore

    pas résolue. "Avant 1946, l’Ukraine occidentale était presque

    exclusivement grecque-catholique, aujourd’hui les autorités formés

    d’ex-communistes le plus souvent athées ont attribué quelques églises

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