Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    APIC - Reportage

    Georges Scherrer / agence APIC

    Gardes suisses au Vatican

    Pour l’honneur, le service... et le plaisir

    Brugg/Berne, 21juillet(APIC) "C’est clair, la hallebarde sert seulement

    pour le show. Mais je ne vais pas à Rome pour faire du show, je vais protéger le pape." En compagnie de neuf autres jeunes suisses alémaniques, Peter

    Schuppisser a commencé le 1er juillet son école de recrues comme garde

    suisse au Vatican. Deux ans dans les murs du Vatican n’est-ce pas une durée

    très longue quand on a à peine plus de vingt ans? Qu’est-ce qui pousse de

    jeunes Suisses à se porter volontaires pour ce service?

    Peter Schuppisser a 21 ans. Il vient de Mägenwil, un village argovien

    non loin de Brugg. Cet été il devra pour la première fois monter la garde

    sur la place St-Pierre et sentira la sueur couler sur son visage sous le

    chaud soleil de juillet. Il existe certes aujourd’hui un uniforme d’été et

    un autre plus chaud pour l’hiver. Mais le service de garde reste dur. Peter

    ne craint pas cet aspect physique de son travail. Il se réjouit de se tenir

    avec sa hallebarde et son casque lors des grandes cérémonies pontificales

    au milieu de dizaines de milliers de fidèles. Le 80% du service est constitué par le show, estime Peter. Mais le spectacle ne lui déplaît pas: "Se

    tenir dans cet uniforme historique au milieu de 200’000 personnes doit

    vraiment être un événement particulier." Mais les pompes, les foules lors

    des messes à la basilique St-Pierre et le romantisme de l’uniforme ne sont

    pas les seules raisons qui ont poussé le jeune Argovien à se rendre pour

    deux ans sous le soleil romain avec une solde de 1’500 francs par mois.

    Pourquoi Peter se met-il au service du chef de l’Eglise catholique? "Ma

    foi en Dieu fait évidemment partie de cette décision, mais plus que cela,

    c’est le rôle du pape qui a joué pour moi. Le pape est une personnalité

    très importante, moins pour moi que pour beaucoup de gens sur terre pour

    qui cela va mal. Ces gens ne voient peut-être pas Dieu, mais ils voient le

    pape. Il leur donne un accès à Dieu. C’est pourquoi le pape est si important pour eux."

    "Il n’y a qu’un seul Vatican et une seule garde"

    Alistair R. Lanz vient d’Ittigen dans le canton de Berne, il entrera le

    1er octobre à la Garde suisse. Que dit-il de son engagement? "La Garde

    suisse a une histoire magnifique. Elle est la seule de son genre. Toute

    cette ambiance m’attire beaucoup. Il n’y a finalement qu’un seul Vatican et

    qu’une seule garde. Je suis persuadé que le Vatican est une bonne chose,

    malgré toutes les critiques." A son avis, un système dans lequel il n’y aurait pas de critiques ne peut pas grandir. L’intérêt des gens témoigne aussi de cette utilité. "Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui se passe

    au Vatican ou avec ce qui en vient. Mais je crois qu’il s’agit d’une institution dans laquelle on peut et on doit avoir confiance."

    Les deux futurs gardes reconnaissent facilement qu’ils ne sont pas des

    catholiques très fervents et qu’ils ne vont pas tous les dimanches à la

    messe. Alistair l’explique à sa manière: "Beaucoup de gens vont à l’Eglise

    tous les dimanches et font ensuite exactement le contraire de ce que leur

    foi leur commande." Il n’a pas l’intention d’être un simple "mouton". "Je

    veux m’engager pour l’Eglise", déclare-t-il avec fermeté. "Je ne me vois

    pas seulement comme quelqu’un d’assez discipliné pour être au service de

    l’Eglise, je veux être quelqu’un qui participe, mais j’ai besoin de ma liberté", ajoute Alistair, caporal dans l’armée suisse.

    Peter est lui simple soldat. Il trouve que beaucoup de choses que l’on

    fait à l’armée n’ont aucun sens. "Nous nous entraînons à préparer nos armes

    contre un hélicoptère en 21 secondes. Mais on nous dit que l’hélicoptère

    n’a besoin lui que de trois secondes pour nous abattre." La Garde suisse

    est un autre service. "A l’armée, lorsqu’on m’ordonne de monter la garde,

    cela me coûte. A Rome, je ferai volontiers la garde, car c’est volontaire."

    Critique vis-à-vis de l’armée suisse, il ne lui est cependant pas opposé.

    Il espère que le programme "armée 95" apportera des améliorations. Dans le

    même sens, il estime que le Fa-18 est nécessaire pour la protection de

    l’espace aérien suisse.

    Pas de culte de la personnalité

    "Je crois que mon service à Rome sera plus un service d’honneur qu’un

    service militaire." Alistair complète: "Ce n’est pas une garde qui a nécessairement des fonctions militaires. C’est une garde d’honneur, pour le pape, pour le Vatican et pour les gens qui y travaillent."

    Alistair est-il enthousiasmé par le pape? "Je ne dirais pas enthousiasmé, mais je respecte ce qu’il fait. Je le connais trop peu. Je pense que

    rencontrer le pape doit être une expérience extraordinaire. Mais ce n’est

    pas mon but. Je vais à Rome pour apprendre quelque chose de nouveau, pour

    élargir mon horizon et travailler sur ’le bon chemin’. Ce qui est important

    dans l’Eglise n’est pas de rencontrer le pape et de lui toucher la main,

    mais de croire et de pouvoir faire sa propre expérience, c’est de croire.

    Je ne veux pas être auprès du pape, mais auprès de l’Eglise. La Garde est

    une possibilité." Et Peter d’ajouter: "Connaître personnellement le pape

    passe pour moi au second plan. Ce qui est important, c’est de le protéger."

    Prêts à tuer pour protéger le pape?

    Le 13 mai 1981, le monde entier retint son souffle après l’attentat dont

    venait d’être victime Jean Paul II sur la place St-Pierre. A la question de

    savoir s’il serait prêt à tuer un agresseur pour protéger le pape, Peter

    répond: "Moi? Je ne crois pas , je me jetterais plutôt devant le pape. Il

    est dit dans la Bible: Tu ne tueras pas." Alistair ne veut éliminer aucune

    possibilité: "Je pense que le pape peut faire beaucoup plus que moi. Si je

    dois engager ma vie, soit pour mourir, soit pour tuer quelqu’un, peut-être

    que je le ferais, je ne sais pas. Je ferai de mon mieux pour respecter le

    serment que je prononcerai le 6 mai 1993 et j’espère toujours pouvoir

    accomplir ma tâche dans l’honneur."

    Pendant la service, les gardes suisses ne sont armées que d’une bombe

    lacrymogène. Mais dans le local des gardes il y a aussi tout un asernal

    d’armes à feu, pistolets et mitraillettes. Si les recrues sont formées au

    tir, l’emploi d’une arme a feu dans une foule n’est pas indiqué explique de

    son côté le président des anciens gardes suisses, Urs Hahn. "De plus le pape n’en veut pas." Les gardes sont protégés dans leur travail par un dispositif d’alarme électronique. Urs Hahn peut imaginer que la garde soit équipée d’armes à feu dans certaines situations. Mais cette décision doit être

    prise en commun avec les autorités du Vatican. Il signale en outre que la

    protection des fontières de la cité du Vatican est garantie par l’Etat italien.

    Le service au Vatican ne se résume pas uniquement en gardes immobiles,

    patrouilles, exercices, cours d’italien, connaissance des personnes et de

    la hiérarchie, renseignement des touristes et saluts aux cardinaux. Derrière la porte Sainte Anne s’ouvre la ville de Rome, cosmopolite, avec ses

    trattorias, ses parcs, ses gens. Pendant ces deux ans, Alistair veut mieux

    connaître les racines de l’Europe qui se trouvent à Rome et au Vatican.

    Et après? Alistair, qui a un certificat d’employé de commerce, désire

    s’engager dans une organisation humanitaire. Peut-être la Croix-Rouge. Peter pense que la Garde suisse est la meilleure référence pour entrer dans

    la police. Mais sur la liste de ses souhaits figure d’abord un tour du monde. (apic/gs/mp)

    Encadré

    Du sac de Rome en 1527 aux 41 "survivants" de 1970

    42 gardes suisses survivant sauvèrent au château St-Ange, le 6 mai 1527 le

    pape Clément VII devant l’armée du roi Charles-Quint. 147 autres pèrirent

    au combat. Cet événement est resté dans l’histoire sous le nom de "sac de

    Rome".

    En 1970, la Garde suisse se trouva de nouveau dans une situation tragique. Ils n’étaient plus que 41 Suisses pour défendre le pape cette annéelà. "Longtemps nous avons eu le sentiment qu’il ne serait plus possible de

    maintenir la garde", explique Urs Hahn. Cinq ans plus tard cependant la situtation s’était heureusement améliorée et l’effectif de 100 hommes put à

    nouveau être atteint. Aujourd’hui le recrutement suit bien. Pour 1992 toutes les mutations ordinaires sont couvertes et pour 1993, les inscriptions

    sont ouvertes. Urs Hahn estime que la présence régulière dans les médias du

    pape actuel joue un rôle positif pour le recrutement de la Garde suisse. Il

    déplore que "certains curés en Suisse dissuadent les jeunes de s’engager

    pour servir à Rome". La Garde ainsi est obligée de faire son recrutement

    autrement que par la voie habituelle des paroisses. (apic/gs/mp)

    Encadré

    La Garde suisse en chiffres

    L’effectif de la Garde suisse se monte à environ 100 hommes. Elle est sous

    l’autorité du colonel fribourgeois Roland Buchs, assisté du lieutenant colonel Alois Estermann. Le chapelain de la garde est l’abbé Martin Beutler.

    La direction compte encore un major, un capitaine et un premier lieutenant.

    Les autres cadres sont quatre lieutenants, dix caporaux et dix vice-caporaux. On compte enfin 70 hallebardiers.

    En 1991, le canton de Lucerne comptait le plus de gardes suisses avec 29

    hommes suivi du Valais(19), St-Gall(14), Grisons(10), Argovie, Soleure et

    Berne (9), Fribourg (6), les autres cantons comptaient de 1 à 3 hommes. Au

    niveau des diocèses, Bâle fournit le 47% du contingent, suivi de Coire 16%,

    de St-Gall 15% et de Sion 14% . Le diocèse de Lugano n’a actuellement pas

    de garde suisse. Les cantons de Suisse centrale de tradition catholique

    sont mal représentés: Uri, Schwyz et Unterwald ne compte ensemble que six

    gardes suisses. (apic/gs/mp)

    Encadré

    Le profil du candidat idéal

    Plusieurs conditions sont à remplir pour devenir garde suisse: avoir accompli son école de recrues et être titulaire d’un certificat de capacité ou

    d’un diplôme d’études. Il faut en outre être catholique et accepter de

    s’engager pour deux ans. Le garde suisse d’aujourd’hui n’est plus le garçon

    de ferme d’autrefois. Le candidat idéal est "sûr de lui, ouvert au monde,

    de contact facile et est doué pour les langues". Les gardes suisses ont aujourd’hui beaucoup plus de contacts avec les touristes, les pèlerins et les

    curieux et sont souvent sollicités pour des excursions. Ce profil est bien

    sûr complété par une volonté positive d’engagement pour le pape. (apic/gsmp)

    Des portraits des deux futurs gardes suisses sont disponibles à l’agence

    APIC. Des photos de la Garde suisse peuvent être obtenues auprès de la

    "Centrale d’information de la Garde suisse", René Hoff, 6992 Gaggio, tél.

    091/59 36 82

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus