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    apic/Protestants suisses/fête/Lausanne

    Lausanne: Eglises réformées institutionnelles et

    évangéliques ensemble pour fêter le "Jour du Christ" (110696)

    Entre 15’000 et 25’000 personnes attendues dimanche à la Pontaise

    Lausanne, 11juin(APIC) Le Stade Olympique de la Pontaise, à Lausanne, accueillera dimanche 16 juin les protestants suisses issus des Eglises réformées et évangéliques réunies pour la circonstance dans le cadre du Jour du

    Christ 1996, organisé pour le première fois en Suisse romande. Une cinquième édition, à laquelle s’associe pour la première fois l’Eglise réformée

    institutionnelle. Les organisateurs, les Eglises évangéliques en particulier, attendent entre 15’000 et 25’000 personnes.

    Placée sous le slogan "Tous dans la course", cette journée débutera le

    matin par un culte avec louange et un spectacle d’enfants. Pour se

    poursuivre par une "course sponsorisée", qui permettra de récolter de l’argent au pro rata des kilomètres parcourus. Spectacles, témoignages et prédications emboîteront le pas dans l’après-midi. Les visiteurs pourront en

    outre parcourir des stands d’exposants dans l’enceinte du stade. Alors que

    le samedi déjà, un "méga-concert" avec Dba( GB), Sidewalk, Bad Little, Duck

    et Visa déversera son flot de décibelles sous la tente olympique.

    L’événement a été présenté à la presse lundi 10 juin à Lausanne. Pour la

    première fois, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), et

    notamment l’Eglise réformée vaudoise (EERV), seront associées à la manifestation. Un parrainage qui n’est pas sans révéler quelques paradoxes sur le

    plan financier...

    Le Jour du Christ 1996, dont la première version avait eu lieu en 1977

    déjà, sera-t-il l’électro-choc attendu pour le protestantisme suisse? Un

    protestantisme trop souvent caractérisé, de l’avis même du pasteur Schwab

    que cite le Service de presse protestant (SPP) à Lausanne, par une méfiance

    réciproque entre réformés des Eglises institutionnelles et évangéliques appartenant aux assemblées d’origine pentecôtiste ou baptiste.

    Pour sortir de l’assoupissement

    Les protestants, assure-t-on du côté de l’organisation, "souffrent - on

    le dit communément - d’un déficit médiatique. Sans figure de proue incarnant les différentes Eglises, le protestantisme a de la peine à offir une

    certaine visibilité. Le Jour du Christ 96 devrait pallier en partie à cette

    carence. Surtout du fait qu’il tentera de dire que les protestants sont appelés à quitter un certain confort pour incarner de façon plus résolue la

    solidarité au sein de notre société".

    L’événement, souhaite-t-on encore du côté de Lausanne, devrait permettre

    de stimuler les chrétiens à une vie plus solidaire, dans une société de

    plus en plus en proie à l’exclusion. "Nous ronronnons, nous sommes assoupis

    dans nos habitudes, et nous avons besoin de découvrir que chacun peut, dans

    son quotidien, mettre en pratique l’humanité et la solidarité auxquelles

    appelle le Christ", relève Paul Freiburhaus,

    L’idée du Jour du Christ est née en 1977. La manifestation s’est ensuite

    déroulée à Berne en 1980, 1984, 1988 et 1991, rassemblant jusqu’à 30’000

    participants au stade du Wankdorf l’année du 700e anniversaire de la Confédération. Les organisateurs annoncent un culte haut en couleurs, avec la

    participation de 300 choristes, de 70 musiciens et près de 1’000 enfants

    qui illustreront par un spectacle sur la pelouse les paroles des intervenants. Le prédicateur, lors du culte du matin (retransmis en direct sur les

    trois chaînes nationales de télévision), sera Guy Chautems, pasteur de

    l’EERV au Mont-sur-Lausanne. Max Schlàpfer, pasteur de la Mission suisse de

    Pentecôte (Berne) interviendra l’après-midi.

    Finances et solidarité: quelques paradoxes

    Si l’intention est clairement de rassembler tous les protestants, et si

    la participation des Eglises réformées institutionnelles constitue effectivement une première (le nombre des cultes sera même restreint au service

    minimum en région lausannoise), il reste que les réformés ne sont pas intervenus dans la conception de la journée, écrit-t-on du côté de SPP. Une

    collaboration complète (voire oecuménique?) interviendra peut-être pour la

    prochaine édition. Au tournant du millénaire?

    Pour l’instant, cette collaboration laisse apparaître quelques paradoxes. Et le SPP de citer: l’Eglise réformée vaudoise, censément "partenaire"

    des organisateurs, a assuré une importante publicité au "Jour du Christ",

    mais elle loue son stand au prix fort (environ 1’700 francs). "Nous allons

    envoyer une facture forfaitaire pour les envois effectués par l’Eglise",

    précise Claude Cuendet, chancelier de l’EERV, non sans ajouter que l’Eglise

    a exigé la transparence dans les comptes qui seront établis.

    Histoire de (gros?) sous

    Pour sa part, l’Entraide protestante suisse (EPER), qui a rappelé aux

    responsables que la manifestation tombait le jour des réfugiés, a obtenu de

    recevoir une part de la collecte, à côté de quatre institutions évangéliques - dont une Fondation de télévision chrétienne. Mais l’EPER a dû, elle

    aussi, louer son stand et ses espaces publicitaires dans le stade (environ

    6’000 francs). Il faut dire que les organisateurs comptent sur de nombreux

    apports financiers, car le budget de 391’000 francs est déjà largement dépassé, atteignant, de l’aveu de Paul Freiburghaus, environ 460’000 francs.

    La moitié, dit-on, serait d’ores et déjà couverte par des dons, par des

    "sponsors" et la location des stands aux exposants. Le stade olympique est

    prêté par la ville, moyennant une participation aux frais, une taxe de 14%

    étant cependant perçue sur les collectes. Pour le solde du financement, le

    directeur du Comité d’organisation se montre optimiste: "Nous prions!"

    Quant aux exposants qui occuperont 300 m2 de stands, ils seront constitués de divers organismes protestants. L’Eglise réformée vaudoise a par

    exemple consacré son stand au thème: "Pour un monde qui a faim, un menu qui

    sort de l’ordinaire: l’EERV". On y présentera les offres réformées dans le

    domaine de l’aide et de la solidarité. "De la nourriture sera servie gratuitement, afin de symboliser l’offre désintéressée d’une Eglise comme celle du canton de Vaud", signale Pierre Marguerat, attaché de presse de

    l’EERV.

    Ces stands permettront aux visiteurs de découvrir des "entreprises chrétiennes". Le prospectus du Jour du Christ annonce qu’il sera peut-être possible d’y "trouver une place de stage ou alors, qui sait, un emploi. Racolage? Exploitation du malheur des chômeurs? "Pas du tout", rétorque Paul

    Freiburghaus. "Nous n’avons pas honte de dire que nous pouvons offrir certaines possibilités aux chômeurs. Nous avons même plutôt un peu honte

    d’avoir trop peu manifesté jusqu’ici un engagement social". (apic/spp/pr)

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