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    apic/Prier/ témoigner

    Fribourg: 6e rencontre "Prier, Témoigner" (191195)

    Libérer l’amour à la suite de Marie-Madeleine

    Fribourg, 19 novembre(APIC) Plus d’un millier de personnes ont communié et

    vibré durant le week-end à l’Université de Fribourg, pour la 6e rencontre

    "Prier Témoigner", autour de la figure Marie-Madeleine la péchéresse accueillie par le Christ. "Cette petite dame de la nuit qui n’avait rien

    d’une paroissienne bien sage" selon le mot de l’écrivain Georges Haldas.

    Dans un monde avide de richesse, de pouvoir, de plaisir, le thème de la

    journée: "Libérer l’amour" invitait à un retournement complet, à l’image du

    Christ qui passe par la mort pour entrer dans la vie. A l’image des toxicomanes du Foyer des Rives du Rhône, qui à travers la musique chorale chantent maintenant leur "oui" à la vie avec une rare émotion.

    Mgr Gérard Daucourt, évêque franco-suisse de Troyes, a ouvert les feux

    de la rencontre devant le public varié de l’aula de l’Université. Il a

    longtemps porté à son cou sans le savoir la croix pectorale d’un moine russe fusillé en 1927. "Aujourd’hui quand je la revêts le matin, je relativise

    les choses et j’aurais bien tort de me prendre pour un martyr", relève-til.

    La manière de Dieu est bien différente de la nôtre, "on ne licencie pas

    dans l’Eglise". Lorsque Marie-Madeleine verse du parfum sur les pieds de

    Jésus, il ne la juge pas sur ses échecs encore moins sur sa réputation,

    mais sur l’amour qui inspire ses actes, explique Mgr Daucourt. "Lorsqu’on

    tombe, le pardon du Seigneur est capable de nous restituer complétement à

    neuf. Pour un chrétien qui met sa confiance dans Jésus il n’y a pas d’échec

    définitif." Une conviction que l’évêque tente de mettre en pratique dans

    son diocèse avec une question constante: "Comment ne rejeter personne sans

    tricher avec la vérité?"

    Jeune, belle, assoiffée d’amour

    Jeune, belle, assoiffée d’amour mais peu sûre d’elle-même, cynique au

    point d’être agressive, ayant largué toute règle morale. Le portrait de Marie-Madeleine dressé par Soeur Emmanuelle-Marie trouve d’étonnantes résonnances dans les divers témoignages qui émaillent le week-end. Le désir

    d’exister la pousse à faire n’importe quoi, jusqu’au jour où elle liquide

    le passé parce qu’elle a trouvé quelque chose ou plutôt quelqu’un qui la

    mobilise. "En croisant le regard de Jésus, elle s’est sentie exister", insiste Soeur Emmanuelle-Marie. Dominicaine de Béthanie, elle vit dans une

    communauté religieuse qui regroupe des femmes "sans problèmes" et des femmes ayant vécu toutes sortes de marginalité.

    Message reçu par les participants qui, après une procession aux

    flambeaux jusqu’à l’église Ste Thèrese passeront une partie de la nuit

    devant le "soleil de Dieu" présent dans l’eucharistie.

    Dimanche matin, beaucoup d’yeux étaient ensommeillés, mais le message du

    penseur Georges Haldas passe. "Il faut dire ’oui’ à la vie et à la beauté,

    après on peut réfléchir. Quand on commence par réfléchir, on est ’cuit’"

    "Ajouter ’parce que’ à aimer n’est pas aimer". "Quel que soit le mal il

    n’entame pas la miette de paradis qui est en nous". Penché sur son micro,

    Haldas martèle dans un langage fort incisif: "L’homme oscille toujours entre meurtre et don de soi. (...) Nous sommes tous des malfrats, des adultères, des tueurs de l’autre, des salauds intégraux ... jusqu’au retournement

    fondamental de la résurrection du Christ. Ce phénomène humain et cosmique

    le plus invraisemblable par lequel la vie suit la mort."

    Moments attendus et points forts du week-end les interventions du choeur

    des Rives du Rhône ont cristalisé l’émotion a travers des chants slaves et

    grégoriens. Des interprétations qui vont au delà de la perfection musicale,

    montent en crescendo du fond des tripes pour arracher des larmes aux chanteurs et à l’assemblée. Des larmes qui ressemblent sans doute à celles que

    Marie-Madeleine versa sur les pieds de Jésus. (apic/mp)

    Encadré

    La drogue est une fuite

    A voir Thierry dans son pantalon noir, sa chemise blanche avec noeu papillon, on peine à imaginer que cet homme de 34 ans traîne 15 ans de drogue et

    de dérive derrière lui. Une histoire qu’il raconte simplement, sobrement

    avec les mots de tous les jours. Une descente en enfer, ici le mot n’est

    certainement pas trop fort, avant un retour à la vie.

    Une famille normale dans le Jura: papa, maman, deux enfants. Papa est

    directeur d’usine souvent absent, maman est à la maison. Petit gars timide

    couvé par sa maman, il aprend vite à mettre des masques, un devant papa, un

    devant le maître d’école, un devant les copains. Avec les filles, à 15 ans

    c’est à coup d’alcool qu’il se donne du courage. Au moment de l’apprentissage son père décide pour lui. Premiers "joints", sa mère le couvre et cache le problème à son père. A 21 ans la première dose d’héroïne est une révélation. "Toutes mes peurs avaient disparu instantanément". La spirale

    s’enchaîne: vols et trafic pour payer les doses, première arrestation, belles promesses, rapide rechute.

    A 25 ans Thierry rencontre une fille séro-positive, il croit faire preuve d’amour en cherchant lui-même à devenir séro-positif. Après une nouvelle

    arrestation, il passe deux ans et demi en prison et en ressort encore plus

    accro. A la sortie, la rue l’attend. Jusqu’au jour où il appelle à l’aide

    et débarque au Rives du Rhône pour une lente remontée depuis cinq ans. Pour

    briser les masques et ouvrir les yeux à la vie à travers des moments d’initiations vécus dans la solitude de la montagne ou du désert. "Lors de ma

    première initiation, j’ai revécu mon passé durant 7 nuits avant de trouver

    la paix. La deuxième initiation dans le désert m’a permis de retrouver la

    beauté." (apic/mp)

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