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    apic/PPPC/Projet de paix et de prévention des conflits/Lancement/Fribourg

    Suisse:Lancement à Fribourg du "PPPC", audacieux (201296)

    "Projet de Paix et de Prévention des conflits"

    Objectif 1997: Récolter 10 millions de francs pour la Fondation PPPC

    Fribourg, 20décembre (APIC) Des projets pour prévenir la formation de conflits existent certes déjà. L’idée d’impliquer dans de telles initiatives

    des entreprises multinationales présentes dans les zones potentiellement

    conflictuelles est par contre très novatrice. C’est l’une des intuitions du

    tout nouveau "Projet de Paix et de Prévention des conflits" (PPPC), qui

    prend corps depuis quelques mois à Fribourg, sous l’impulsion de Frédéric

    Maillard, épaulé par le religieux spiritain Jean-Marc Sierro.

    Touchant une "nouvelle sensibilité", le projet n’est de loin pas farfelu. "Je suis très étonné par le nombre de gens intéressés par cette idée",

    lance le Père Jean-Marc Sierro, un Valaisan de 38 ans qui a passé 6 ans

    comme missionnaire en Centrafrique et deux ans à l’Institut universitaire

    d’études du développement (IUED) à Genève.

    Le PPPC en effet suscite déjà l’intérêt des milieux les plus divers et

    l’enthousiasme d’un certain public fatigué de financer des actions d’urgence, préférant s’investir dans la prévention des conflits. Bien qu’il se refuse à toute connotation religieuse explicite, le PPPC a déjà convaincu des

    congrégations religieuses missionnaires qui y voient une chance de renouveau.

    Ainsi, sur les 180’000 francs prévus pour financer l’année de lancement,

    85’000 ont déjà été versés: 50’000 francs par la Province suisse des Capucins; 20’000 francs par la Province suisse des Soeurs d’Ingenbohl, 10’000

    francs par la Province suisse des Filles de la Charité; 5’000 francs par la

    Province suisse des Missionnaires d’Afrique. Un préavis positif pour la

    somme de 20’000 francs a été donné par la Société des Missionnaires de

    Bethléem.

    Soutien de personnalités

    Le projet bénéficie du soutien d’un certain nombre de personnalités.

    Parmi les membres de l’"équipe exécutive de constitution" du PPPC, on note

    ainsi la présence du Père Lucien Pochon, provincial de la Congrégation du

    Saint-Esprit et le Père Jean-Marc Sierro, assistant du provincial pour la

    Suisse ainsi que celle du Frère Marcel Durrer, responsable romand des Capucins. Le PPPC bénéficie entre autres de l’appui du Provincial pour la Suisse des Missionnaires d’Afrique, le Père Josef Buholzer, de l’avocat Jean

    Bourgknecht, conseiller communal de la Ville de Fribourg, et de Carol Mottet, responsable du programme Europe de l’Association pour la Prévention de

    la Torture (APT) à Genève.

    Pour le conseiller dans le domaine des questions stratégique et internationales, l’ancien objecteur de conscience Frédéric Maillard s’est même adjoint les services d’un consultant, un jeune officier instructeur de l’armée suisse. Le capitaine Jean-Nicolas Marti, un Marlinois de 29 ans, engagé

    auprès de l’école de recrues des troupes mécanisées légères de Drognens,

    près de Romont, nous précise qu’il offre ses services à titre privé. Sa

    spécialité: l’étude de la violence qui, jadis monopole des Etats, se privatise et devient toujours davantage l’apanage de groupes paramilitaires voire même d’entreprises mafieuses. Une violence qui a très souvent des bases

    socio-économiques, d’où l’idée d’impliquer les entreprises présentes sur

    place.

    Le "bras éthique de l’entreprise"

    L’idée audacieuse de devenir en quelque sorte le "bras éthique de l’entreprise" ne rebute pas - bien au contraire - les jeunes initiateurs du

    projet. Ils citent l’action de Jacques Zwahlen, le patron de l’entreprise

    "Charles Veillon SA", à Lausanne, qui a renoncé à travailler avec des dizaines de fournisseurs de tapis utilisant dans le tiers monde de la main

    d’oeuvre enfantine.

    Si, dans cette affaire, "Veillon" a perdu un peu d’argent dans un premier temps, souligne F. Maillard, l’entreprise a beaucoup gagné en image de

    marque. De même les entreprises occidentales implantées dans les zones à

    risques ont tout intérêt à collaborer pour prévenir les conflits et contribuer à assainir une situation sociale potentiellement explosive. Il relève

    que les dirigeants d’entreprises occidentales dans le tiers monde - il a

    des exemples au Mexique et aux Philippines - ont souvent plus de pouvoir

    que les autorités locales. Elles peuvent ainsi jouer un rôle de médiation

    dans les conflits et c’est ce créneau que le PPPC veut exploiter, en convainquant des chefs d’entreprises que c’est là leur intérêt à long terme.

    Des initiateurs enthousiastes et un brin utopistes...

    Ils sont jeunes, très enthousiastes, un brin utopistes et motivés par

    une foi chrétienne qu’ils ne mettent pas sous le boisseau, les initiateurs

    du PPCC. La cheville ouvrière, Frédéric Maillard, a été engagé comme salarié début novembre par l’Association PPPC pour animer l’année de lancement

    du projet.

    La trentaine tout juste entamée, le verbe convainquant, ce militant engagé - il oeuvre depuis une dizaine d’années comme responsable au sein

    d’organisations humanitaires et de défense de droits de l’homme, comme

    l’ACAT, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la Torture - en a marre

    de "jouer les pompiers", d’intervenir quand les conflits ont déjà éclaté et

    qu’il faut en soigner les conséquences. Des amis africains l’ont interpellé

    il y a quatre ans, lors d’une réunion internationale de l’ACAT à Cotonou,

    au Bénin. Ce fut le déclic!

    Les entreprises privées sollicitées

    Directeur de l’agence FMCA - pour Frédéric Maillard Communication Appliquée - à Vuadens, le jeune Fribourgeois, bien que familier des défis, s’attaque cette fois-ci à un gros morceau. La foi déplace les montagnes, c’est

    bien connu, mais la barre a été placée très haut. Pour faire vivre le "Projet de Paix et de Prévention des conflits" (PPPC), il s’agit de trouver

    l’an prochain, en particulier auprès d’entreprises intéressées, pas moins

    de 10 millions de francs. Ces fonds alimenteront une Fondation qui devrait

    garantir une partie de l’apport financier destiné à faire fonctionner le

    PPPC.

    Frédéric Maillard pense que si le projet se réalise de façon complète,

    il nécessitera un budget annuel de fonctionnement de quelque 2 millions de

    francs, alimenté pour un tiers par les intérêts de la Fondation, un autre

    tiers par l’Association des Amies et Amis du Projet de Paix (AAAPP), une

    association en train de se créer, et pour le dernier tiers par des prestations fournies par le PPPC lui-même (offre de services, cours, formation,

    activités d’animation artistique et culturelle, etc.)

    Tout en voulant garantir son indépendance, F. Maillard imagine également

    l’exécution de mandats pour le compte de la Direction pour le Développement

    et la Coopération (DDC) du gouvernement suisse ainsi que du Département fédéral des Affaires étrangères et surtout de l’OSCE. L’année dite de lancement, jusqu’en novembre 1997, servira à tester la faisabilité du projet,

    quitte à l’abandonner ou à le réorienter s’il s’avérait que sa viabilité

    n’est pas garantie. En attendant, Frédéric Maillard se prépare à partir

    pour l’Afrique du Sud, où il observera une initiative similaire au Cap...

    tout en perfectionnant son anglais. (apic/be)

    Encadré

    Trois départements distincts

    Le PPPC prévoit trois départements distincts: le département "Actions",

    service actif de prévention des conflits violents, qui envoie les personnes

    compétentes sur le terrain; (siège de la direction à Genève ou Zurich); le

    département "Institut d’étude, de recherche et d’enseignement", qui propose

    un programme de formation en collaboration avec les écoles officielles et

    des associations. Il s’agira en particulier d’une équipe de formateurs qui

    se déplace en priorité là où les jeunes se rencontrent et se retrouvent. Le

    troisième département, le "Centre d’accueil et de coordination", qui paraît

    le plus facile à concrétiser, est installé dans les bâtiments des spiritains au Bouveret, dans le Chablais valaisan. Le "Centre Projet de Paix"

    sera déjà opérationnel à la mi 97. (apic/be)

    Le "Projet de Paix" dispose d’un secrétariat de lancement du projet PPPC à

    j la rue du Botzet 18, 1700 Fribourg. Tél. 026/424 47 74; Fax 026/424 67 34

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