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    apic/Pologne/Désarroi de l’Eglise/Gros problèmes à venir?

    Pologne:Désarroi dans l’Eglise après la victoire de Kwasniewski(201195)

    Pour Mgr Glemp:le choix entre un modèle chrétien et un modèle néo-païen

    Varsovie, 20 novembre(APIC) Au lendemain de la victoire électorale du chef

    de file des post-communistes Aleksander Kwasniewski, l’Eglise catholique en

    Pologne ressent un certain désarroi. Elle a du mal à comprendre pourquoi

    les Polonais lui ont infligé un camouflet, alors qu’elle n’avait pourtant

    pas ménagé ses efforts en faveur de l’ex-leader de Solidarnosc et attiré

    l’attention des électeurs sur les dangers du retour à l’"ancien" système.

    Pour le primat de Pologne, le cardinal Jozef Glemp, qui avait appelé

    sans ambages à voter Walesa, le peuple polonais avait à se décider entre

    deux systèmes, "un modèle chrétien et un modèle néo-païen". Le secrétaire

    de la Conférence des évêques polonais, Mgr Tadeusz Pieronek, a reconnu que

    la victoire du candidat ex-communiste était aussi une défaite pour l’Eglise. Mgr Pieronek a dû admettre que de nombreux catholiques ont voté pour

    Kwasniewski.

    L’Eglise face à de "gros problèmes"

    Mais l’évêque auxiliaire de Sosnowiec ne croit pas que ces catholiques

    aient choisi le candidat post-communiste en raison de sa position négative

    à l’égard de l’Eglise. "Mais si tel était le cas, cela signifierait que ces

    gens ne se considèrent pas clairement comme catholiques ou qu’ils sont déçus de l’Eglise". Dans les deux cas, estime-t-il, l’Eglise se trouve dans

    le domaine pastoral "face à de gros problèmes".

    Que Walesa ait justement été battu par un challenger qui est un représentant de ce régime qui l’a opprimé dans le passé, cela représente "un

    drame", poursuit le secrétaire de la Conférence épiscopale. Mgr Pieronek ne

    peut pas imaginer l’avenir de façon optimiste face à la perspective d’une

    Pologne gouvernée par un président qui fut Ministre de la Jeunesse et des

    Sports dans le dernier gouvernement communiste.

    Démission de trois membres du gouvernement nommés par Walesa

    Au vu de la victoire électorale de Kwasniewski, trois membres du gouvernement nommés par Walesa ont donné leur démission: le ministre des affaires

    étrangères Wladyslaw Bartoszewski, le ministre de l’Intérieur Andrzej

    Milczanowski, et le ministre de la défense Zbigniew Okonski. Bartoszewski,

    ancien dissident et catholique engagé, a passé plus de six ans en prison

    sous le régime communiste. Il a expliqué qu’il n’était en aucun cas disposé

    à rester ministre sous Kwasniewski. "Je respecte le verdict des urnes", at-il déclaré au quotidien "Rezczpospolita", "mais je n’accepte pas le régime à parti unique qui arrive maintenant".

    Le ton conciliateur utilisé aujourd’hui par Aleksander Kwasniewski sera

    mis à l’épreuve dans un futur proche et l’Eglise l’attend au tournant en ce

    qui concerne la législation sur l’avortement et la ratification du Concordat entre l’Etat polonais et le Vatican. Le Concordat a été signé le 28

    juillet 1993, mais la gauche, majoritaire au Parlement polonais, le Sejm,

    fait obstacle à une ratification réclamée depuis plus de deux ans par

    l’Eglise polonaise et le pape Jean Paul II lui-même. (apic/kap/be)

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