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    apic/Pologne/Auschwitz/Restructuration du site/du Musée/120 millions

    Pologne: Le gouvernement veut restructurer le site et (151096)

    le Musée de l’ancien camp de concentration d’Auschwitz

    Une enveloppe de 120 millions de francs

    Varsovie/Cracovie, 15octobre (APIC) Le gouvernement polonais a annoncé un

    programme de restructuration du site de l’ancien camp de concentration et

    du Musée d’Auschwitz. Coût de l’investissement: environ 120 millions de

    francs suisses. Les travaux devraient être terminés d’ici l’an 2007; ils

    devraient mettre un terme définitif aux polémiques qui ressurgissent périodiquement autour de ce lieu commémoratif, indique-t-on dans les milieux

    gouvernementaux à Varsovie.

    Vice-président du Comité international auprès du Musée d’Auschwitz, le

    journaliste catholique Stefan Wilkanowicz, de Cracovie, a salué la décision

    de principe du gouvernement polonais, "qui commence enfin à prendre la situation au sérieux". Dans une interview accordée mardi 15 octobre à l’agence APIC, il a souligné que le programme gouvernemental - qui n’est pas encore connu dans les détails - va dans le sens des propositions du Comité.

    Le Comité international, présidé par l’ancien ministre polonais des Affaires étrangères Ladislas Bartoszewski, comporte également deux vice-présidents juifs, Kalman Sultanik, du Congrès Juif Mondial à New York et

    l’historien Israël Gutman, de l’Université hébraïque de Jérusalem. Il réclame depuis longtemps une grande réflexion et un plan non seulement pour

    le Musée - où l’exposition doit être totalement refaite - mais également

    pour la ville.

    La ville d’Oswiecim, le nom polonais d’Auschwitz, compte aujourd’hui

    quelque 70’000 habitants. Ces derniers ont le droit développer leur ville

    sans se voir imposer systématiquement des limitations - dans certains cas

    justifiées - étant donné le statut spécial des lieux. Oswiecim, par la présence de l’ancien camp d’Auschwitz-Birkenau, est en effet devenue de facto

    une "ville internationale", le symbole de l’extermination des juifs par les

    nazis.

    Un Centre international de formation pour les enseignants d’histoire

    Le plan du gouvernement - qui dépend principalement du Ministère de la

    culture - prévoit également la création d’un Centre international de formation auprès du Musée, destiné aux enseignants d’histoire, en premier lieux

    pour les lycées de toute l’Europe. Le Comité international auprès du Musée

    d’Auschwitz souhaite que ce Centre soit logé dans l’ancien carmel qui avait

    pris place dans le vieux théâtre. Ce bâtiment, appartenant à la ville et

    situé hors de l’enceinte du camp, avait servi de dépôt aux nazis pour le

    gaz "Cyklon B" destiné aux chambres à gaz. Mais il est également possible

    qu’un nouveau bâtiment soit construit dans ce but.

    Certains autres investissements sont prévus en ville même, notamment

    pour détourner la circulation qui passe dans le site du camp et réserver la

    route actuelle pour les visiteurs du mémorial. La zone de protection de 500

    mètres autour du camp - Auschwitz est sur la liste du patrimoine mondial de

    l’UNESCO - devrait être également remodelée. Dans certains cas, la zone mérite d’être élargie, et dans d’autres elle peut être diminuée. Des activités économiques devront de cas en cas être transférées ailleurs. La zone de

    protection devrait servir à protéger uniquement les bâtiments qui sont liés

    à l’histoire du camp. Tout devra être entrepris pour que les commerces, les

    magasins et les parkings pour les visiteurs soient construits à une distance suffisante du centre du camp.

    L’affaire du "supermarché" est quasiment terminée, les travaux stoppés

    Contrairement aux rumeurs diffusées périodiquement par les médias, les

    travaux de construction du très controversé "supermarché" d’Auschwitz n’ont

    pas repris. Ce projet, situé à quelque distance de l’entrée de l’ancien

    camp d’extermination nazi, a été abandonné. Son promoteur, l’homme d’affaires polonais Janusz Marszalek, président de la société germano-polonaise

    "Maja", fait de temps en temps des déclarations tonitruantes et annonce la

    reprise des travaux.

    "Il entend ainsi faire pression sur les autorités pour obtenir des dédommagements, mais je sais qu’il a l’intention d’abandonner son projet",

    souligne Stefan Wilkanowicz. A plusieurs reprises, la vue d’ouvriers qui

    déplaçaient des matériaux dans les environs du "supermarché" a suffi à relancer la polémique. "Cela n’a rien à voir avec une quelconque reprise des

    travaux de construction". L’annonce en février dernier de la construction

    de ce "supermarché de la honte" avait suscité une vague de protestations de

    la part de nombreuses organisations juives en Pologne et au niveau international. Janusz Marszalek, quant à lui, réclame une indemnisation de quelque

    6 millions de francs suisses pour abandonner définitivement son projet.

    (apic/be)

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