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    apic/Polémique/Pape/Pie XII/Allemagne

    Pie XII, nazisme et voyage de Jean Paul II en Allemagne (260696)

    Réactions du P. Graham à la polémique sur les "coupures" du pape

    Rome, 26juin(APIC) Historien du Vatican, le P. Robert Graham met les

    points sur les "i" après la polémique engagée sur les "coupures" opérées

    par le pape en Allemagne dans un discours et une homélie. Les juifs savaient que Pie XII était leur défenseur. Et les interprétations malveillantes

    sur lui sont "ridicules", réagit-il dans les colonnes de "L’Avvenire".

    "Ils ne sont pas honnêtes. Ils ont une idée fixe: comme l’Eglise s’opposait au communisme, elle devait favoriser le nazisme! C’est simpliste. Mais

    il y a plus: on ne pardonne pas à ce pape d’avoir vaincu le communisme": le

    P. Robert Graham, jésuite, collaborateur de "La Civiltà Cattolica", ne décolère après la polémique sur les "coupures" de l’homélie du pape à Berlin:

    pourquoi Jean-Paul II a sauté le passage sur Pie XII ?

    Les interprétations malveillantes pour Pie XII sont "ridicules", réagit

    dans les colonnes de "L’Avvenire" l’historien qui a dirigé la publication

    des "Actes du Saint-Siège durant la Seconde Guerre mondiale", pour qui "il

    n’y a pas d’autre raison de sauter cette partie du discours que la volonté

    de gagner du temps". Quant à l’attitude de Pie XII, en particulier par rapport au projet d’encyclique sur le judaïsme, la réponse du jésuite est

    claire: il est heureux que le pape ne l’ait pas approuvé!

    "Ce document, élaboré par le Père La Farge, puis ensemble avec Gustav

    Grundlach, est parvenu en retard à Pie XI. Pie XII a bien fait de ne pas le

    publier, parce que ce document n’était pas bon", affirme sans ambages le P.

    Graham. En effet, le projet défendait entre autres la thèse irrecevable du

    "conflit permanent entre christianisme et judaïsme", que les nazis auraient

    pu exploiter! Il ne correspondait d’ailleurs pas à "la mentalité d’aujourd’hui", observe l’historien.

    Un acte contre le nazisme...

    D’ailleurs, assure-t-il, s’il avait été adopté, la déclaration conciliaire "Nostra Aetate" n’aurait pu voir le jour, dit-il. Pie XII a en revanche publié l’encyclique "Summi Pontificatus" qui était, selon le P. Graham, une accusation contre l’Etat moderne qui centre tout sur lui-même.

    "C’était un acte contre le nazisme... Les Français l’ont si bien compris

    qu’ils en ont imprimé de nombreux exemplaires et les ont lâchés par avion

    sur l’Allemagne", ajoute le P. Graham.

    Quant à Pie XI, ce fut "un pape courageux". Témoin la publication de

    l’encyclique "Mit Brennender Sorge" condamnant le nazisme, dès 1937, en

    pleine époque de l’"apeasement" britannique. Le pape ne pouvait pas compter

    sur l’appui diplomatique des Anglais ou des Français qui "favorisaient les

    victoires diplomatiques de Hitler", explique le P. Graham. Mais les gens

    ont compris, même à mots couverts, et les nazis sans aucun doute.

    Du côté de l’Eglise allemande, un Von Preysing, évêque de Berlin, "était

    partisan de l’affrontement direct avec Hitler", rappelle le Père Graham,

    alors qu’un Bertram, évêque de Breslau (aujourd’hui Wroclaw, en Pologne),

    affirmait que "la confrontation ouverte était perdue d’avance": elle se

    solderait, pensait-il, par la fermeture immédiate des écoles, des journaux, avec persécutions de prêtres à la clé, et donc la perte de toute possibilité de parler. Pas de conflit ouvert, donc, et c’était la position de

    la majeure partie des évêques allemands. Cela aide à comprendre la position

    du pape. "Le pape Pie XII, explique Robert Graham, a voulu respecter le

    choix de l’Eglise locale. La collégialité, comme on dit aujourd’hui".

    En toute justice, reprend l’historien, il convient de rappeler que, dès

    le début de son pontificat, Pie XII a annoncé, qu’il "aiderait concrètement

    chacun, au-delà des appartenances religieuses". Or, "tout le monde était

    antisémite", commente Robert Graham, qui se souvient peut-être du "ton"

    qu’avait à l’époque "La Civiltà Cattolica", qui fut d’ailleurs réprimandée

    par le Vatican. "Il n’y a que le Vatican qui ne l’était pas, ajoute-t-il,

    et les Juifs ont eu un vrai ami en la personne de ce pape (Pie XII). Ils

    savaient que ce pape était pour eux un défenseur". (apic/imed/pr)

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