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    apic/Philaret de Minsk/Concile panorthodoxe/Querelles intra-orthodoxes

    Belarus:Le métropolite Philaret de Minsk (100996)

    plaide pour un Concile panorthodoxe

    Une orthodoxie divisée par des "querelles internes"

    Varsovie, 10septembre "L’ensemble de la communauté orthodoxe" pense qu’un

    Concile panorthodoxe est nécessaire pour régler les conflits actuels d’une

    orthodoxie divisée par des "querelles internes" et faire le point sur les

    enseignements de l’Eglise, affirme le métropolite Philaret de Minsk.

    L’évêque orthodoxe russe du Belarus considère cependant qu’aucune des 15

    Eglises autocéphales dans le monde n’est en mesure d’organiser une réunion

    de ce niveau. Une telle compétence revient en fait au patriarche oecuménique de Constantinople, rétorque le théologien Georges Tsetsis, représentant

    du Patriarcat oecuménique auprès du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à

    Genève.

    Dans une interview accordée au journal catholique italien "L’Avvenire",

    le métropolite Philaret relève qu’une "évaluation complète des problèmes

    actuels" est devenue une priorité urgente. Une "phase de renouveau" - comparable au Concile Vatican II (1962-65) - est nécessaire, souligne-t-il.

    L’orthodoxie est aujourd’hui divisée par des "querelles internes" concernant des juridictions rivales et l’exercice de l’autorité canonique, qui

    ont provoqué une série de conflits parmi et au sein des Eglises.

    Schisme et excommunication

    Ces commentaires du métropolite Philaret, qui a dirigé le Département

    des relations extérieures du Patriarcat de Moscou jusqu’en 1989, interviennent à la suite du schisme survenu cet été au sein de l’Eglise orthodoxe

    bulgare qui a entraîné une menace d’excommunication, par le Synode orthodoxe, d’un patriarche.

    La seule entité étrangère à avoir reconnu le patriarcat dissident bulgare est un autre patriarcat dissident en Ukraine, où l’Eglise orthodoxe est

    divisée en trois Eglises séparées depuis 1992. Il faut aussi rappeler le

    conflit, au début de cette année, entre les responsables orthodoxes à propos de la juridiction sur les orthodoxes d’Estonie. A la fin août, le Patriarcat de Moscou a finalement repris les négociations avec le Patriarcat

    oecuménique de Constantinople sur l’avenir de l’Eglise d’Estonie.

    Le métropolite Philaret estime que seul un "Concile universel" pourrait

    régler les problèmes orthodoxes actuels, ou du moins "définir les moyens de

    les résoudre". Toutefois, il se demande si un responsable orthodoxe aurait

    l’autorité et les moyens de parrainer et d’organiser une telle assemblée.

    La possibilité d’une "affirmation panorthodoxe de témoignage" a été examinée par les responsables orthodoxes en octobre 1995 lors de réunions tenues

    sur l’île grecque de Patmos et à Bucarest.

    Déjà 30 ans de tergiversations

    Georges Tsetsis, interrogé par l’agence de presse oecuménique ENI, estime lui aussi que l’orthodoxie a besoin, "et ceci dès que possible", d’un

    Concile panorthodoxe. Il y a déjà trente ans que l’on prépare un tel Concile, sans être en mesure de le convoquer, ajoute-t-il, "en raison de la réticence des Eglises orthodoxes locales à aborder les questions débattues

    dans le cadre des conférences orthodoxes préconciliaires".

    Le représentant du patriarche a cependant ajouté que le métropolite Philaret, en tant qu’ancien directeur du Département des relations orthodoxes

    du Patriarcat de Moscou ayant participé à de nombreuses rencontres orthodoxes, "devrait savoir que les prérogatives et la compétence de réunir et

    d’organiser un Concile panorthodoxe reviennent au patriarche oecuménique."

    "Il y a des règles et des procédures, adoptées voici 25 ans par l’ensemble

    des Eglises orthodoxes, y compris l’Eglise de Russie, qui ont ratifié l’autorité séculaire du patriarche oecuménique de parrainer et d’organiser de

    tels conciles." (apic/eni/be)

    Encadré

    250 millions d’orthodoxes dans le monde

    Le nombre d’orthodoxes dans le monde - 250 millions - ne cesse d’augmenter,

    en raison du renouveau du christianisme dans les pays de l’ancien bloc

    communiste, et de la multiplication des conversions parmi les communautés

    de la diaspora dans de nombreux pays, notamment les Etats-Unis.

    Après la Russie, les Eglises orthodoxes les plus grandes - en nombre de

    fidèles - sont: l’Eglise de Roumanie, qui compte 20 millions de membres déclarés; l’Eglise orthodoxe de Grèce, avec 9 millions; les Eglises orthodoxes de Serbie et de Bulgarie, avec 8 millions chacune. Parmi les plus petites Eglises orthodoxes, l’on peut citer l’Eglise du Japon, qui compte

    20’000 membres, et l’archevêché du Mont-Sinaï, qui a 900 membres.

    Le Patriarcat oecuménique de Constantinople compte 4,5 millions de fidèles orthodoxes sous sa juridiction -bien que seulement 5’000 vivent en

    Turquie. Traditionnellement, le patriarche exerce le rôle de chef de file primus inter pares - parmi les Eglises orthodoxes. Par ailleurs, entre

    250’000 et 750’000 chrétiens orthodoxes sont affiliés à chacun des Patriarcats orthodoxes d’Alexandrie, d’Antioche, et de Jérusalem. (apic/eni/be)

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