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    apic/Pérou/Les évêques accusent Fujimori/Plainte pour offense au président

    Pérou:Plainte contre le cardinal Vargas Alzamora (260995)

    pour offense au chef de l’Etat Alberto Fujimori

    L’intégrité du président péruvien mise en cause

    Lima, 26septembre(APIC) Une plainte pour offense au chef de l’Etat a été

    déposée à Lima contre le cardinal Augusto Vargas Alzamora, archevêque de la

    capitale péruvienne. Le cardinal Alzamora et le secrétaire général de la

    Conférence épiscopale péruvienne, Mgr Miguel Irizar Campos, évêque coadjuteur de Callao, ont mis en question "l’intégrité" du président Alberto Fujimori.

    Le dépôt de la plainte a été rendu publique lundi à Lima et le cas doit

    être jugé par un tribunal de la ville ces jours prochains. La plainte se

    base sur les critiques émises la semaine dernière par l’archevêque de Lima

    à propos de la campagne gouvernementale de contrôle des naissances, qui a

    suscité l’ire de l’Eglise catholique péruvienne.

    L’archevêque de Lima a accusé le président péruvien de vouloir enfoncer

    un coin entre l’Eglise locale et le Vatican. La plainte a été déposée par

    un citoyen du nom de Santiago Sanguinetti, qui serait, affirment certains

    milieux d’Eglise, "un instrument du gouvernement". Ce ne serait pas la première plainte qu’il déposerait pour le compte des autorités péruviennes.

    Lutter contre la pauvreté, non contre les pauvres

    La résolution du président péruvien Fujimori de "rendre les femmes maîtresses de leur destin" en rendant accessibles à toutes les différentes

    formes de contraception a été condamnée de la façon la plus ferme par les

    évêques péruviens. Ceux-ci viennent encore de le rappeler: "il faut lutter

    contre la pauvreté, non contre les pauvres".

    Le président Alberto Fujimori se défend en expliquant que son combat

    n’est pas contre l’Eglise, mais contre la pauvreté, sa "troisième bataille", dit-il, après celles contre l’hyper-inflation et le terrorisme. A

    propos de l’attitude de la hiérarchie catholique, il a parlé de "vaches sacrées" qui n’arrêteront pas ses réformes.

    En focalisant la controverse sur la loi controversée qui légalise la vasectomie et la ligature des trompes comme méthode de planification familiale, constate le correspond du réseau de groupes de base "Kairos" à Lima,

    Fujimori réussit à détourner l’attention d’autres problèmes constitutionnels importants, comme le vote du budget pour 1996. Quelles place y occuperont les dépenses sociales et des mesures concrètes de lutte contre la

    pauvreté?

    Le show présidentiel sur le condom, la vasectomie et la ligature des

    trompes, note "Kairos", prend de front l’Eglise, une institution qui jouit

    de la plus grande confiance de la part de la majorité de la population.

    Mais la position de l’Eglise sur ce point n’est pas accessible à la plupart

    des gens, ce qui risque de saper son travail et sa crédibilité. Et pourtant, l’Eglise est sans conteste l’une des rares forces à critiquer le gouvernement, surtout sur le terrain économique et social et sur celui des

    droits de la personne.

    On ne peut supprimer la pauvreté seulement par le contrôle des naissances

    Le président a provoqué un esclandre, mais sans aucun débat sur l’enjeu

    de la politique démographique et en attirant l’attention sur un seul aspect

    pour en négliger d’autres, comme la mortalité et l’émigration. Car si les

    Péruviens sont d’accord avec l’objectif présidentiel de lutter contre la

    pauvreté, il est simpliste de prétendre supprimer celle-ci uniquement par

    le contrôle des naissances, quand dans beaucoup de pays on constate que

    c’est l’amélioration des conditions de vie qui entraîne une réduction de la

    croissance démographique. Or le gouvernement ne se préoccupe pas de créer

    des emplois pour les familles pauvres, note-t-on.

    Aujourd’hui, des millions de Péruviens sont atteints dans leurs droits

    les plus élémentaires, privés de protection devant la misère, la maladie,

    l’analphabétisme. D’où cette question: quelle solution peut apporter la

    stérilisation à une population comme celle des Ashaninkas, déjà réduite à

    50.000 individus?

    Pour l’Eglise, il s’agit de lutter contre la pauvreté, non contre les

    pauvres. La Conférence épiscopale l’a rappelé il y a quelques jours dans

    une déclaration en onze points dénonçant l’ensemble de la loi sur la contraception, en déplorant qu’il se soit trouvé une majorité parlementaire

    pour la voter. (apic/cip/kna/be)

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