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    France: Le Père Yves Congar fête mercredi ses 90 ans (120494)

    apic/Père Congar/ 90 ans

    Un grand théologien du mystère de l’Eglise

    Paris, 12avril(APIC) Le Père Yves Congar, dominicain, un des plus célèbres théologiens français contemporains, célébre mercredi ses 90 ans. Par

    son oeuvre théologique centrée spécialement sur le mystère de l’Eglise - et

    aussi sur l’oecuménisme - le Père Congar est mondialement connu. Malgré un

    moment de défiance de la part du Saint-Office, il gardera une fidélité aimante à l’Eglise. Pleinement réhabilité par Jean XXIII, il sera un des experts qui a marqué de son empreinte le Concile Vatican II.

    Né le 13 avril 1904 à Sedan dans les Ardennes, il passe deux ans au Séminaire universitaire des Carmes à Paris et avant d’entrer en 1925 au noviciat des dominicains. Durant son scholasticat au Saulchoir, en Belgique, il

    a pour maître le Père Marie-Dominique Chenu qui aura une grande influence

    sur lui. Ordonné prêtre en 1930, lecteur en théologie en 1931, il doit remplacer au pied levé le Père Chenu pour le cours d’"Introduction à la théologie". Il suit alors à Paris les cours des grands maîtres de l’époque,

    Gilson, Le Bas, Jacques Maritain. Chez ce dernier, il rencontre Emmanuel

    Mounier, le fondateur de la revue "Esprit". Il revient ensuite au Saulchoir

    enseigner "l’apologétique" qui devient vite un cours sur l’Eglise.

    En 1937, il lance aux éditions du Cerf la collection d’ecclésiologie

    "Unam Sanctam" dont le premier volume est de lui: "Chrétiens désunis, principes d’un oecuménisme catholique". Par cet ouvrage, il marque un tournant

    important dans l’oecuménisme de son Eglise: au lieu de batailler et de polémiquer contre les autres confessions chrétiennes, il s’engage à chercher

    chez les autres chrétiens les éléments de vérité qui s’y trouvent pour les

    embrasser.

    La deuxième guerre mondiale et cinq ans de captivité (1939-1945) interrompent son travail théologique. Dans son camp en Allemagne (où se trouve

    aussi Jean Guitton) il donne de nombreuses conférences et lutte à sa manière contre l’idéologie nazie. A son retour en France, il collabore régulièrement à l’hebdomadaire "Témoignage Chrétien" nés de prêtres et de laïcs

    engagés dans la Résistance. Dès 1948, il vit davantage retranché dans un

    travail intellectuel intense. Deux grands livres en sortiront: "Vraie et

    fausse réforme dans l’Eglise" et "Jalons pour une théologie du laïcat".

    "Persécuté par sa propre Eglise"

    Durant cette période cependant, les dénonciations de sa théologie ne

    cessent d’être envoyées à Rome. En 1954, dans une période de raidissement

    doctrinal, inaugurée par l’encyclique "Humani generis" de Pie XII, il connait l’exil: la Terre Sainte, Rome, Cambridge, Strasbourg lui sont assignés

    par ses supérieurs comme lieux de résidence. Sa fidélité répond à la méfiance qu’on exerce contre lui. Avec le pape Jean XXIII, arrive enfin l’heure

    de la réhabilitation. Désigné comme expert au Concile Vatican II, le Père

    Congar y joue un rôle important. Après le Concile, il poursuivra sa recherche théologique, malgré l’âge et les difficultés de santé. Il publiera en

    particulier une revue sur l’Esprit-Saint. (apic/theo/ba)

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