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    apic/Pax Christi/ Père Longchamp/ réconciliation

    Villars-sur-Glâne: "Pardon et réconciliation en Eglise" (270197)

    Pas toujours facile: l’exemple des évêques argentins sous la dictature

    Conférence du Père Albert Longchamp aux militants de Pax Christi

    Villars-sur-Glâne, 27janvier (APIC) Pardonner n’est pas facile, même en

    Eglise. C’est ce qu’ont pu constater samedi les quelque trente participants

    de la Journée d’étude de Pax Christi, dirigée par Odile Montavon, présidente du mouvement. Réunis au Centre diocésain de Villars-sur-Glâne, les membres de Pax Christi ont d’abord suivi la conférence du Père Albert Longchamp, rédacteur en chef de "L’Echo Illustré", qui a rappelé la difficulté

    du pardon. Le cas des évêques argentins, durant la dictature militaire, en

    est la tragique illustration.

    Un prêtre uruguayen, Luiz Perez Aguirre, ancien prisonnier torturé , se

    retrouve nez à nez avec son bourreau, dans une rue de Montevideo. C’est

    l’occasion du pardon ou de l’explosion...Et le prêtre montre qu’il n’a pas

    gardé de haine. Il salue son ex-bourreau.

    "Dieu parle dans les conflits de l’histoire. A nous d’en faire un histoire de salut", a écrit ensuite le Père Perez, en repensant à sa prison et

    à cette rencontre insolite. C’est avec cet exemple que le Père Longchamp a

    introduit son exposé intitulé: "Pardon et réconciliation en Eglise", théme

    proposé par Pax Christi Suisse pour sa Journée d’étude 1997.

    Le pardon contre l’oubli

    "Dans l’Eglise aussi, il existe des pierres d’achoppement", a rappelé le

    conférencier. "L’innocence de l’homme est un rêve en nous. Nous en avons

    fait un mythe. Il faut avoir le courage de la vérité", a écrit le cardinal

    belge Godfried Danneels dans sa lettre pastorale de Noël.

    Co-auteur en 1987, du petit livre percutant: "L’honneur perdu des évêques argentins", le Père Longchamp a évoqué la situation de l’Eglise catholique argentine. Objectivement liée à la dictature qui a régné dans ce pays

    de 1976 à 1983, les évêques argentins ont du mal à reconnaître leur complicité avec la junte militaire. En mai 1996, une timide demande de pardon à

    Dieu a été néanmoins rédigée par les évêques. Motivation de la demande: les

    droits de l’homme "ont pu être violés " durant la dictature. Une possibilité qui est, en fait, une certitude, puisque 10’000 à 30’000 personnes ont

    disparu pendant ces sanglantes années. Or, quid du pardon demandé aux victimes?

    La complicité des évêques argentins est un fait d’histoire

    La complicité des évêques à la dictature, déplore le conférencier, n’a

    pas été que passive, à quelques exceptions près. L’Eglise catholique argentine n’a pas eu son Willy Brandt, le chancelier allemand qui eut le courage

    de s’agenouiller à Varsovie pour demander pardon des crimes des nazis allemands.

    Un pardon se prépare comme tout travail de libération. Il est l’accueil

    du père de l’Enfant prodigue, rencontre préparée par l’attente du père et

    le désir du fils. Le pardon peut aller même jusqu’à pardonner à Dieu quand

    nous portons une douleur contre lui.

    Pardonner et se réconcilier en Eglise commence par un travail de mémoire. "Faire mémoire, c’est ouvrir l’avenir, faire acte de noblesse et non de

    faiblesse", a conclu Albert Longchamp.

    Cour criminelle internationale

    Un travail en groupes a suivi les propos du rédacteur en chef de "L’Echo

    Illustré". A cette occasion, Alessandra Aula, collaboratrice de Pax Christi

    International auprès des Nations-Unies à Genève, a présenté le projet de

    Cour de justice permanente, actuellement en discussion dans les instances

    internationales.

    Puis un débat intense s’est développé entre participants. Sans vouloir

    tout excuser, un participant a fait remarquer que dans certains contextes

    militaro-politiques, les acteurs n’ont pas totalement conscience du mal

    qu’ils commettent. L’imaginaire de la haine est socialisé et les communautés ecclésiales ont le devoir de s’interroger sur leur rôle dans cette diffusion de "l’ennemi imaginé". L’Evangile inspire les comportements, mais il

    n’est pas une recette de cuisine indiquant de manière sûre l’attitude à

    adopter. L’Eglise a donc un rôle pédagogique dans la formation des consciences. C’est un long travail qui peut se réaliser à travers la rencontre

    de gens différents que l’Eglise peut susciter.

    Un autre participant a tenté d’expliquer la montée des intolérances dans

    laquelle les religions sont utilisées. La religion peut jouer un rôle dominant dans la montée des extrémismes par sa prétention à l’absolu. Elle devient alors une transcendance instrumentalisée au service d’une cause et

    fournit des arguments péremptoires à ses adeptes. Contester alors cette

    prise de position de la religion, c’est à coup sûr risquer d’être traité

    d’"hérétique".

    En fin de journée, en citant des déclarations des derniers papes, il fut

    rappelé que la vérité et la justice sont les pré-supposés nécessaires pour

    qu’il y ait pardon. En écho avec l’exhortation de Paul aux Corinthiens:

    "Tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec le Christ et nous a confiés

    le ministère de la réconciliation". (apic/bernard litzler/ba)

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