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    apic/Pax Christi/Assemblée/50e

    Genève: Assemblée et Table ronde de Pax Christi Suisse romande

    pour le 50e anniversaire de la création du mouvement international (070595)

    Pax Christi veut mobiliser la jeunesse

    Genève, 7mai(APIC) En 1945, une mère de famille d’Agen se sent appelée

    par Dieu à prier pour que l’Allemagne guérisse de sa détresse morale et religieuse après douze ans de nazisme. Cette vocation très particulière est

    à l’origine du mouvement catholique international Pax Christi, qui fête

    cette année son 50e anniversaire. Pour marquer ce jubilé, la section romande de Pax Christi a organisé samedi 6 mai à Genève une table ronde: "50 ans

    après - le mouvement a-t-il encore un sens en Suisse romande". Elle avait

    auparavant tenu son assemblée générale.

    Participaient au débat Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire à Genève et

    responsable du dicastère "Justice et Paix" auprès de la Conférence des évêques suisses (CES), Jean-Claude Huot, secrétaire de la Commission Justice

    et Paix, et Etienne de Jonghe, secrétaire international de Pax Christi. Le

    modérateur de la rencontre était Marc Savary, président du Centre catholique international de Genève et journaliste à la Radio Suisse Romande.

    La question de savoir si l’existence de Pax Christi se justifie toujours

    à l’heure actuelle pouvait paraître superflue: bien évidemment, la promotion de la paix dans le monde, à la lumière du message de l’Evangile, est

    plus que jamais prioritaire! La discussion a cependant permis de mettre en

    relief un certain nombre de problèmes auxquels le mouvement doit faire face, notamment en ce qui concerne son impact auprès du public.

    Le mouvement aimerait élargir son audience, et toucher davantage de jeunes. Or, nos contemporains éprouvent aujourd’hui de plus en plus de réticence à s’engager dans une structure. Pour être efficace et susciter l’intérêt, l’organisation doit donc chercher à proposer des activités ponctuelles et concrètes, comme par exemple le prochain Rassemblement oecuménique

    sur la réconciliation, qui aura lieu en 1997, a souligné Jean-François

    Rickel, président sortant de Pax Christi-Genève.

    Les jeunes s’engagent différemment

    A propos du recrutement problématique des jeunes, Mgr Grab indique qu’il

    a l’habitude de suggérer aux adolescents qui se préparent à la confirmation

    différentes possibilités d’engagements au sein de mouvements comme la JEC,

    la JOC ou l’ACAT, mais qu’il lui paraît moins facile de leur proposer d’entrer à Pax Christi, à 16 ans. Cependant, si la coordination est dynamique

    et l’insertion aisée... pourquoi pas? Reste à savoir dans quelle mesure Pax

    Christi est capable de mobiliser les jeunes par le biais de son bulletin.

    De nos jours, les jeunes s’engagent différemment, estime Mgr Grab. On ne

    peut plus les recruter par des circulaires ou des invitations, mais par un

    contact personnel. Il faut qu’ils rencontrent des gens "mordus" qui les entraînent et les passionnent.

    "Pax Christi agit inégalement dans deux directions", a pour sa part commenté Jean-Claude Huot. Et d’expliquer que sur le plan institutionnel, il a

    de l’impact. Sur le plan populaire, en revanche, on observe un net déficit.

    "On n’arrive pas à toucher le chrétien moyen". C’est pourquoi le secrétaire

    de "Justice et Paix" préconise, lui aussi, de mobiliser les jeunes autour

    d’événements ponctuels limités dans le temps, tout en rêvant de voir s’établir à l’avenir, dans chaque paroisse et chaque communauté, des groupes

    "d’artisans de paix" qui travaillent à la solution des conflits.

    Nouvelle dynamique

    Etienne de Jonghe a apporté de son côté quelques précisions intéressantes sur la nouvelle dynamique qui anime le mouvement aujourd’hui. Si les

    grands thèmes qui inspirent sa démarche restent bien entendu les mêmes que

    ceux des débuts (la réconciliation, la sécurité, les droits de l’homme...),

    et si son mode de travail comporte toujours ces trois volets essentiels que

    sont la prière, l’étude des problèmes de paix et l’action, Pax Christi privilégie depuis quelques années "l’aspect rencontre", en organisant avec ses

    jeunes membres des séminaires sur le thème de la paix, de l’objection de

    conscience, etc. Une nouvelle dimension de travail s’annonce. Pax Christi

    est en particulier très sollicité à l’heure actuelle pour des actions directes, par exemple au Rwanda ou au Burundi. Il a aussi pris une part active à l’envoi d’observateurs en Afrique du Sud lors des élections en 1994.

    Questions (im)pertinentes

    La table ronde a donné lieu à quelques questions et remarques pointues.

    Une participante, membre de la section jurassienne, a déploré le fait que

    ce sont souvent les gens qui "font l’Eglise" qui mettent des bâtons dans

    les roues lorsque Pax Christi engage une action de sensibilisation auprès

    des jeunes, notamment dans le cadre d’une réflexion sur l’objection de

    conscience ou des déserteurs d’ex-Yougoslavie. Quant à un membre de la section genevoise, il s’est interrogé sur l’orientation de Pax Christi dans le

    domaine de la non-violence. Le mouvement se reconnaît-il comme non-violent

    ou pas? La réponse est mitigée: ce n’est pas un mouvement "pacifiste" au

    sens strict du terme, mais il a une option préférentielle pour la non-violence. Enfin, une remarque qui, bien que dépassant le cadre du débat à proprement parler, n’en mérite pas moins attention: de nos jours, a estimé

    l’un des participants, les prêtres ne savent plus parler aux jeunes. C’est

    pour ça qu’il y a désaffection des jeunes par rapport à l’Eglise. Il faudrait que le clergé fasse un effort de communication.

    Lors de sa session, l’assemblée statutaire a par ailleurs élu un nouveau

    membre au comité en la personne d’Odile Montavon, de Delémont. (apic/glthpr)

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