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    apic/Paris/ essais/ nucléaires

    Paris: Rencontre entre Chrirac et le président (210995)

    de l’Eglise évangélique de Polynésie française

    "Essais nucléaires: une explosion dans le ventre de notre mère!"

    Paris, 21septembre(APIC) "Pour nous habitants de Polynésie, une explosion

    nucléaire sous la terre équivaut à une explosion dans le ventre de notre

    mère". Tel est le centre du message apporté jeudi au chef de l’Etat français par le pasteur Jacques Ihorai, président de l’Eglise évangélique de

    Polynésie française (EEPF). La délégation polynésienne a tenu par ailleurs

    à préciser qu’il n’était pas juste de faire l’amalgame entre le rejet des

    essais nucléaires et les positions du parti indépendantiste.

    "Ce n’est qu’après mûre réflexion au cours de son synode que l’EEPF a

    décidé de descendre dans la rue pour manifester contre la reprise des

    essais nucléaires. Cette marche est à notre inititaive, mais c’est la

    marche de tout un peuple", a indiqué Jacques Ihorai.

    L’EEPF a tenu à faire valoir trois arguments auprès du président de la

    République française. L’Eglise évangélique, à l’instar de beaucoup d’autres, se prononce contre la bombe et pour une paix sans menace. Elle considère en outre que le nucléaire est un danger pour la création de Dieu en

    Polynésie. Enfin "pour nous Maohis, la terre est la mère nourricière. Une

    explosion nucléaire souterraine équivaut à nos yeux à une explosion dans le

    ventre de notre mère", a souligné le pasteur Ihorai.

    Comme prévu, le président Chirac a exprimé sa ferme volonté de réaliser

    l’ensemble des essais nucléaires, arguant qu’il y allait des engagements

    stratégiques de la France. Il a par ailleurs renouvelé son engagement d’y

    mettre un terme dès 1996.

    "Le plus important pour nous était de transmettre notre message et de

    faire valoir notre culture", a relevé la délégation polynésienne. "Nous

    avons profité aussi d’attirer l’attention du président sur les difficultés

    propres à notre économie, artificielle, sous perfusion et sur le grand désarroi des jeunes qui en sont exclus (...) Nous craignons que les violences

    ne se répètent en cas de nouvel essai et ne s’exercent cette fois non plus

    contre des biens, mais contre des personnes", a souligné Ralph Teinaré secrétaire général de l’EEPF.

    Les représentants de l’Eglise se sont également inquiétés du sort des

    personnes emprisonnées après les événements de Papeete. Ils ont demandé que

    les peines d’emprisonnement soient commuées en travaux d’utilité publique.

    Le président a déclaré avoir donné l’ordre que la plupart soient relachés.

    A propos de l’avenir de la Polynésie après le démantélement du Centre

    d’expérimentation français, les responsables religieux ont déclaré avoir

    obtenu l’assurance que l’Etat français continuerait à verser pendant dix

    une aide équivalente à la "manne nucléaire" afin de soutenir le développement de la Polynésie. Les émeutes de 1987 n’ont pas vraiment ouvert les

    yeux des pouvoirs publics. "Nous voulons avant tout plus de justice et un

    meilleur contrôle de la distribution de l’argent", ont-ils conclut. (apicjcn/mp)

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