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    apic/Paris/Des jeunes meurent dans la rue/Cri d’alarme/Eglise interpellée

    Paris:Des jeunes S.D.F. meurent dans la rue (210197)

    Une association chrétienne lance un cri d’alarme

    Paris, 21janvier (APIC) Des jeunes meurent dans la rue en plein centre de

    Paris. L’association "Aux Captifs la Libération" (ACLL) vient de tirer la

    sonnette d’alarme: "Les gens de la rue ne meurent pas seulement de froid,

    mais également de violences, de sida, d’overdose, d’alcoolisme... Ces

    jours-ci, un jeune est mort d’une overdose suicidaire, un autre de tuberculose non soignée. Age moyen de décès: 36 ans."

    Les volontaires de l’association, membre d’une équipe locale, effectuent

    chaque semaine, sur le territoire de quatre paroisses autour du Forum des

    Halles, une tournée de rue ou une permanence d’accueil. Ils se retrouvent

    une fois par mois pour un temps de prière qui réunit les bénévoles de la

    rue, et deux fois par trimestre pour une révision de vie. Ces bénévoles

    sont tous les jours en contact avec les jeunes SDF (Sans domicile fixe) du

    Forum des Halles, du Centre Beaubourg et de la rue Saint-Denis.

    Pour dresser son dramatique état des lieux, l’ACLL s’appuie sur une étude réalisée par un médecin de santé publique, Catherine Barthe-Dejean: 87%

    des SDF présentent des "pathologies manifestes nécessitant des soins" (signes de traumatismes, maigreur, problèmes dermatologiques...), 35% sont

    "polytoxicomanes" (alcool, drogues, médicaments) et leur état psychique

    "relève du registre psychotique" (sentiments de persécution, troubles de la

    notion de l’espace et du temps, propos délirants...).

    Des milliers de SDF dans Paris

    600 personnes (79% d’hommes et 21% de femmes; âge moyen: 37 ans) se

    réfugient chaque matin dans la station de métro Châtelet-Les Halles, selon

    la RATP. Causes de décès: le sida (20%), overdose, morts violentes (assassinats, noyade, accidents...) et suicides. Lieux de décès: voie publique

    (34%), hôpital (25%), chambres d’hôtes ou squatts (19%). Les bénévoles

    de l’ACLL ont approché en un an quelque 2.500 SDF. Selon l’association, le

    phénomène se développe autour des Gares du Nord et de l’Est.

    Des réponses bienveillantes... pendant ce temps, des gens meurent

    Envoyé en 1968 par l’archevêque de Paris auprès des jeunes de la rue, le

    P. Patrick Giros se consacre désormais à plein temps à l’ACLL. En novembre,

    il a alerté plus de cent personnalités politiques, a-t-il confié au journal

    "La Croix". Il a reçu une trentaine de réponses, notamment du ministre concerné, Xavier Emmanuelli, du cabinet d’Alain Juppé, des adjoints de Jean

    Tibéri, le maire de Paris. "Des réponses bienveillantes, mais, pendant ce

    temps, d’autres gens meurent", soupire-t-il.

    L’ACLL réclame dans son appel "des solutions urgentes dans les lieux

    d’accueil de jour". Le P. Giros a repris sa plume pour interpeller les pouvoirs publics, car cela fait plus de trois ans que l’association demande

    des subventions pour ouvrir avec Emmaüs un centre de jour à deux pas du

    Centre Pompidou. Emmaüs s’apprête à en ouvrir un dans le même quartier,

    mais qui risque d’être très vite saturé.

    L’ACLL préconise enfin ce qu’elle fait depuis quinze ans, du Bois de

    Boulogne au Canal Saint-Martin, avec une centaine de bénévoles: aller dans

    la rue, par équipes de deux, les mains nues, à la rencontre de "ceux qui

    ont d’abord besoin de retrouver leur identité".

    "Les gens de la rue sont un don" et l’Eglise ne peut s’en désintéresser

    Ceux qui sont pour le P. Giros "notre chemin de conversion". "Nous avons

    à rappeler que l’Eglise ne peut pas se désintéresser des petits, sinon elle

    deviendrait infidèle à elle-même", dit-il à "La Croix". Il ajoute: "Les

    gens de la rue sont pour moi un don. Ils nous renvoient à nos propres limites, à nos maladies, à nos échecs... Ils nous rappellent qu’on ne réussit

    pas tout." (apic/cx/cip/mp/be)

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