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    apic/Pape/Voyage(Hongrie

    Visite de Jean-Paul II en Hongrie, vendredi 6 et samedi 7 septembre

    Un test pour la santé du pape, avant son voyage en France? (040996)

    Rome, 4septembre(APIC) Le 73e voyage de Jean-Paul II hors d’Italie, qui

    le conduira les 6 et 7 septembre en Hongrie, est un nouveau test pour la

    santé du pape. Jean Paul II a donné quelques signes de faiblesse cet été, à

    dix jours d’un voyage très attendu - objet de polémique - en France, du 19

    au 22 septembre prochain. Ce voyage en Hongrie aurait pu être celui de la

    rencontre historique entre le pape et Alexis II. Ce dernier s’étant abstenu, ce bref séjour perd du coup de son relief international.

    A l’avant veille du départ pour Budapest, la capitale hongroise, l’état

    de santé de Jean-Paul II, qui porte ses 76 ans, est apparu comme stabilisé

    lors de l’audience générale du mercredi qu’il a donnée en plein air place

    Saint-Pierre pendant une heure et demie, devant 15’000 personnes pèlerins.

    Jean-Paul II se posera à Budapest dans la matinée de vendredi pour se

    rendre aussitôt par hélicoptère à l’abbaye de Pannonhalma, située à 100 km

    à l’est de la capitale hongroise. Pannonhalma fête le millénaire de sa fondation par Charlemagne. L’empereur y fit ériger une église en remerciement

    pour une victoire contre les barbares, église qu’il dédia à saint Martin de

    Tours, natif de cette région. L’abbaye de Pannonhalma est le but principal

    de ce deuxième voyage du pape en Hongrie après son périple d’août 1991.

    En ce haut lieu culturel - la bibliothèque recèle 350’000 volumes anciens - et religieux, le pape rencontrera le président de la République,

    Arpad Goncz, puis un groupe de personnes âgées et d’infirmes. Il célébrera

    ensuite les vêpres du millénaire dans la basilique de l’abbaye, où il priera pour l’unité des chrétiens.

    Un grand absent

    Un grand absent à cette cérémonie: le patriarche russe orthodoxe Alexis

    II. Le Père Abbé de Pannonhalma, Asztrik Varsegi, l’avait en effet invité

    officiellement en avril 1995 à venir aux cérémonies du millénaire. Pendant

    une année, tout a été fait pour favoriser cette rencontre historique entre

    le patriarche et le pape.

    Toutefois, en juillet dernier, Alexis II a dû décliner l’invitation sous

    la double pression d’une crise ouverte avec le Patriarcat de Constantinople

    et du refus d’une partie du Saint Synode de l’Eglise russe de faire un pas

    en direction des catholiques. Du coup, le bref voyage de Jean-Paul II en

    Hongrie perd de son relief international, même si, sur un plan hongrois, il

    reste de première importance.

    Le désenchantement des Hongrois

    Les Hongrois vivent en effet dans la désillusion la plus totale. Le pape

    ne devrait pas retrouver les foules enthousiastes de l’été 1991, encore

    dans l’euphorie de la liberté retrouvée, devant lesquelles il avait prononcé, au coeur de l’Europe, un important discours sur le droit des minorités.

    Aujourd’hui, la crise économique est à l’ordre du jour, avec en particulier une inflation proche de 25 %. "Les Hongrois sont vraiment désespérés,

    en raison d’un niveau de vie très bas et de la situation générale. Nous attendons de Jean-Paul II qu’il nous apporte une nouvelle inspiration, pour

    l’Eglise et pour le pays", confie le père Lazslo Lukacs, porte-parole de la

    conférence épiscopale hongroise.

    Les évêques hongrois viennent d’ailleurs de publier une lettre pastorale

    de 70 pages où ils dénoncent une situation "d’après guerre": "le chômage a

    augmenté, écrivent-ils, les retraites ont baissé dramatiquement, le nombre

    des pauvres et des sans-abri ne cesse de croître tandis que les riches deviennent de plus en plus riches." Les évêques dénoncent aussi le manque de

    démocratie: "L’ancien système avait concentré le pouvoir dans les mains de

    quelques-uns. Rien n’a changé, on empêche les petits de faire valoir leurs

    propres droits. Il est nécessaire de créer un dialogue entre les puissants

    et la population".

    Les soucis des évêques

    Une population que Jean-Paul II rencontrera samedi, lors de la messe en

    plein air à l’Ipari Park de Gyor, à 10 km de Pannonhalma, l’une des plus

    anciennes citées hongroises. Selon l’épiscopat, 160’000 fidèles l’y attendront. Suivra un repas avec les 27 évêques hongrois, au palais épiscopal de

    la ville, et un discours de Jean-Paul II.

    Les évêques s’entretiendront avec le pape de leur motifs d’espérance et

    de leurs difficultés, dont la première est le manque de prêtres - 1 pour

    2’500 habitants - et le vieillissement du clergé, qui n’a pu être remplacé

    pendant la période communiste. Si le nombre de séminaristes est passé de

    300 en 1978 à 474 en 1994, ce n’est pas suffisant, selon les évêques, 40 %

    des paroisses n’ont en effet pas de prêtres.

    La seconde difficulté est la sécularisation galopante. Si 64,6 % des

    hongrois se disent catholiques, bien peu pratiquent. Une des statistiques

    les plus fiables annonce un taux de pratique de 15 %, en incluant tous les

    chrétiens, catholiques et protestants. Cette même statistique indique que

    plus de la moitié des pratiquants ont plus de cinquante ans, et à peine 10

    % moins de 29 ans. "Nous sommes en terre de mission", concluent les évêques.

    Troisième problème, le statut de l’Eglise et ses relations avec l’Etat.

    Le sort de 3’500 anciennes propriétés de l’Eglise, confisquées à l’époque

    communiste et non encore restituées, est sans solution depuis trois ans,

    date à laquelle les négociations entre l’Etat et l’Eglise se sont bloquées.

    De même, le financement par l’Etat des activités de l’Eglise, prévu dans la

    nouvelle Constitution, n’a pas été réévalué depuis trois ans malgré l’inflation. Quand il est effectivement versé, les autorités locales détournant

    souvent ces fonds pour des besoins qu’elles jugent plus urgents...

    Sur la tombe de Mgr Vilmos Apor

    Après cette rencontre avec les évêques, le pape observera un temps de

    repos avant de recevoir le Premier Ministre Gyula Horn, dans le même palais

    épiscopal de Gyor. Après cette entrevue de 25 minutes, Jean-Paul II gagnera

    à pied - une cinquantaine de mètres - à la cathédrale de Gyor pour une rencontre avec des représentants du diocèse.

    Dans cette église, le pape s’inclinera sur la tombe du Serviteur de Dieu

    Vilmos Apor, un évêque mort en 1945 d’un coup de pistolet tiré par un soldat russe parce qu’il s’interposait pour empêcher le transfert des femmes

    et jeunes filles de Gyor, qui s’étaient réfugiées à l’évêché pour fuir

    l’arrivée de l’armée rouge. Ce pèlérinage accompli, Jean-Paul II reprendra

    l’avion pour Rome, où il arrivera samedi à 21h30. (apic/imed/pr)

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