Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 113 lignes (max. 75 signes), 1266 mots et 8194 signes.

    apic/Pape/Slovénie

    Slovénie: 71e voyage de Jean-Paul II, du 17 au 19 mai Vers une embellie

    dans les relations entre l’Eglise et l’Etat? (140596)

    Rome 14mai(APIC) Le pape Jean Paul II effectuera en Slovénie son 71e

    voyage apostolique hors d’Italie. Du 17 au 19 mai prochains, il y vivra diverses rencontres, dont celles qui l’attend avec les jeunes, le jour de son

    76e anniversaire, le 18 mai.

    Du vendredi 17 au dimanche 19 mai, le pape visitera en effet la Slovénie, un "petit" Etat (20’000 km2, de 1,94 million d’habitants, dont 86% de

    catholiques, selon le Vatican) situé aux confins de l’Italie, de la Hongrie

    et de l’Autriche, qui fut le plus petit, mais aussi le plus riche parmi les

    Etats de l’ex-Fédération Yougoslave. La Slovénie a proclamé son indépendance en 1991.

    Ljubjana, la capitale, sera la première étape de ce 71e voyage de JeanPaul II. Le 18 mai, jour de ses 76 ans, le pape y vivra une rencontre avec

    50’000 jeunes. Le 19 mai, il sera à Maribor, à deux pas de la frontière autrichienne, où il rencontrera notamment le monde de la culture. Le programme de la visite prévoit également une messe solennelle chaque jour ainsi

    que les rencontres habituelles avec les autorités politiques.

    Plutôt que de la question de la guerre des Balkans, le grand thème qui

    devrait être abordé par Jean-Paul II est celui de la difficile réinsertion

    des pays d’Europe centrale dans le concert européen, indique-t-on de source

    vaticane. En effet, si la Slovénie a fait partie de la Yougoslavie, ses pôles d’intérêts l’ont toujours orientée vers l’Europe occidentale. Vers

    l’Autriche et l’Allemagne ebn particulier. Son indépendance, proclamée le

    25 juin 1991, n’a d’ailleurs guère fait problème: après un référendum (23

    décembre 1990), qui l’a approuvée à 88,5 %, le divorce avec la Yougoslavie

    fut réglé à l’amiable après une "guerre" de dix jours (juillet 1991) qui ne

    fit que quelques victimes.

    Un lien particulier avec le Saint-Siège

    Entre la Slovénie et le Saint-Siège, il existe un lien particulier dans

    la mesure où le Vatican a été le second Etat (après l’Allemagne) à reconnaître son indépendance, le 13 janvier 1992, deux jours avant la Communauté

    Européenne. Le 11 janvier 1992, le pape avait justifié cette décision imminente devant le corps diplomatique: "Les peuples ont le droit de choisir

    leur manière de penser et de vivre ensemble." Cette "audace" fut longtemps

    reprochée au Saint-Siège, certains y voyant l’amorce du conflit yougoslave

    - et donc une part de responsabilité du Saint-Siège.

    Mgr Jean-Louis Tauran, ministre des affaires étrangères du Vatican, a

    répondu à ces critiques le 28 décembre 1992, dans une interview au journal

    "Le Monde": "Lorsqu’il a été clair que, en raison des hostilités provoquées

    par la Serbie à l’encontre de la Slovénie et de la Croatie, le conflit prenait davantage d’ampleur, que l’armée fédérale se faisait l’alliée des milices et décimait la population civile, nous avons estimé qu’il fallait

    mettre un terme au conflit dans le respect des principes du droit international. Avons nous pris une position de pointe? Disons que nous avons voulu

    secouer l’opinion. Il y avait un manque terrible de volonté politique chez

    les Européens".

    Les relations entre le nouvel Etat Slovène et le Vatican se sont quelque

    peu brouillées sur un problème devenu désormais classique dans les ex-pays

    communistes: la restitution des biens de l’Eglise confisqués par l’Etat. Le

    20 juin 1995, lors d’une réunion de la commission mixte chargée d’appliquer

    la loi de restitution de décembre 1991 (qui ne s’était pas réunie depuis un

    an), le gouvernement a fait savoir publiquement qu’il entendait régler ces

    questions directement avec les évêques, mais "sans le Vatican". Une condition qui a fait bondir la Conférence épiscopale, également en conflit avec

    les autorités politiques sur la question du statut juridique de l’Eglise.

    L’année 1996 a vu augmenter la tension entre le gouvernement et les huit

    évêques du pays, l’Eglise ayant même été accusée d’être "politiquement

    agressive" et de chercher à "conquérir pouvoir et richesses". Le premier

    ministre Janoz Drnovsek confirmait en janvier dernier: "les relations sont

    si mauvaises qu’elles peuvent difficilement empirer".

    Une Eglise bien portante

    La Slovénie compte trois diocèses: Ljubljana, le siège métropolitain,

    occupé par Mgr Alojzij Sustar, démissionnaire, 75 ans (qui fut auparavant

    vicaire épiscopale de Coire, en Suisse), Maribor et Koper.

    Au plan pastoral, l’Eglise catholique, majoritaire dans le pays semble

    ne pas si mal se porter. Les sondages montrent un attrait grandissant des

    jeunes pour l’Eglise même s’ils ne partagent pas toujours l’ensemble de ses

    positions. Quant aux vocations sacerdotales, leur taux est deux fois supérieur à la moyenne européenne. L’Eglise - et Jean-Paul II le tout premier bénéficient d’un fort capital de sympathie accumulé pendant les années de

    résistance au pouvoir communiste.

    Par ailleurs, l’Eglise a joué un rôle certain dans la préservation de

    l’unité culturelle de ce pays où règne une relative symbiose entre la géographie, l’ethnie et la culture. Cela dit, l’Eglise Slovène n’échappe pas

    aux défis posés par l’entrée dans le concert d’une économie de marché fondée sur un libéralisme global. Du point de vue de l’évangélisation, l’enjeu

    est commun à tous les pays d’Europe centrale. Le pape, qui parle le slovène, ne devrait pas manquer d’aborder cette question, comme il l’a toujours

    fait lors de ses voyages en Europe depuis la chute des murs.

    L’Eglise slovène aurait aimé que ce voyage soit l’occasion de béatifier

    Mgr Anton Slomsek, mais le Vatican a fait savoir que le procès n’était pas

    encore achevé. Le 19 mai, à Maribor, le pape ira se recueillir sur la tombe

    de ce pasteur vénéré par cette Eglise. A noter enfin une "lettre ouverte",

    écrite la semaine dernière par M. Geza Ernisa, au nom de 18’000 protestants

    du pays, demandant que l’Eglise catholique, qui ne s’est "jamais repentie"

    pour la Contre-Réforme, "rattrape son retard" à l’égard des protestants.

    La prospérité ne profite pas à tous

    Sur le plan économique, la Slovénie affiche une croissance que pourrait

    envier plusieurs pays occidentaux: la progression du Produit Intérieur Brut

    avoisine les 5% par an, le Produit Intérieur Brut par tête est passé de

    6’366 dollars en 1993 à 9’052 dollars en 1995; pour la même période, l’inflation est passée de 22,9% à 6%, le taux de chômage de 9,1% à 7,4%. Mais

    l’embellie profite surtout aux classes moyennes et supérieures, et 13% des

    Slovènes vivent encore sous le seuil de pauvreté.

    Certains s’inquiètent par ailleurs des moeurs politiques en vigueur dans

    le pays, où les anciens cadres du "Parti" sont presque tous restés en place. La corruption est dénoncée par l’opposition, qui accuse le parti au

    pouvoir de détourner les bénéfices de la croissance au profit d’intérêts

    privés. Ces éléments, sans parler de tendances nationalistes extrémistes

    dénoncés par l’Eglise, montrent que la reconstruction de la société slovène

    est loin d’être achevée après cinq années d’indépendance, un thème que le

    pape devrait également traiter.

    La Slovénie dans la "famille des nations"

    Au plan international enfin, il est probable que le pape abordera la

    question de la responsabilité géopolitique de la Slovénie, trait d’union

    entre l’Europe et l’Ex-Yougoslavie, et qui pourrait jouer un rôle dans la

    mise au point d’une nouvelle formule de relations entre les pays de toute

    cette zone. Passé le temps de l’indépendance politique et des conflits, la

    nécessité de retisser des relations entre les pays est bien à l’ordre du

    jour. Jean-Paul II qui a toujours défendu le principe de l’indépendance des

    nations, aussi petites soient-elles, est également le promoteur de l’idée

    de "famille des nations", qu’il a défendue en octobre 1995 devant les Nations Unies et dont il voit aussi une application directe en Europe centrale.

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus