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    apic/Pape/Pladoyer femme

    Rome: Le pape accueille la secrétaire générale de la Conférence de Pékin

    Plaidoyer de Jean Paul II pour la femme (260595)

    Rome, 26mai(APIC) "Le Saint-Siège n’a aucunement l’intention de limiter

    l’influence et l’activité de la femme dans la société", a déclaré le pape

    vendredi, en s’adressant au Vatican à Getrude Mongella, secrétaire générale

    de la IVe Conférence mondiale sur la femme, organisée par l’ONU, qui se

    tiendra du 4 au 15 septembre 1995 à Pékin.

    A son hôte qu’il recevait en audience, le pape a assuré qu’au contraire,

    l’Eglise reconnaît que la contribution des femmes pour le bien être et le

    progrès de la société est incalculable. "L’Eglise attend des femmes qu’elles fassent encore plus pour sauver la société des virus mortels de dégradation et de violences qui connaissent aujourd’hui une progression alarmante".

    La IVe Conférence sur la femme abordera le thème de l’action pour l’égalité, le développement et la paix. Le Saint-Siège, a relevé Jean Paul II,

    apprécie profondément l’initiative de l’ONU, tout en espérant qu’elle sera

    l’occasion de mener une réflexion sereine et objective sur cette question

    pour laquelle l’Eglise veut prendre une part active, ne serait-ce que pas

    sa délégation à Pékin, composée majoritairement de femmes. "L’Eglise attend

    des réponses objectives et réalistes aux souffrances, luttes et aspirations

    rencontrées par trop de femmes".

    Pour une reconnaissance juridique

    Quels seront les thèmes et principes défendus à cette occasion par

    l’Eglise catholique? Le premier d’entre-eux, selon le pape, concerne le

    fondement même de la question: "La reconnaissance de la dignité intrinsèque

    et inaliénable de la femme, et l’importance de la présence et de la participation des femmes dans tous les aspects de la vie sociale". Cette reconnaissance doit être d’ordre juridique, a-t-il dit. Elle doit donner des garanties légales aux droits et à la dignité de la femme autant qu’un avertissement aux différents pays pour que ceux-ci soient effectivement appliqués.

    Au-delà de la reconnaissance juridique, le Saint-Siège entend faire prévaloir sa vision de "l’égalité de la femme, qui ne signifie pas identité

    avec l’homme". Une vision uniforme, selon l’Eglise, aurait pour conséquence

    d’appauvrir les femmes et toute la société, en déformant ou en perdant la

    richesse irremplaçable de la féminité. "Au contraire, c’est une vision de

    complémentarité que propose l’Eglise entre l’homme et la femme".

    Autre point contre lequel l’Eglise devrait insister à Pékin, a poursuvi

    Jean Paul II, une conception erronée de la maternité, perçue comme un facteur oppressif à l’encontre de la femme (...) qui s’opposerait à son accomplissement personnel, comme femme, et qui limiterait son influence dans

    la société. Au contraire, insiste le pape, la présence de la mère dans la

    famille est décisive pour la stabilité et la progression de cette unité de

    base de la société. Elle doit être reconnue, encouragée et soutenue par

    tous les moyens.

    Dans cette ligne, le pape rappelle aussi l’importance de la sécurité

    pour l’enfant, offerte par l’environnement stable de la vie de famille avec

    des parents responsables. Une valeur, a-t-il ajouté, qui doit être réétablie et réaffirmée autant qu’une attention particulière doit être portée au

    sort des filles, souvent plus menacées que les garçons pour l’éducation et

    la santé.

    Pour de profonds changements

    Le pape compte sur la Conférence de Pékin pour que soit consolidée la

    dignité et la compétence de la femme, notamment dans les pays où elle n’est

    pas reconnue, respectée et appréciée. Il demande que de profonds changements aient lieu dans l’organisation de la société en vue de faciliter la

    participation de la femme à la vie publique, et que l’accès à la propriété

    et à la gestion des revenus soient permis aux femmes là où cela n’est pas

    encore le cas.

    "L’histoire, a conclu Jean Paul II, est écrite presque exclusivement

    sous la forme du récit des oeuvres accomplies par des hommes, alors qu’en

    fait, la meilleure part de l’histoire est très souvent modelée par l’action

    déterminée et persévérante des femmes pour le bien". Jean Paul II espère

    enfin que la Conférence de Pékin portera son attention à la terrible exploitation des femmes et des filles qui existe partout dans le monde. Il

    cite en particulier les "conditions inhumaines de travail" imposée aux femmes et aux enfants dans les pays en voie de développement. Il mentionne en

    outre dans cette ligne l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants,

    ainsi que l’avortement.

    Dernier point défendu par le pape: le devoir des Etats de protéger les

    femmes par une législation adaptée et des initiatives de sécurité sociale

    contre les effets de politiques de libre-marché économique. (apic/jmg/pr)

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