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    apic/pape/discours/corps diplomatique

    Rome: Le pape a reçu le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège

    Pour un arrêt immédiat des essais nucléaires (140196)

    Tour du monde politique: ombres et lumières

    Rome, 14janvier(APIC) Le pape Jean Paul II a demandé l’arrêt des essais

    nuclaires et une solution équitable pour le statut de Jérusalem, en recevant samedi le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Plus de

    160 représentants, dont celui du peuple de la Palestine, pour la première

    fois. Le pape s’est livré à un véritable tour du monde politique, constatant ici ou là l’évolution d’un climat de paix, mais déplorant un peu partout "encore trop de foyers de conflits".

    Au chapitre nucléaire, le pape, qui doit recevoir le 20 janvier prochain

    le président Chirac, n’a mentionné ni la France ni la Chine pour leurs essais, qui se poursuivent toujours. Il souhaite pour 1996 la conclusion d’un

    traité sur l’interdiction des essais nucléaires. Jean Paul II souhaite en

    outre que l’on arrive sans retard à un désarmement général. "Le Saint-Siège

    est d’avis que, dans le domaine des armes nucléaires, l’arrêt des essais et

    du perfectionnement de ces armes, le désarmement et la non-prolifération

    sont intimement liés et doivent être au plus tôt réalisés sous un contrôle

    international effectif".

    Le Proche-Orient a constitué l’un des thèmes central de son discours

    prononcé en français. Le pape a du reste qualifié d’éphémère une paix dans

    cette région qui n’engloberait pas une solution pour Jérusalem.. "La dimension religieuse et universelle de la Ville sainte réclame un engagement de

    toute la communauté internationale pour qu’elle conserve sa spécificité et

    qu’elle demeure une réalité vivante".

    Jean Paul II s’est dit satisfait de voir pour la première fois un représentant du peuple Palestinien participer à cette traditionnelle rencontre

    du pape avec le corps diplomatique. Une repésentation voulue, dans la foulée des relations diplomatiques qu’entretiennent depuis plus d’un an le

    Saint-Siège et Israël.

    Les carrefours de la paix

    Pour le pape, les Lieux saints, chers aux trois religions monothéistes

    sont certes importants pour les croyants, mais il perdraient beaucoup de

    leur signification s’ils n’étaient entourés de manière permanente par des

    communautés actives de juifs, de chrétiens et de musulmans, jouissant d’une

    authentique liberté de conscience et de religion. 1966, a dit Jean Paul II

    devrait voir commencer des négociations sur le statut définitif des territoires sous administration de l’autorité nationale palestinienne et également sur la délicate situation de la Ville de Jérusalem. "Je souhaite que

    la communauté internationale offre aux partenaires politiques des instruments juridiques et diplomatiques susceptibles d’assurer que Jérusalem,

    unique et sainte, soit vraiment un carrefour de paix". Le pape s’est dit

    convaincu que cette recherche de la paix et de la fraternité contribuera à

    donner des solutions à d’autres problèmes régionaux. Et de citer le Liban,

    dont la souveraineté reste menacée, et l’Iran: "Les populations attendent

    toujours de mener une existance normale, à l’abri de l’arbitraire".

    Autre carrefour appelé à devenir de la paix: la ville de Sarajevo, a dit

    le pape. Ne la nomme-t-on pas "la Jérusalem d’Europe". A propos d’un climat

    de paix qui semble également s’instaurer en certaines parties de l’Europe,

    Jean Paul II a bien entendu mentionné la Bosnie-Herzégovine: cette région a

    "pu bénéficier d’un accord qui devrait - nous l’espérons - sauvegarder sa

    physionomie tout en tenant compte de sa composition ethnique". Aux yeux du

    pape, l’Irlande du Nord continue, elle aussi, à s’acheminer vers un avenir

    plus serein.

    Parmi les signes encourageants, Jean Paul II a mentionné "l’évolution

    politique en Amérique du Sud, ainsi que les processus de paix engagés en

    Amérique centrale. "Au Nicaragua et au Salvador, les armes se sont tues. Au

    Guatémala, la réconciliation est en bonne voie. Le pape n’a fait allusion

    ni au Mexique, ni au Chiapas.

    Là où le sang coule toujours

    Mais les foyers de conflits plus ou moins larvés, qui tiennent des populations sous le joug "insupportable" de la violence, de la haine, de l’incertitude et de la mort, sont encore nombreux. Le pape pense à l’Algérie,

    où le sang coule presque chaque jour, à Chypre, une île divisée depuis

    1974. "Aucune solution n’a encore été trouvée".

    Le pape a ensuite porté son regard vers l’Orient, vers la Tchétchénie,

    et l’Afganistan. Au Cachemire et au Sri Lanka, les combats continuent à décimer les populations civiles. Quant aux habitants du Timor-Oriental, ils

    attendent toujours des propositions susceptibles de permettre la réalisation de leurs légitimes aspirations à voir reconnaître leur spécificité

    culturelle et religieuse.

    Dernier continent de ce tour d’horizon, l’Afrique, où le pape déplore la

    persistance de foyers de guerre et de conflits ethniques. Et de citer dans

    l’ordre le Libéria, la Somalie, la Sierra Leone, le Sud-Soudan, l’Angola,

    le Rwanda et le Burundi. "Ces conflits ne sont pas une fatalité", a-t-il

    répété en s’adressant aux responsables politiques africains, avant de faire

    allusion à son discours sur la "famille des Nations" et leurs droits prononcé en octobre dernier à la tribune de l’ONU, à New York.

    Jean Paul II a enfin rappelé son appel de l’an dernier en faveur de la

    solidarité avec l’Afrique déchirée, en impliquant toutefois vigoureusement

    la responsabilité des dirigeants politiques. Pour le pape, les nations

    africaines ne pourront recevoir l’aide internationale que si leurs dirigeants s’engagent vers la démocratie, le respect des droits de l’homme et une

    gestion rigoureuse des fonds alloués. Un avertissement en quatre points, en

    résumé: démocratie, droits de l’homme, gestion des fonds et renoncement à

    l’idéologie ethniqueLiberté religieuse encore bafouée

    Dernier chapitre de ce discours: la liberté de conscience et de religion, sujet de satisfaction à certains égards, mais de préoccupations aussi... Comme les pays de traditions chrétiennes accueillent les communautés

    musulmanes, certains pays à majorité musulmane accueillent eux aussi les

    communautés non ilamiques, leur permettant de construire leurs propres édifices culturels et d’y vivre selon leur foi. "D’autres, cependant, continuent à pratiquer une discrimination à l’égard des juifs, des chrétiens et

    d’autres familles religieuses, allant jusqu’à leur refuser le droit de se

    réunir en privé pour prier. Si aucun pays musulmans, comme l’Arabie saoudite, par exemple, n’a été nommément cité, le pape a mentionné la Chine et le

    Vietnam, où, "dans des contextes certes différents, les catholiques sont en

    butte à des obstacles constants".

    Jean Paul II a conclu son discours en réaffirmant l’engagement du Saintsiège pour la défense de valeurs telles que le respect de la vie, de la

    conscience, des droits humains les plus fondamentaux, de l’attention aux

    plus démunis, de la solidarité. "Donnons aux enfants un avenir de paix".

    Cette réception avait débuté par un discours prononcé par le doyen du

    corps diplomatique près le Saint-Siège, Joseph Amichia, ambassadeur de Côte

    d’Ivoire, qui a adressé au pape les voeux des représentants du monde présents samedi. Avant de se poursuivre par les remerciements de Mgr Angelo

    Sodano, secrétaire d’Etat. Qui a fait l’inventaire de l’action menée par le

    pape et par ses collaborateurs de la curie romaine durant l’année écoulée.

    (apic/pr)

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