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    apic/Pape/Bartholomée/Visite

    Rome: Début de la visite officielle du patriarche de Constantinople

    Rencontre au "sommet" entre l’évêque

    de la nouvelle Rome et celui de l’ancienne (270695)

    Rome, 27juin(APIC) Le "Sommet" entre l’évêque de la nouvelle Rome et celui de l’ancienne Rome a débuté mardi dans la capitale italienne. Le

    patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomée I est arrivé mardi à

    midi pour une visite officielle de trois jours (du 27 au 29 juin) à JeanPaul II et à l’Eglise de Rome. Les deux chefs d’Eglise chercheront à relancer un dialogue qui, au cours des dernières années, a enregistré des résultats importants mais a connu aussi de grandes difficultés.

    A son arrivée à l’aéroport, le patriarche a notamment été accueilli par

    les cardinaux Sodano, Secrétaire d’Etat, Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et Ruini, vicaire du

    pape pour le diocèse de Rome. Mgr Bartholomée Ier s’est ensuite rendu à la

    Tour Saint-Jean du Vatican, où le pape l’attendait. Cette tour, aménagée à

    l’initiative de Jean XXIII, avait déjà accueilli les deux prédécesseurs de

    Bartholomée, les patriarches Athenagoras et Dimitrios. Une autre rencontre

    avec le pape, en début de soirée, figure encore au programme de cette première journée.

    Après presque un millénaire d’isolement et de polémiques, Jean XXIII et

    le patriarche Athénagoras ont été les premiers à instaurer un nouveau climat. Mais Paul VI fut le premier pape à rencontrer, en janvier 1964, à Jérusalem, un patriarche de Constantinople. Le 7 décembre 1965, à la veille

    de la conclusion du Concile Vatican II, Paul VI, à Rome, et le patriarche,

    au Phanar, à Constantinople, "effacèrent" les excommunications réciproques

    que leurs prédécesseurs avaient lancées en 1054 et qui avaient marqué la

    division entre l’Orient et l’Occident.

    En juillet 1967, Paul VI effectuait un pèlerinage en Turquie, et en octobre suivant, le patriarche Athénagoras lui rendait sa visite à Rome.

    La pomme de discorde

    Après le "dialogue de la charité", avec la visite de Jean-Paul II au patriarche Dimitrios I (successeur du patriarche Athénagoras) en 1979, s’instaura le "dialogue théologique" entre catholiques et orthodoxes. Le patriarche oecuménique (Bartholomée a succédé à Dimitrios en 1991).

    Entamé avec espoir et joie, ce dialogue a été à certains moments presque

    rompu par deux problèmes - uniatisme et prosélytisme - qui ont éclaté avec

    la chute du mur de Berlin et la dissolution de l’Union Soviétique et des

    régimes socialistes de l’Europe de l’Est.

    On appelle "uniates" les groupes orthodoxes qui, dans les siècles passés

    - à la fin du XVIe dans l’Ukraine actuelle, au XVIIe en Roumanie ... - firent union avec Rome, qui leur laissa leurs rites orientaux et leur discipline.

    L’uniatisme est la pomme de discorde entre catholiques et orthodoxes;

    les premiers disent que les Eglises orientales unies à Rome sont le résultat d’un libre choix ecclésial, et le retour à la situation de paix entre

    l’Orient et l’Occident qui existait durant le premier millénaire; les autres répondent que Rome, profitant de sa puissance et de ses alliances politiques, a voulu frapper au coeur les Eglises orthodoxes en les divisant

    par la "trahison".

    C’est dans ce contexte que, dans les années 90 - surtout en Russie, en

    Ukraine et en Roumanie - des tensions ont surgi entre orthodoxes et catholiques. Le patriarche Alexis II de Moscou (chef de la plus nombreuse Eglise

    orthodoxe) a accusé le Vatican de profiter de la "faiblesse" d’une Eglise

    qui a subi 70 ans de régime communiste pour donner un nouvel essor à

    l’uniatisme et au prosélytisme.

    Le document de Balamand

    Enfin, en 1993, la commission internationale pour le dialogue théologique catholique-orthodoxe, à Balamand, au Liban, a signé un document par lequel les deux parties s’engageaient à respecter la liberté de conscience

    des catholiques de rite oriental, tout en reconnaissant que l’uniatisme

    n’est pas le "modèle" d’une possible réconciliation future entre orthodoxes

    et catholiques.

    Dans la lettre apostolique "Orientale lumen" (2 mai 1995), et dans son

    encyclique "Ut unun sint" (25 mai 1995), le pape a réitéré son engagement à

    respecter les Eglises orthodoxes "soeurs" et son refus du prosélytisme.

    Mais le patriarche Bartholomée a critiqué la lettre apostolique qui, à son

    avis, met sur le même pied "uniates" et "orthodoxes".

    Pendant son séjour à Rome, le patriarche aura deux rencontres privées

    avec le pape, et plusieurs rendez-vous avec des personnalités de l’Eglise

    de Rome. Le point culminant de la visite aura lieu le jeudi 29 juin lorsque, en assistant à la messe du pape pour la fête de Saint-Pierre, le patriarche Bartholomée prononcera son homélie dans la Basilique vaticane, et

    à midi, avec le pape, bénira, de la loge de Saint-Pierre, les fidèles. Un

    spectacle extraordinaire pour les gens, mais aussi une action chargée de

    signification théologique. (apic/eni/pr)

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