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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    apic/Pape/Afrique/Voyage

    Le pape à la veille d’un nouveau voyage en Afrique

    Pour proclamer les fruits du Synode africain tenu en 94 à Rome (120995)

    Cameroun, Afrique du Sud et Kenya, du 14 au 20 septembre

    Rome, 11septembre(APIC) Le pape Jean Paul II entamera le 14 septembre un

    nouveau périple en Afrique, le 11e sur ce continent, qui le mènera successivement et jusqu’au 20 septembre à Yaoundé (14 - 16 sept.), au Cameroun, à

    Johannesbourg et Pretoria (Afrique du Sud), du 16 au 17, puis dans la capitale du Kenya, Nairobi, où il arrivera le 18, avant de regagner Rome le 20

    septembre. Ce voyage s’inscit dans la foulée du Synode des évêques pour

    l’Afrique. Dans les trois pays, le pape présidera chaque fois une session

    synodale de l’Assemblée spéciale de ce Synode.

    Selon des sources proches du pape, Jean Paul II aurait souhaité terminer

    son voyage africain par une escale en Tunisie, d’où il aurait lancé un appel pour la paix en Algérie. Les négociations avec le gouvernement tunisien

    n’ont pas abouti à un accord et le pape a dû renoncer à cette étape.

    Au cours de ce 67e voyage hors d’Italie, Jean Paul II proclamera et célébrera solennellement avec les Eglises d’Afrique les fruits du Synode

    africain tenu à Rome du 10 avril au 8 mai 1994. Ces éléments sont contenus

    dans l’exhortation apostolique "Ecclesia in Africa", que le pape présentera

    la première fois le 15 septembre à Yaoundé "aux évêques, aux prêtres et aux

    diacres, aux religieux et religieuses et à tous les fidèles laïcs "sur

    l’Eglise en Afrique et sa mission évangélisatrice vers l’an 2000"

    Le document se présent sous la forme d’une brochure de quelque 150 pages, contenant 7 chapitres et une conclusion.

    La célébration se déroulera en deux parties dans chacun de ces pays que

    le pape visitera. La première, la célébration liturgique présidée par le

    pape et ouverte au grand public. Durant les sessions, l’exhortation apostolique post-synodale sera présentée aux divers membres de l’Eglise.

    La seconde partie a un rôle plus académique. Elle est réservée aux spécialistes. Non seulement l’exhortation sera présentée, mais il y aura aussi

    les interventions des invités représentant les chrétiens, les religions

    traditionnelles africaines et les communautés musulmanes. Un des évêques

    donnera de plus un aperçu de l’impact du Synode sur la région ecclésiastique.

    Un thème par pays visité

    Afin de donner une image claire des sessions, un thème a été attribué à

    chaque pays hôte. Au Cameroun, la session du Synode se tiendra autour du

    thème de l’inculturation, avec un accent particulier sur la famille de Dieu

    et le rôle des théologiens et des universités.

    Le thème attribué à l’Afrique du Sud est Justice et Paix, tandis qu’au

    Kenya, la célébration sera centrée sur les agents et les moyens d’évangélisation.

    Cette visite de Jean Paul II en Afrique mènera à sa fin le processus du

    Synode qui a été mis en route il y a six ans lorsque le pape annonçait son

    intention de convoquer une Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des

    évêques.

    Un Conseil préparatoire avait assisté le secrétariat du Synode des évêques dans l’élaboration des "lineamenta" ou les grandes lignes du thème du

    Synode. Une large consultation avait ensuite permis l’élaboration de l’"Instrumentum laboris", le document de travail, avant la rencontre des évêques

    africains à Rome, au printemps 1994.

    Entre enthousiasme et déception

    Annoncé le 6 janvier 1989, le Synode africain s’est finalement tenu à

    Rome. Sa convocation a été le fruit d’un compromis entre les partisans

    d’uin Concile africain et ceux qui s’opposaient à cette idée par crainte de

    l’aspect revendicatif que pourrait comporter un rassemblement continental.

    La partie romaine du Synode a abouti au vote de deux documents: le "Message", rendu public le 6 mai 1994, et les "Propositions" transmises au pape

    en vue de la rédaction de l’exhortation post-synodale par une commission

    composée de 12 membres. Les textes connus jusqu’ici (messages et propositions) insistent notamment sur l’inculturation de la vie chrétienne dans

    tous ses aspects - la question de la vénération des ancêtres, par exemple,

    a été débloquée - ainsi que sur les questions de société: justice, paix,

    dette, vente d’armes...

    Le Synode africain a suscité enthousiasme et déception. Les uns se réjouissent de la relance de l’évangélisation "vers le grand jubilé de l’an

    2000"; d’autres, confrontés à la vie quotidienne des communautés, ont l’impression que le Synode s’est passé bien loin d’eux et n’a entraîné aucun

    changement concret; quelques-uns, enfin, expriment leur regret face au caractère centralisateur de l’Eglise romaine. A leurs yeux, il n’est pas nécessaire que le service d’unité dévolu au successeur de Pierre passe par le

    droit latin. Ils souhaitent l’émergence d’un droit ecclésiastique africain.

    Du Cameroun au Kenya

    Il s’agira du deuxième voyage du pape au Cameroun, le premier s’étant

    déroulé en 1985. Avec une superficie de 475’000 km2, le pays a des frontières communes avec le Nigeria à l’Ouest, le Tchad et la République Centrafricaine à l’Est, le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale au sud. Sa

    population approche les 12 millions d’habitants.

    Le pays connaît une forte diversité ethnique et culturelle. On y parle

    une centaine de langues locales... Le 90% du territoire est cependant sous

    influence francophone. Le reste étant d’influence anglophone. Pour des motifs peu clairs, la France continue à aider substantiellement le régime du

    président Biya. En mars 1993 déjà, les 27 supérieurs de Congrégations religieuses missionnaires françaises travaillant au Cameroun et représentant

    325 membres hommes et femmes avaient une lettre au ministre français des

    Affaires Etrangères, dans laquelle ils s’étonnaient du soutien "plus qu’ambigu" accordé par la France au régime en place au Cameroun.

    Agents pastoraux assassinés

    Ces dernières années, plusieurs agents pastoraux ont été assassinés dans

    ce pays, parmi lesquels Mgr Yves Plumey, en septembre 1991, deux religieuses en août 1992 et, plus récemment, le Père Engelbert Mveng, en avril

    1995. Le gouvernement semble peu soucieux de faire la lumière sur ces crimes. L’abbé Jean-Marc Ela, théologien et sociologue internationalement connu, s’est à ce point senti menacé qu’il a préféré quitter le pays. L’accueil du pape par les autorités du pays risque fort de se passer dans une atmosphère d’hypocrisie.

    Les religions traditionnelles gardent dans ce pays une influence certaine. Les chrétiens, parmi lesquels les catholiques sont majoritaires, représentent un gros tiers de la population. Les musulmans (environ 20%) occupent surtout le nord du Cameroun.

    Première visite officielle en Afrique du Sud

    La seconde étape de ce voyage conduira le pape en Afrique du Sud. Un

    pays d’Afrique où la situation est en voie d’amélioration. Aussi longtemps

    qu’a duré le régime de l’apartheid, Jean Paul II s’est abstenu de s’y rendre, même s’il a dû y faire en 1988 une escale technique provoquée par le

    mauvais temps.

    Le pays, dont la capitale est Pretoria, a une superficie de 1’230’000

    km2, pour une population de 40 millions d’habitants d’origine très diversifiée: les Bantous en représentent près des trois quarts, les Blancs 15%,

    les métis quelque 10% et les Asiatiques 3%.

    En raison de l’histoire de la colonisation, l’Eglise catholique a eu du

    mal à se faire accepter en Afrique du Sud. Au début de ce siècle, elle ne

    représentait pas grand chose. Elle fut cependant la première, en 1957, à

    émettre un jugement théologique négatif sur l’apartheid et à en dénoncer le

    caractère "intrinsèquement mauvais". L’Eglise catholique représente près de

    10% de la population. L’Afrique du Sud connaît actuellement une progression

    spectaculaire des Eglises indépendantes. Celles-ci sont au nombre de plusieurs milliers et touchent 30% de la population chrétienne du pays.

    La 3e visite au Kenya

    Dernière étape de ce voyage pastoral, le Kenya compte une population de

    27 millions d’habitants. Il a pour voisin la Tanzanie, l’Ouganda, le Soudan, l’Ethiopie et la Somalie. Il est coupé en deux par l’Equateur et borde

    l’Océan Indien sur plusieurs centaines de kilomètres.

    La capitale, Nairobi, a accueilli de nombreuses rencontres internationales, parmi lesquelles l’Assemblée générale du Conseil oecuménique des Eglises en 1975, la Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes en

    1985 et, la même année, le 43e Congrès eucharistique international. Jean

    Paul II a visité ce pays à deux reprises. En 1980 d’abord, puis en 1985, où

    il y avait inauguré l’Institut catholique d’Afrique Orientale.

    Le christianisme y est bien implanté, même si les religions traditionnelles africaines gardent une grande influence. Les dénominations chrétiennes sont nombreuses: catholique (19% de la population) protestants, Eglises

    indépendantes. Les musulmans ne dépassent pas 10%. En 1990, l’Eglise catholique avait célébré le 100e anniversaire de son implantation dans le pays.

    (apic/pr)

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