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    apic/Pakistan/Acquittement des condamnés à mort/Soulagement de l’Eglise

    Pakistan: Soulagement du Vatican après l’acquittement des (240295)

    deux chrétiens condamnés à mort pour blasphème contre Mahomet

    L’Eglise au Pakistan respire

    Rome/Lahore, 24février(APIC) Le Vatican s’est déclaré soulagé et l’Eglise

    au Pakistan respire après l’acquittement jeudi des deux chrétiens condamnés

    à mort pour soi-disant blasphème contre Mahomet. Mgr John Joseph, évêque de

    Faisalabad, a souligné que le gouvernement pakistanais a entendu les

    protestations de la communauté internationale et relevé que la défense a

    clairement montré qu’il n’y avait pas de preuves de culpabilité contre

    Salamat Masih, 14 ans, et Rehmat Masih, 44 ans.

    La Haute Cour de justice de Lahore a annoncé l’acquittement le 23

    février à 20h55, heure locale. Les deux accusés avaient déjà passé 6 mois

    en prison en 1993, avant d’être libérés sous caution. Par la suite, ils

    avaient été victimes d’un attentat commis par des islamistes qui avait coûté la vie à un autre chrétien, Mansour Masih.

    La condamnation à mort des deux hommes reposait sur les seules déclarations d’un témoin peu fiable, un musulman qui prétendait avoir vu Salamat

    Masih écrire des propos blasphématoires contre le mur d’une mosquée; le témoin s’était rétracté un jour et avait à nouveau déposé plainte le lendemain. L’accusé avait alors 12 ans, et il était illettré...

    Pendant toute la journée de jeudi, la Cour a tenté d’annoncer le verdict, mais a dû en retarder l’annonce en raison des protestations véhémentes d’une foule d’islamistes rassemblée devant le tribunal et vociférant

    "Mort aux blasphémateurs, mort aux blasphémateurs!" Après l’annonce officielle de l’acquittement, la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes

    pour disperser les manifestants.

    Malgré leur acquittement, Rehmat et Salamat Masih sont toujours en danger de mort, car les fondamentalistes islamiques ont juré de les tuer, ainsi que les juges et les avocats. Les deux hommes ont été remis en liberté à

    minuit et placés en lieu sûr.

    "Nous sommes prêts à mourir", déclare l’évêque de Faisalabad

    Apprenant la nouvelle de leur libération, Joaquin Navarro Valls, porteparole du Vatican, s’est déclaré satisfait et a souligné qu’un tel jugement

    "fait honneur aux autorités et au peuple pakistanais". De son côté, Mgr

    John Joseph, président de la Commission pakistanaise "Justice et Paix", a

    souligné que l’Eglise n’avait de cesse avant d’avoir obtenu l’abolition de

    la peine de mort et de la prison à vie pour blasphème. L’accusation de

    blasphème est souvent lancée à dessein contre des minorités religieuses par

    les islamistes.

    En évoquant le lourd tribut qu’il faudra sans aucun doute verser dans ce

    combat, l’évêque de Faisalabad a déclaré: "Nous sommes prêts à mourir pour

    cela, sinon nous serons forcés à vivre dans la peur perpétuelle". Il a

    relevé cependant que les activistes ne sont qu’une infime minorité, tandis

    que les musulmans pakistanais dans leur grande majorité sont pacifiques,

    amicaux et serviables. L’avocate de la défense, Hina Jilani, également dans

    le collimateur des fondamentalistes musulmans, a abondé dans le même sens,

    soulignant que si dans ce cas, la justice a triomphé, il y aura toujours

    d’autres injustices tant que la législation sur le blasphème n’aura pas été

    abolie. (apic/kna/po/be)

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