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    apic/P. Trauffer/ Caire / Position catholique

    Suisse: Le Père Roland-B. Trauffer sur la Conférence du Caire (060994)

    Pas de compromis dans les questions de la vie, pour le secrétaire de la CES

    Fribourg, 6septembre(APIC) L’Eglise catholique ne peut accepter aucun

    compromis en matière d’avortement à l’occasion de la Conférence du Caire

    sur la population et le développement qui s’est ouverte lundi dans la capitale égyptienne. En effet, l’Eglise ne propose pas un modèle politique

    qu’on pourrait discuter, mais fait appel à la conscience des gouvernants,

    souligne le Père dominicain Roland-B. Trauffer, secrétaire de la Conférence

    des évêques suisses (CES).

    A la question de savoir si la Conférence du Caire va passer par-dessus

    l’opposition à l’avortement provenant de milieux chrétiens, musulmans et

    juifs, ou si l’on va se mettre d’accord sur une sorte de compromis, le Père

    Trauffer répond: "On ne peut parler ici de la recherche d’un compromis, car

    l’Eglise ne propose pas un modèle politique qu’on pourrait ensuite discuter."

    Une idéologie qui veut bouleverser l’ordre moral

    L’activité de l’Eglise dans le monde entier, comme on a pu le constater

    à la veille de la Conférence du Caire, est un service à l’humanité. Cette

    dernière, insiste le Père Trauffer, est menacée par une idéologie "qui

    tente de bouleverser l’ordre moral basé sur la loi naturelle".

    Le "projet" du Saint-Siège pour la Conférence du Caire repose sur deux

    exigences fondamentales: le droit à la vie de l’enfant non encore né et le

    droit de la famille à être la cellule de base de la société. "Ce projet

    n’est cependant pas de nature politique, mais se conçoit comme une invitation à la conscience des responsables politiques."

    Le Père Trauffer rappelle en outre que qualité de la vie et densité démographique ne sont pas nécessairement intrinsèquement liées. Une évidence

    si l’on considère que de nombreux pays riches sont densément peuplés, tandis que parmi les pays très pauvres, on en trouve qui ont des densités de

    population très faibles. Le problème de l’équilibre entre population et

    terres disponibles est de fait très complexe. Le secrétaire de la CES estime que l’idée, que l’on attribue à l’ONU - moins de pauvreté en ayant moins

    de gens - s’explique peut-être par un concept de densité démographique aujourd’hui dépassé, provenant de l’époque où la capacité de nourrir les gens

    dépendait largement d’une production céréalière pré-industrielle.

    Aujourd’hui, par contre, on ne peut plus simplement dire que moins il y

    a de bouches à nourrir, plus grande est la portion que chacun reçoit.

    L’image d’une surpopulation menaçante propagée par l’ONU doit être discutée

    de façon critique et sa véracité peut être remise en question, souligne le

    Père Trauffer.

    Une "civilisation de la mort"

    Quand le pape parle d’une "civilisation de la mort", il ne pense pas en

    premier lieu à une décadence morale comme certains aimeraient le faire

    croire, mais il pense à tout ce qui est en opposition flagrante à la vie en

    plénitude à laquelle les hommes sont appelés, et à l’amour du Créateur.

    Cette "culture de la mort" fait obstacle à tout ce que l’homme a créé dans

    le domaine de la spiritualité, de la culture et des relations humaines.

    Le secrétaire de la CES ajoute que les relations conjugales et sexuelles, ainsi que le droit à la vie des enfants non encore nés, sont parmi les

    réalités les plus vulnérables dans un environnement sécularisé. Elles ne

    sont pourtant pas les seules. Quand le pape parle d’une civilisation de la

    mort, il pense également au commerce des armes, aux enfants soumis à des

    travaux forcés, à la traite des enfants, à la pornographie, etc.

    A propos des approches divergentes de l’Eglise et de l’ONU face au problème de la surpopulation - l’Eglise dit "moins de pauvreté, moins de

    gens", l’ONU "moins de gens, moins de pauvreté" - le Père Trauffer rappelle

    que pour l’Eglise catholique la croissance démographique ne sera pas freinée par des mesures de contrôle de naissances coercitives, et encore moins

    si l’on signifie par là stérilisation ou avortement. On atteindra ce but

    uniquement par l’amélioration du niveau de vie et une meilleure éducation;

    par le fait que les enfants dans la famille ne seront plus seulement une

    source de revenu, mais aussi un facteur de coût; par un système de soins

    médicaux étendu à tout le territoire; par une meilleur position de la femme. Tout cela fait largement défaut dans le tiers-monde, insiste-t-il.

    Le Père Trauffer ajoute que l’Eglise critique certes la mentalité antinataliste qui est à la base des campagnes pour freiner la croissance démographique de la planète, mais qu’elle s’engage pour une paternité et une

    maternité responsable. Cette parenté responsable ne touche d’ailleurs pas

    que la procréation, mais concerne tous les domaines des relations dans le

    mariage et la famille. (apic/oe/fs/mp/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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