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    apic/Ouagadougou/FESPACO

    Ouagadougou: Festival panafricain du cinéma (140395)

    "Guimba" du Malien Cheick Oumar Sissocko rafle la majorité des prix

    Ouagadougou, 14mars(APIC/Alexis Dembelé) 150 films du continent africain

    et de la diaspora, 60 pays en compétition, 4’000 festivaliers et cinéphiles. Ces quelques chiffres sont bien insuffisants pour décrire le 14e Festival panafricain du cinéma et de la télévision (FESPACO) qui vient de

    s’achever à Ouagadougou. C’est dans une ambiance chaude et bon enfant,

    qu’artistes, réalisateurs, producteurs, distributeurs et amateurs de cinéma

    ont investi la capitale du Burkina Faso sous le thème "Cinéma et Histoire".

    "Guimba", du cinéaste malien Cheick Oumar Sissocko, n’a pas fait de

    détails, raflant pas moins de sept distinctions dont les quatre principaux

    prix. ’L’étalon du Yennenga’ lui a été remis par le président burkinabé,

    Blaise Compaoré. Le président du jury et doyen des cinéastes africains, le

    Sénégalais Sembène Ousmane, remarque que par ce film "le combat de tout un

    continent pour la démocraie mérite d’être connu et reconnu".

    Le film, parabole sur la démocratie et le despotisme, raconte l’histoire

    du roi de Silakili écrasant tout ses sujets, s’appropriant les plus belles

    femmes, expédiant en exil toute résistance. C’est sans compter sur les traditions africaines: alliances familiales, solidarité, goût de la plaisanterie. Si la soif de pouvoir permet les brimades, la faim de liberté du peuple arrive à bout de toutes les épreuves. Le tyran sanguinaire est ridiculisé, vaincu par la patience et l’humanité des siens. "’Guimba’, c’est

    l’histoire de l’Afrique toute entière, commente son auteur, ce continent si

    beau si riche et pourtant si meurtri. Ma pensée va à tous ceux qui se battent pour que l’Afrique change." Le film exprime la maturité d’un réalisateur habitué aux thèmes forts, capable de secouer les consciences.

    Le jury a dinstingué par ailleurs "Keita", de Dany Kouyaté, (Burkina Faso) et "A la recherche du mari de ma femme", de Abderame Tazi (Maroc). Le

    prix de la meilleure interprétation féminine est allé à Yusra pour le rôle

    principal dans "Mercédès", du cinéaste égyptien Yousri Nasrallah.

    Le thème "Cinéma et Histoire" de la 14e édition du FESPACO ne pouvait

    pas mieux tomber en cette année où l’on fête le centenaire du cinéma. Les

    festivaliers n’ont pas manqué de décliner le sujet sur les tons et couleurs

    les plus divers. Séances de projection en plein air, colloques, inaugurations, conférences et défilés, la tête est totale. Une fête qui culmine

    lors de la remise des prix aux meilleurs productions.

    Hôte remarqué de cette édition, l’Afrique du Sud, dont la délégation

    était emmenée par "la mère de la nation" Winnie Mandela, vice-ministre de

    la Culture.

    Autre événement important de ce festival, l’inauguration des premiers

    bâtiments de ce qui doit devenir une cinémathèque continentale. Beaucoup de

    festivaliers ont enfin émis le souhait que le FESPACO devienne annuel. Deux

    ans, dans la vie d’un film, c’est trop long, argumentent-ils. (apic/ad/mp)

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