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    apic/Opus/ Dei

    Italie : Maria de Carmen Tapia renouvelle (160197)

    ses critiques à l’égard de l’Opus Dei

    Rome, 16janvier (APIC) Les membres de l’Opus Dei sont sujets à "un endoctrinement incessant" et à "une pression systématique" en vue de les soumettre totalement à leurs supérieurs; le prosélytisme prime sur l’apostolat;

    les prêtres de l’oeuvre se soucient plus de celle-ci que de l’Eglise. Tels

    sont les principaux reproches formulés dans une interview accordée au journal italien "La Repubblica" par l’Espagnole Maria de Carmen Tapia, 72 ans,

    qui a été membre de l’Opus Dei de 1948 à 1966.

    Le quotidien donne la parole à Maria de Carmen Tapia à l’occasion de la

    sortie de la version italienne de son livre très critique sur l’Opus Dei,

    paru en Espagne en 1992 sous le titre: "Tras el Umbral. Una vida en el Opus

    Dei" (Au-delà du seuil. Une vie à l’Opus Dei). L’auteur, entrée dans

    l’Oeuvre à l’âge de 22 ans, y relate son expérience malheureuse d’"ancienne".

    L’ancienne membre reproche tout d’abord à l’oeuvre fondée par le

    bienheureux José Maria Escriva de Balaguer son culte de silence: "On

    n’appartient à l’Opus Dei qu’une fois l’engagement prononcé. On demande

    même de ne pas dire la vérité sur ce point à ses propres parents (...) Les

    membres de l’Opus Dei ne doivent rien dire sur l’organisation, pas même à

    l’évêque ou au nonce apostolique. On appelle cela la discrétion, mais c’est

    une véritable obsession du secret. J’ai vu au siège des lieux secrets où se

    trouvent les listes de membres et où devait se trouver une bouteille

    d’essence, afin de brûler ces listes si nécessaire."

    Maria de Carmen Tapia parle aussi d’un climat de "manipulations psychologiques": "On ne sait rien. On doit se comporter comme un enfant qui a

    tout à apprendre, auquel on ne cesse de répéter qu’il doit avoir un "bon

    esprit", ce qui peut signifier qu’il doit éviter toute attitude critique,

    accepter toutes les réponses et nourrir un culte éternel à la personnalité

    du fondateur... (...) C’est un endoctrinement incessant, une pression systématique pour que l’on s’en remette totalement à ses supérieurs."

    L’auteur critique également la façon dont la confession est conçue: "Il

    est pratiquement impossible de se confesser à d’autres prêtres que ceux qui

    nous sont désignés. Cela est en contradiction avec la liberté de choix du

    confesseur prévue par le code de droit canon. (...) Une seconde particularité est que l’on suggère de faire une confession brève, de deux minutes

    environ, indiquée comme une mesure idéale, suivie par une discussion avec

    le confesseur, mais toujours dans le confessionnal, et qui porte sur les

    sujets abordés en confession. Cette conversation n’est plus couverte par le

    secret de la confession. Ce qui permet au confesseur d’en référer au supérieur s’il le juge opportun."

    Maria de Carmen Tapia reproche encore à l’Opus Dei son attitude vis-àvis des femmes. "Il y a de fait dans l’organisation une séparation très rigide entre les hommes et les femmes. La section masculine décide et projette; la section féminine n’a qu’à suivre. Le fondateur éprouvait une sorte

    de crainte à l’égard des femmes. Et tout le système est organisé de telle

    façon qu’une femme membre ne puisse avoir de conversation normale, pas même

    avec un prêtre, en dehors du confessionnal."

    Dernier reproche, le prosélytisme. "Celui qui ne va pas à la pêche et

    qui ne fait pas le prosélyte est stérile. J’ai toujours eu l’impression

    que, plus que de se vouer à l’apostolat, l’Opus Dei se dédiait à trouver

    des nouveaux membres. (...) Les prêtres de l’Opus se sentent d’ailleurs engagés davantage vis-à-vis de leur organisation que de l’Eglise entière."

    L’Opus Dei: où est la secte ?

    Les critiques formulées par Maria de Carmen Tapia dans cette interview

    ont déjà été réfutées par l’Opus Dei, notamment en février 1995, après une

    "confession" publique faite à Paris par la "repentie". Elle y avait témoigné devant la presse, en compagnie de parents de jeunes adhérents à l’Opus

    Dei et de l’abbé Jacques Trouslard, prêtre du diocèse de Soissons connu en

    France pour son avis critique sur les sectes.

    Maria de Carmen Tapia qui fut secrétaire régionale de l’Opus Dei au

    Vénézuela de 1956 à 1965 disait avoir quitté l’oeuvre parce qu’on avait

    voulu lui faire avouer des fautes qu’elle n’avait pas commises, et ajoutait

    qu’elle avait été "pratiquement séquestrée".

    Le Bureau d’information de l’Opus Dei à Bruxelles avait alors réfuté

    point par point ses allégations et précisé que Maria de Carmen Tapia se

    présentait indûment comme la "secrétaire" du fondateur. Si elle a bien été

    secrétaire régionale de l’Oeuvre au Venezuela, elle y a fait preuve de

    "comportements arbitraires", précisait l’Opus Dei, en "commençant à placer

    des jeunes filles sous son autorité exclusive", "prenant ainsi la tête

    d’une petite secte".

    C’est ainsi que Mme Tapia a été déchargée de sa mission par l’Oeuvre,

    qui l’a mise au défi: ou bien elle disait adieu à l’Opus Dei, ou bien elle

    devait s’attendre à un procès devant le Saint-Siège. "Mme Tapia a choisi

    immédiatement la première solution", relevait le Bureau belge de la Prélature à Bruxelles, déplorant le silence de l’intéressée sur "la vraie cause

    de son départ de l’Opus Dei".

    L’Opus Dei compte 80.000 membres dans le monde entier, dont 1.500 prêtres. L’oeuvre est actuellement la seule à être reconnue par l’Eglise comme

    prélature personnelle (depuis 1982), ce qui lui donne un statut d’extraterritorialité, sans référence à l’épiscopat local. L’actuel prélat de la

    "Prélature de la Sainte Croix et Opus Dei" est Mgr Javier Echevarria, élu

    en avril 1994 à la mort de Mgr Alvaro del Portillo, qui avait lui même succédé à Mgr José Maria Escriva de Balaguer à la tête de l’oeuvre en 1982.

    Don Escriva, le fondateur, a été béatifié par Jean-Paul II le 17 mai 1992,

    17 ans seulement après sa mort. (apic/cip/imed/mp)

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