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    apic/Oeuvres suisses d’entraide/Aide publique/Développement/Non aux coupes

    Berne:Eviter à tout prix de nouvelles (141196)

    coupures dans l’aide suisse au développement

    Les oeuvres d’entraide dans le débat sur le budget fédéral 1997

    Berne, 14novembre (APIC) Malgré la crise économique qui frappe de plein

    fouet la Suisse, il faut éviter à tout prix de nouvelles coupes dans l’aide

    publique au développement, et surtout ne pas jouer les pauvres les uns contre les autres. Tel est l’avertissement lancé jeudi à Berne par la Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide, regroupant Swissaid, l’Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas et Caritas.

    Message relayé par un renfort plutôt inattendu, la zurichoise Lisbeth

    Fehr, conseillère nationale de l’UDC, un parti qu’elle qualifie elle-même

    de "plutôt distant" envers l’aide au développement de la Confédération.

    Un renfort plutôt inattendu venu de l’UDC

    Sa mission d’étude cet été au Mozambique en compagnie des parlementaires

    Peter Tschopp et Rosmarie Zapfl, l’a convaincue: le crédit spécial de 10

    millions de francs accordé par la Confédération en 1991 au Mozambique - un

    pays sortant d’une guerre civile qui l’a laissé exsangue - n’a pas été gâché. "L’engagement de la Suisse au Mozambique a été un succès, un travail

    de reconstruction excellent et efficace à long terme, mené par du personnel

    aux qualités hors pair". De retour d’Afrique, Lisbeth Fehr s’est engagée à

    lutter au sein de son parti et au Conseil national pour qu’aucune nouvelle

    réduction ne frappe l’aide aux pays du tiers monde.

    A la veille de l’important débat des chambres fédérales sur le budget 97

    de la Confédération, cet engagement vaut de l’or. En effet, le message des

    oeuvres d’entraide est clair et net: "en ce qui concerne les réductions, on

    a donné déjà plus que notre part!". Entre 1993 et 1996, la coopération au

    développement et l’aide humanitaire de la Confédération ont été réduites de

    plus d’un milliard de francs par rapport au plan financier projeté.

    Un sacrifice supérieur à la moyenne

    Le budget de la coopération 1997 est à nouveau inférieur de 300 millions. Exprimé en pourcent du budget fédéral, la coopération au développement a chuté de 3,66% en 1992, à 2,83% en 1996, contribuant ainsi de façon supérieure à la moyenne à l’assainissement des finances fédérales. "La

    Suisse est loin de l’objectif des 0,4% du PNB au titre de la coopération

    au développement que s’était lui-même fixé le Conseil fédéral, alors même

    que les besoins des pays du Sud vont croissants", a déploré Richard Gerster, directeur de la Communauté de travail.

    Tirant un bilan du flux des capitaux privés investis dans le tiers monde

    - selon l’OCDE, il s’agit pour 1995 de 164 milliards de dollars - R. Gerster a démontré que le financement commercial du développement est de toute

    évidence, pour le commerce suisse également, "davantage un souhait qu’une

    réalité". Dans le but de réaliser des économies disproportionnées sur le

    dos de la coopération au développement, certains milieux politiques se font

    en effet les avocats des investissements privés directs dans le tiers monde

    comme substitut à l’aide publique. Un "mythe" pour Richard Gerster.

    Le Sud finance le Nord

    En réalité, ces "flux de capitaux" ne restent pas vraiment au Sud, puisque davantage de capitaux suivent le chemin Sud-Nord, par exemple sous forme d’intérêts ou de dividendes. Ainsi, de 1990 à 1994 (selon l’OCDE), le

    Sud a mis au total 71 milliards de dollars à la disposition du Nord. Dans

    cette optique globale, a conclu R. Gerster, les 62 milliards de dollars de

    la coopération publique au développement et les 6 milliards des organisations d’entraide privées au niveau mondial "restent sans concurrence".

    D’autant plus que ce ne sont pas les pays les plus pauvres qui bénéficient des investissements privés, qui se concentrent sur des "pays phares":

    les 76% en 1995 sont allés à 12 pays, dont 47% à la seule Chine. Seuls 5

    milliards de dollars ont pris le chemin "peu rentable" de l’Afrique noire.

    Les 48 pays les plus pauvres du monde ne réunissent que 1,8% des investissements consentis. D’où l’importance cruciale de la coopération au développement, dont les pays cibles ne sont pas les marchés émergeants, mais les

    pays les moins avancés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, qui ne profitent quasiment pas de la "manne financière" privée.

    Directeur de Caritas Suisse, Jürg Krummenacher a souligné que la Communauté de travail accepte les coupes proposées par le Conseil fédéral dans

    le cadre des mesures générales d’économies, vu la situation actuelle des

    finances fédérales. Il a cependant enjoint les chambres fédérales à renoncer à de nouvelles économies dans ce secteur, "car la coopération au développement n’est pas une tâche dont il faut se soucier uniquement quand tout

    va bien, c’est un investissement dans notre avenir!".

    La générosité privée ne peut compenser l’engagement public

    Jürg Krummenacher a également rappelé que les oeuvres d’entraide privées

    ne pourraient pas combler le déficit: malgré la générosité des Suisses dans le peloton de tête au niveau mondial - la hauteur des dons (quelque

    220 millions de francs) reste sans comparaison avec les volumes de l’aide

    publique. D’autant plus que si le niveau des collectes pour l’aide en cas

    de catastrophe semble se maintenir, le financement de l’aide au développement à long terme est devenu toujours plus difficile. "Le Sahel ou l’Ethiopie ne sont plus des thèmes médiatiques". Caritas s’est d’ailleurs vu pour

    cette raison contrainte de quitter le Mozambique, où elle était pourtant

    très engagée. (apic/be)

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