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    apic/Noël/crèche

    APIC - Dossier

    De la Grotte à nos maisons (131294)

    La tradition des crèches de Noël

    Emmanuelle Bindschedler, Agence APIC

    Fribourg, 13décembre(APIC) Le mot "crèche" désigne la mangeoire pour

    bestiaux dans laquelle saint Luc rapporte que la Vierge a couché l’enfant

    Jésus à sa naissance faute de place à l’auberge. Par extension on a désigné

    ainsi le lieu où l’on figure la Nativité, puis toute la scène. Le mot qui

    vient de l’allemand "Krippe" apparaît en France vers le XIIème siècle. Il

    s’applique aux agencements de statues mobiles qui mettent en scène la

    Nativité au temps de Noël.

    Les premiers prédicateurs populaires comme saint Justin, en 160, ou

    Origène en 248, signalent déjà l’existence d’une crèche vénérée à Bethléem.

    Quant aux premières représentations visuelles de la naissance du Christ,

    elle apparaissent en France, au IVème siècle sur un sarcophage de marbre

    blanc, à Arles.

    Cet intérêt manifesté aux circonstances de la Nativié s’étendait aussi

    aux objets utilisés lors de la naissance de Jésus. Ainsi, la prétendue

    crèche originale à Bethléem, était un véritable objet de culte populaire.

    saint Jérôme (vers 347-420) en parle dans une homélie de Noël, en déplorant

    que la mangeoire primitive en argile eut été remplacée par une autre en

    argent: "J’admire le Seigneur qui, Créateur du monde, n’a pas voulu naître

    dans l’or et l’argent, mais dans une crèche de boue".

    Saint François d’Assise est souvent considéré comme le précurseur de la

    crèche de Noël. En 1223, dans la forêt de Greccio, proche d’Assise, il

    monta une scène de la Nativité, avec des personnages et des animaux

    vivants, dont le décor réaliste comportait, entre autre, une grotte, une

    mangeoire et du foin.

    Grâce à saint François d’Assise, les crèches se sont répandues en Italie

    dès le XVème siècle mais on est encore loin de figurines des santons. A

    cette époque, il s’agissait d’agencement de statues de terre cuite souvent

    de grandeur nature.

    Le Moyen-Age fut l’époque des Mystères, mises en scène de sujets

    religieux. Pour éviter les déviations qui pouvaient se produire, les

    Mystères furent interdits au XVIIème siècle. On leur préféra les crèches,

    sortes de scènes de théâtre immobile. Le décor y est en papier et fait

    d’avantage penser à de l’opérette qu’à une scène biblique.

    La révolution française de 1798 va contribuer à la création des crèches

    domestiques. En outre, la crèche devient de plus en plus l’affirmation

    d’une identité locale, voire régionale. La naissance du Christ devient le

    pretexte d’une "revendication" culturelle. Dans la crèche provençale, le

    décor composé de moulins à vent et de personnages effectuant les gestes de

    la vie quotidienne revêt une grande importance. Pierre Ripert écrivait en

    1955: "Faire la crèche en Provence est un acte de foi double: foi en

    l’Enfant-Dieu mais aussi foi dans le pays où on est né".

    Par analogie avec le lieu de la naissance du Christ, le mot crèche a

    pris le sens d’"asile de nouveaux-nés" au XVIIème siècle, puis

    d’établissement où l’on met les enfants de moins de trois ans pour la

    journée, au XIXème siècle. (apic/théo/snop/eb)

    Encadré

    Crèches napolitaires

    Les crèches sont apparues en Italie dès le XVème et le XVIème siècles; il

    s’agit alors d’agencements de statues de terre cuite polychromes de

    grandeur nature. Leur véritable essor se produit au XVIIème siècle dans le

    centre de la péninsule, avec le développement de la Contre-Réforme qui

    encourage les expressions ostentatoires de la dévotion. La richesse des

    salons gagne le décor des églises baroques. La crèche devient un des

    éléments de prestige des demeures royales. Rien n’égale le raffinement des

    crèches napolitaines au XVIIIème siècle.

    Les crèches comportent généralement trois éléments: la Nativité, le plus

    souvent sous les ruines d’un temple romain, symbole du monde antique auquel

    l’ère chrétienne met fin; l’annonce des anges aux bergers; et le

    caravansérail avec scènes d’auberge, convives et souvent marché.

    La crèche, installée depuis 1965 dans la basilique Notre-Dame de

    Fribourg, est un superbe exemple de crèche napolitaine. L’oeil n’en finit

    pas de découvrir de nouveaux détails, de nouvelles raisons d’admirer

    l’équilibre de la composition.

    Le visiteur constate que les scènes quotidiennes de la vie napolitaine,

    par exemple les quatre musicien ambulants, la marchande de poisson ou le

    boucher devant son étal, l’emportent presque sur la commémoration de

    Bethléem. Pourtant, il reste fasciné par l’abondance de détails

    pittoresques, les gestes gracieux ainsi que la vie qui se dégage de ce

    peuple exubérant, à l’image d’un enfant devant son premier sapin de Noël.

    (apic/snop/eb)

    Encadré

    Les santons de Provence

    Après les crèches permanentes dans les églises, les crèches temporaires,

    installées à domicile, à leur tour se multiplient, et des traditions se

    développent dans diverses régions de pour la confection de leurs

    personnages, en bois, en argile, en cire ou en mie de pain. Par exemple,

    les célèbres santons de Provence, personnages d’argile apparaissant à la

    fin du XVIIIème siècle. Un véritable santon doit être façonné avec de la

    terre de Provence, l’argile rouge. Il peut être habillé ou peint. Le mot

    "santon" qui provient du provencal "santoun" signifie "petit saint".

    (apic/théo/eb)

    Encadré

    Le boeuf et l’âne

    La présence d’un boeuf et d’un âne auprès de Jésus dans la crèche n’est

    évoquée dans aucun des récits évangéliques de la Nativité; elle l’est

    seulement dans un des évangiles apocryphes, qui ne sont pas reconnus comme

    source authentique de la foi, selon lequel: "Le boeuf connaît son bouvier,

    et l’âne la crèche de son maître". Les évangiles apocryphes ont au un grand

    impact sur l’imagination populaire; ils ont fourni maints thèmes

    traditionnels que l’Eglise a respectés lorsqu’ils n’étaient pas contraires

    à la foi. (apic/théo/eb)

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