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    apic/Nicaragua/Chrétiens lâchés par les théologiens de la libération

    Nicaragua:Les chrétiens "progressistes" se sentent "oubliés" (060895)

    Ils n’intéressent plus les théologiens de la libération

    Managua, 6août(APIC/ENI) Les chrétiens "progressistes" du Nicaragua se

    sentent aujourd’hui "oubliés", alors qu’ils étaient il y a quelques années

    encore la "référence obligée" des théologiens de la libération. Durant la

    décennie passée, ces théologiens se rendaient pourtant nombreux "en pèlerinage" au Nicaragua et les projets d’aide fleurissaient. Quasiment abandonnés aujourd’hui, les fidèles de "l’Eglise populaire" ont le sentiment

    d’"être oubliés et orphelins".

    Cet abandon se traduit par une diminution significative des projets de

    coopération des institutions ecclésiastiques, en particulier des projets

    liés au fonctionnement des centres oecuméniques de réflexion et de recherches, qui ont été dans le passé des piliers fondamentaux de l’"Eglise populaire". Ce constat, c’est le prêtre catholique Uriel Molina qui le dresse.

    Directeur à Managua du Centre oecuménique Antonio Valdivieso (CAV), une

    institution considérée comme un important lieu de réflexion théologique, il

    estime que le Nicaragua "continue d’être une pépinière et un laboratoire

    vivant uniques pour toutes les expériences accumulées dans les dernières

    années". Mais à l’heure actuelle, les chrétiens progressistes "se sentent

    trop seuls et affaiblis intellectuellement pour pouvoir recréer des analyses propres" et pour répondre aux énormes exigences d’une pastorale populaire.

    Une "Eglise populaire" affaiblie

    Pour le Père Molina, les déficiences et les contradictions sont énormes.

    Alors que la hiérarchie de l’Eglise catholique renforce son pouvoir - théologique et politique - dans le pays, et consolide ses formes d’organisation

    au travers de groupes charismatiques, de cours de formation religieuse et

    de groupes comme "la Cité de Dieu", les secteurs populaires de l’Eglise

    voient leurs ressources diminuer et les défis se multiplier.

    "Nous devons aller à la rencontre du pauvre partout où il vit ... parce

    que souvent il n’a même pas l’argent pour payer le prix du bus ou pour

    acheter le bois pour faire cuire sa nourriture. La dynamique de reconstruction de ce peuple est exigeante et c’est en même temps un signe d’espérance", lance Uriel Molina.

    Pour lui, les communautés ecclésiales de base - malgré leur réelle

    faiblesse actuelle - continuent de jouer un rôle très important car elles

    sont le moyen le plus efficace pour "l’Eglise populaire" d’exercer une influence sur la société civile et de stimuler leur propre mobilisation. "Le

    peuple apprend à être sujet de l’histoire même si c’est avec une certaine

    timidité", affirme le Père Molina. Cette réalité exige "de nous, qui portons la croix de ce processus, une forte dose d’espérance, de foi, de créativité et d’imagination".

    Reconstruire le tissu social

    L’objectif principal des secteurs les plus avancés des Eglises centroaméricaines - dans des pays souvent marqués par des guerres longues et

    éprouvantes - est aujourd’hui la reconstruction du tissu social. Pour cela,

    il faut développer l’autonomie des petites communautés par rapport au prêtre et à l’évêque, ceux-ci devenant les simples coordinateurs d’une pastorale plus large, "la communauté de base restant toutefois essentielle."

    Des personnalités catholiques et protestantes du Nicaragua et du continent se sont penchées sur ces thèmes en vue de la cinquième rencontre des

    peuples d’Amérique latine et des Caraïbes qui s’est tenue le mois dernier à

    Managua et qui a rassemblé plus de 500 dirigeants politiques, sociaux, populaires et religieux d’Amérique latine. (apic/eni/Sergio Ferrari/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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