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    Sion: Congrès des médecins catholiques suisses (290594)

    apic/Mgr Sgreccia/fécondation humaine

    Un regard chrétien sur la sexualité et la fécondité humaine

    Sion, 29mai(APIC) La procréation artificielle, "lorsqu’elle remplace

    l’acte unifiant par une technique fécondatrice, est étrangère et contraire

    à la volonté du Créateur", a affirmé Mgr Elio Sgreccia, secrétaire du Conseil pontifical pour la famille, aux médecins catholiques suisses réunis à

    Sion du 26 au 28 mai sous l’égide de l’évêque du lieu, le cardinal Henri

    Schwery. Il était invité, dans le cadre du premier Congrès commun de l’Association de médecins catholique suisses (AMCS) et de l’Association internationale de médecins pour le planning familial (AIMPFN), à s’exprimer sur

    "La procréation artificielle et l’eugénisme".

    Mgr Sgreccia a commencé par faire l’histoire des faits et des justifications de ces procédés, citant succesivement l’insémination artificielle intracorporelle, l’eugénisme et la fécondation artificielle extracorporelle,

    toutes techniques qui, à ses yeux, "s’opposent à la conception de la famille et du mariage défendue par le magistère de l’Eglise". Une conception de

    la famille qui voit dans la procréation le fruit de l’acte conjugal est

    clairement affirmée dans l’instruction "Donum Vitae" du 22 février 1987 qui

    reprend d’ailleurs l’encyclique "Humanae Vitae" du 25 juillet 1968. Mgr

    Sgeccia a qualifié l’eugénisme de "finalisme idéologique piloté par la

    technologie, dans lequel l’amour conjugal perd sa signification et sa caractéristique oblative et interpersonnelle". Il a en outre condamné toute

    expérimentation sur l’embryon humain.

    Les dangers de l’éthique individualiste

    Les techniques de procréation artificielle s’inscrivent dans un cadre

    culturel et normatif qui varie selon les pays, a relevé le conférencier. Un

    cadre apte à favoriser, outre l’eugénisme, l’éthique individualiste qui

    prône le "droit à l’enfant" au mépris des conséquences négatives d’une telle attitude sur la famille et la société.

    La procréation artificielle pose plusieurs problèmes, que Mgr Sgreccia a

    caractérisé ainsi: des problèmes médico-éthiques, comme la conservation du

    sperme dans des "banques de spermes"; éthico-juridiques: l’anonymat du donneur, "la parenté" juridique, le "droit de propriété" sur les gamètes ou

    les embryons congelés; éthico-économiques: le "marchandage du corps", les

    intérêts économiques qui sous-tendent l’utilisation de la procréation artificielle.

    Dignité de la procréation

    Le conférencier a ensuite réfuté les objections courantes à la position

    de l’Eglise catholique en ce domaine: la conception gradualiste de la vie

    humaine, le behaviorisme, l’eugénisme sélectif. Face à ces courants répandus dans l’opinion publique, l’Eglise défend la vie naissante, convaincue

    que "l’embryon humain, dès sa conception, est un être humain, nouveau par

    rapport au patrimoine génétique des parents, individualisé et donc un individu de l’espèce humaine, un sujet actif de sa propre construction et autonome dans sa croissance, qui se développe de façon graduelle, continue et

    coordonnée". Il est animé par "un principe actif", "animateur unifiant et

    structurant", présent dès le début, qu’on appelle une âme. Etant un individu, l’embryon a des droits fondamentaux, dont le droit à la vie, a rappelé

    Mgr Sgreccia.

    Pour l’Eglise catholique, la fécondation artificielle "compromet "un

    bien fondamental du mariage: l’union entre les deux époux en introduisant

    dans l’intimité conjugale un partenaire extérieur aux parents. De plus elle

    est contraire à la conception monogamique de la famille, puisqu’elle permet

    d’avoir plusieurs pères et mères, jusqu’à six parents.

    L’Eglise, au nom de la dignité de l’acte de procréation, s’inscrit en

    faux contre la volonté de le séparer de l’acte conjugal: c’est un acte personnel, le don total de deux personnes, "l’acte le plus responsable de

    l’homme et de la femme"; il a une dimension spirituelle, transcendant et

    transfigurant le fait biologique, et il ne peut "se conformer à une technique de type productif ou à une combinaison de gamètes. Et Mgr Sgreccia

    d’insister: ce que l’Eglise condamne, "ce n’est pas la technique ni l’emploi de techniques sur la corps humain, mais le fait que ce type d’emploi

    introduit une séparation et un dualisme entre la dimension biologico-fécondatrice et la dimension spirituelle du moi conjugal".

    Fausse justification

    En conséquence, "on ne peut, en vertu d’un désir, justifier le recours à

    n’importe quelle technique de fécondation artificielle, de même que l’on ne

    peut transformer un désir en un droit". C’est la position de l’Eglise catholique, qui doit être vue non pas négativement, mais comme un profond respect de l’acte conjugal et de la personne humaine. La majorité des gens ont

    beau ne pas agir comme l’Eglise le demande, il n’en reste pas moins que

    l’idéal qu’elle propose est irréfutable. Le conférencier appelle les catholiques à sauvegarder la pleine dignité de l’embryon humain et de tout

    l’homme", à protéger l’unité des liens parentaux et à maintenir la procéation" à un niveau digne de la personne, riche de spritualité et à l’abri

    des dominations transformatrices et manipulatrices". (apic/id/cor/ba)

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