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    apic/Mgr Salina / sida

    Suisse: Réactions à la prise de position des évêques français sur le sida

    Une attitude pragmatique et sage, estime Mgr Henri Salina (130296)

    St-Maurice, 13février(APIC) Pour Mgr Henri Salina, président de la Conférence des évêques de Suisse, le rapport de la Commission sociale des évêques de France publié lundi à Paris, sous le titre "Devant le sida,

    relancer l’espérance", fait preuve de pragmatisme et la tolérance du préservatif dans certains cas est une solution sage, même si elle reste insuffisante, relève-t-il.

    Mgr Salina reconnaît dans l’attitude des évêques français un certain

    pragmatisme. Même s’il faut distinguer entre la déclaration de la Commission sociale de l’épiscopat qui seule engage les évêques de France, et

    l’étude qui l’accompagne, de caractère plus "privé". C’est uniquement dans

    cette étude, rédigée par des moralistes, des médecins et des spécialistes

    que l’on parle de la nécessité du préservatif, explique-t-il mardi dans une

    interview à l’APIC. La déclaration épiscopale est avant tout un appel à la

    responsabilité, au respect de la vocation et de l’idéal de l’homme. L’Eglise ne peut prôner que l’idéal de la relation sexuelle dans le cadre défini

    d’un amour responsable.

    En définitive, on sent dans ce document une solution sage, estime Mgr

    Salina. L’Eglise doit dire à l’homme qu’il est fait à l’image de Dieu. "Il

    est cependant évident que je vais rencontrer beaucoup de gens qui ne se situent pas là et qui sont incapables de porter cette morale. Je ne vais pas

    leur dire: "Je t’interdis". Selon la formule de l’abbé Pierre: "Il ne faut

    pas ajouter le crime à la faute". Telle a été l’attitude pragmatique de Mgr

    Decourtray, ancien archevêque de Lyon ou de Mgr Lustiger, archevêque de Paris. C’est la question du ’moindre mal’ en théologie.

    Mgr Salina ne voit dans la déclaration française aucun acte de défiance

    envers le Vatican. Le pape appelle à la responsabilité, à la fidélité.

    "Mais ce qui est faux - et les évêques français le relèvent - est de dire

    que tout est résolu, et les comportements et les responsabilités, grâce au

    préservatif qui serait le seul salut. Ce n’est pas vrai, le salut est dans

    un comportement responsable. Je le maintiens: avoir des relations sans responsabilisation est une attitude erronée."

    Les évêques suisses appelés à prendre position

    Quant à la Conférence des évêques suisses, elle n’a pas encore discuté

    d’une éventuelle prise de position officielle, ajoute Mgr Salina.

    Du côté de la Ligue suisse de femmes catholiques (SKF), on se réjouit de

    cette prise de position comme d’"un pas dans la bonne direction". "Cette

    analyse est juste, car dans le domaine de la prévention du sida, il s’agit

    de vie ou de mort", a déclaré à l’APIC Maria Gemperle, membre du Comité

    central. Pour la SKF, qui souhaite que les évêques suisses s’occupent de la

    question, on ne peut pas laisser ce problème de côté et se contenter de dire: "Faites attention". (apic/mp)

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