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    apic/Mgr Ngabu

    Zaïre: Mgr Ngabu en guerre contre "l’esprit de vengeance" (130397)

    Le président de la Conférence épiscopale zaïroise nie

    que des massacres sont commis par les hommes de Kabila.

    Paris, 13mars(APIC) Le témoignage sur un "génocide" contre les réfugiés

    hutus du Zaïre récemment relayé par certains journaux est "quelque peu

    exagéré", estime Mgr Faustin Ngabu, évêque de Goma et président de la

    conférence épiscopale du Zaïre. Hôte du Secours Catholique, Mgr Ngabu a

    donné mardi à Paris au Conseil permanent de l’épiscopat français son

    témoignage sur les événements du Zaïre.

    Mgr Ngabu n’était pas à Goma ni dans l’Est du Zaïre au moment de

    l’avancée des troupes de Laurent Kabila, mais à Kinshasa. "Pour les fêtes

    de Noël, je suis cependant retourné à Goma, mais je n’ai pas une seule fois

    entendu parler de massacres à grande échelle", précise l’évêque lui-même

    proche des Tutsis.

    Le témoignage d’un Occidental selon lequel plus de 500’000 réfugiés

    auraient déjà trouvé la mort, soit de faim, soit qu’ils aient été massacrés

    par les rebelles Tutsis, est recusé par Mgr Ngabu. Ce témoignage auquel le

    HCR. a réagi après sa publication par certains quotidiens, est selon le

    prélat "quelque peu exagéré".

    Par ailleurs, aucun des missionnaires que l’évêque a visité à Goma, ni

    les autres religieux africains et des communautés de laïcs engagés n’a fait

    état de tels massacres. "Si cela avait été le cas, vous pensez bien que

    j’en aurais été informé", a-t-il déclaré.

    Une manipulation ?

    Mgr Ngabu souligne en outre que, "pas une seule fois, le document ne

    parle des exactions de l’armée zaïroise. Ces exactions sont pourtant

    connues. "Je trouve cela très grave, dit-il. C’est remettre à nouveau en

    avant cette idéologie ethnocentriste. Il faut nous libérer du mal dont nous

    souffrons tant dans la région.

    Le prélat appelle à la réconciliation. "Il faut parler le langage de la

    fraternité, pour extirper ce mal enraciné dans notre société. C’est une

    question de survie pour tous, et c’est le travail de l’Eglise",

    souligne-t-il.

    Dans une interview accordée au quotidien français "La Croix", Mgr Ngabu

    n’exclut pas la thèse d’une "manipulation" de ceux qui persistent à vouloir

    nier le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda. "Pour cela on en crée

    un nouveau, celui-là contre les Hutus, pour contrebalancer", affirme-t-il.

    A l’opposé du précédent témoin anonyme qui avait fait état de massacres

    systématiques commis par les rebelles, Mgr Ngabu confirme que les hommes de

    Kabila sont accueillis en libérateurs, "compte tenu essentiellement des

    exactions de l’armée zaïroise". A Bukavu, à Uvira, à Goma, les gens, s’ils

    ont été surpris par les rebelles, "se sentent aujourd’hui plus dans la

    paix", se plait-il à expliquer. "Les rebelles étaient attendus comme des

    libérateurs" dans le nord, à Bunia et à Isiro.

    L’espoir de dirigeants nouveaux

    Mgr Ngabu reconnaît que les rebelles "apportent au Zaïre l’espoir de

    dirigeants nouveaux pour le salut du peuple" et que "le changement est

    nécessaire". Il n’ignore pas pour autant que les rebelles "ont sans doute

    doute tué". "Vous savez, il y a toujours cet esprit de vengeance, a-t-il

    explique-t-il. "Ce n’est pas beau, c’est condamnable. Mais cela existe",

    précise-t-il.

    Les crimes commis par les rebelles sont considérés par l’évêque comme le

    revers de la médaille, car "il faut savoir que les rebelles tutsis

    d’origine rwandaise ont été eux-mêmes touchés par le génocide, quand ils

    n’ont pas subi des exactions des miliciens hutus, notamment dans la Masisi

    (Nord-Kivu).

    "La guerre, comme toutes les guerres, fait que des civils sont tués,

    poursuit l’évêque. Il y a aussi le problème des réfugiés en fuite, pris

    dans les combats, touchés par le choléra, épuisés par des centaines de

    kilomètres de marche. Tout cela provoque beaucoup de morts. Vous savez, les

    charniers vus sont à ciel ouvert. Ils ne sont pas cachés. Et puis, on

    oublie dans ce document de parler aussi des actions des miliciens hutus qui

    ont assassiné des réfugiés parce qu’ils voulaient rentrer au Rwanda.

    Mgr Ngabu entend ouvrir lui-même une enquête qui lui permettra de "faire

    connaitre la vérité". Quand je rentrerai à Goma dans quelques jours, je ne

    manquerai pas de faire "une enquête" et ferai connaître la vérité sur ces

    massacres, conclut-il. (apic/cip-cx/fd)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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