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    apic/Mgr Martinelli/Libye

    Mgr Martinelli la Libye n’est pas un Etat terroriste!

    On veut faire taire sa voix sur le Moyen-Orient! (120397)

    Rome/Tripoli, 12mars(APIC) "Accuser aujourd’hui la Libye de terrorisme

    procède d’un préjugé commode chez ceux qui veulent faire taire la voix de

    ce pays sur la question du Moyen Orient, sur la politique méditerranéenne

    et africaine": c’est la réponse de Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli, la capitale libyenne, faite à Washington. Ce dernier réagissait aux critiques suscitées par l’établissement, lundi, de relations

    diplomatiques entre ce pays et le Saint-Siège, dont il a été la cheville

    ouvrière.

    Réagissant publiquement aux commentaires de la diplomatie américaine qui

    ont suivi cette décision, Mgr Martinelli, un franciscain italien, s’insurge: "Les Libyens n’ont jamais été des terroristes. Peut être ont-ils par le

    passé apporté un soutien idéologique et financier au terrorisme. Mais isoler un Etat n’est pas un moyen de résoudre les problèmes politiques. Nous

    ne sommes pas pour l’isolement, mais pour le dialogue".

    Le département d’Etat américain a en effet confirmé dès lundi la position des USA: la Libye "doit être isolée et personne ne doit avoir de relations avec ce pays". Précisant que cette mise en garde n’était pas une critique à l’encontre du pape, le porte-parole Glyn Davies a ajouté, non sans

    ironie: "Les fonctionnaires du Vatican qui rencontreront des Libyens pourront centrer la conversation sur le soutien libyen au terrorisme, l’opposition libyenne au processus de paix et la remise aux Etats-Unis ou à la

    Grande-Bretagne des responsables de l’attentat de Lockerbie".

    Des "niaiseries"

    L’Angleterre et les Etats-Unis accusent en effet le gouvernement libyen

    de terrorisme, Tripoli refusant de livrer deux terroristes qu’ils accusent

    de l’attentat d’un avion de la Pan Am, qui s’est écrasé sur la ville de

    Lockerbie (Ecosse) en 1988. "Des niaiseries", a lancé Mgr Martinelli sur

    les ondes de Radio Vatican. "Les libyens sont prêts à remettre ces deux accusés, mais pas à ceux qui les accusent. Ils veulent les remettre en un

    lieu de jugement indépendant. Et nous verrons où se trouve la vérité. Je ne

    veux pas dire que les accusations sont fausses, mais il faut les prouver.

    On ne peut appliquer un embargo sur base d’accusations sans preuve".

    En attendant, la Libye est soumise à un embargo aérien, décidé par le

    Conseil de sécurité, pour obliger le Colonel Kadhafi à livrer les auteurs

    ou complices présumés des attentats contre des avions américains et français. Et l’un des motifs - outre des aspects religieux - de la décision du

    Vatican d’établir des relations diplomatiques avec la Libye est précisément

    de contribuer à sortir ce pays de son isolement international.

    Mgr Laboa ne fait pas d’anti-américanisme primaire

    Ce qui fait dire, à Mgr José Sebastien Laboa, nouveau nonce à Tripoli:

    "La décision du Vatican affaiblit la politique d’isolement des Etats-Unis

    contre le régime de Tripoli. Si on voulait ne tenir compte que des seuls

    attentats contre la vie, le Saint-Siège ne pourrait même pas entretenir de

    relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Il suffit de citer les investissements pour la planification familiale dans le Tiers Monde par le biais de politiques en faveur de l’avortement".

    Ce nonce au franc parler était en poste à Panama en 1989 quand Noriega,

    chassé par les Etats-Unis, était venu chercher refuge à la nonciature. Il

    dément tout anti-américanisme de sa part: "Le Président Bush m’a même remercié de ce geste parce que, m’a-t-il dit, j’avais évité une guerre civile

    et une guérilla dans les montagnes. De fait, c’étaient les deux conditions

    que j’avais posées à Noriega avant de l’accueillir à la Nonciature".

    Revenant à la Libye, le nouveau nonce ne nie pas qu’une des raisons qui

    a pu pousser le Vatican à établir des relations diplomatiques vient de

    l’opposition ferme du Colonel Kadhafi au fondamentalisme islamique. (apicimed/pr)

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