Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 95 lignes (max. 75 signes), 887 mots et 5795 signes.

    apic/Mgr Fürer/ Interview

    APIC - interview

    Mgr Ivo Fürer, évêque de St-Gall depuis un an (150596)

    L’eucharistie passe avant le célibat

    Georges Scherrer, agence APIC

    St-Gall, 15mai(APIC) Mgr Ivo Fürer est depuis un an évêque de St-Gall.

    Ordonné évêque le 5 juin 1995, il a pris la sucession à la tête du diocèse

    de Suisse orientale de Mgr Otmar Mäder. Mgr Fürer qui est également

    vice-président de la Conférence des évêques suisses (CES) a évoqué avec

    l’APIC quelques unes des questions qui agitent l’Eglise en Suisse: La place

    des femmes, le célibat des prêtres, le lien avec Rome.

    APIC: Vous êtes depuis un an évêque de St-Gall et par là-même membre de la

    Conférence des évêques suisses. Comment se vit la collaboration?

    Mgr Ivo Fürer: Nous avons un bon climat de collaboration. La Conférence des

    évêques a profondément changé de visage ces dernières années. Nous n’avons

    donc pas une grande expérience de la collaboration. Je suis, après Mgr

    Haas, le plus ancien évêque diocésain en fonction. Nous avons un climat

    très ouvert, même s’il y a parfois de rudes controverses. Avec Mgr Haas

    nous avons la plupart du temps des positions différentes.

    APIC: L’éviction de Maria Brun comme attachée de presse de la Conférence

    des évêques suisses a suscité des commentaires acerbes dans la presse. Elle

    était la seule femme à avoir une responsabilité au sein de la direction de

    l’Eglise en Suisse. Les femmes n’ont-elles donc pas de place à ce niveau?

    I.F.: Je regrette que Maria Brun n’ait pas pu être remplacée par une femme.

    J’ai trouvé très précieux qu’une femme assiste aux débats de la Conférence

    des évêques. Je le constate aussi à l’évêché où nous avons deux femmes qui

    participent aux séances, Margareth Küng, vice-chancelière, et Rosmari Früh,

    chargée de l’information. Je suis très content qu’il ne s’agisse pas d’une

    assemblée exclusivement masculine. Nous voyons ainsi beaucoup de choses autrement.

    APIC: Plus généralement quelle est la place de la femme dans l’Eglise?

    I.F.: Il ne s’agit pas seulement du rôle de la femme, mais du rôle de la

    "communauté" de la femme et de l’homme. Sur ce sujet la situation est tendue dans l’Eglise, mais aussi dans la société. Un large développement est

    actuellement en cours. Je crois qu’un plus grand droit de parole pour les

    femmes ne peut être que fructueux. Pour moi la participation des femmes aux

    instances de décision ne figure cependant pas au premier plan. L’essentiel

    est que les femmes puissent mieux apporter leur sensibilité. Je trouve personnellement que parfois nous n’accordons pas assez d’attention aux femmes.

    APIC: A l’instar d’autres évêques, vous avez évoqué devant la presse la

    possibilité de l’ordination de "viri probati", d’hommes mariés éprouvés

    dans leur foi?

    I.F.: Fondamentalement il est clair que les prêtres qui célèbrent l’eucharistie appartiennent à la structure même de l’Eglise. Le fait qu’ils soient

    célibataires peut par contre être changé. Si par manque de prêtres l’eucharistie ne peut plus être assurée, le sacerdoce passe avant le célibat.

    APIC: A vos yeux, la décision de l’abolition du célibat des prêtres devrait

    être le fait d’un concile. Mais en même temps vous estimez que cette seule

    question n’est suffisante pour convoquer un concile...

    I.F: Un concile a besoin d’un cadre plus large. Il y a beaucoup d’autres

    problèmes plus fondamentaux qui se posent. Par exemple comment construire

    une communauté avec des personnes pour qui la foi est devenue une affaire

    totalement privée?

    APIC: Dans plusieurs endroits, en raison du manque de prêtres, des laïcs

    sont nommés responsables de paroisse. Ils ne peuvent cependant pas célébrer

    l’eucharistie. Pour éviter que l’eucharistie ne perde de la valeur pour les

    communautés qui se contenteraient de liturgies de la parole, ne devrait-on

    pas élargir les compétences de ces personnes?

    I.F.: La distribution des sacrements, la célébration de l’eucharistie, le

    sacrement de la réconciliation et aussi le baptême sont prioritaires pour

    un prêtre. Mais les prêtres ont aussi d’autres responsabilités pastorales

    qui peuvent être partagées avec les laïcs. Par exemple pour la proclamation

    de l’Evangile. Nous sommes actuellement en discussion avec Rome pour la célébration des mariages. Mais ce qui est transmis au prêtre à travers

    l’ordination ne peut pas simplement être délégué aux laïcs.

    APIC: Le nonce apostolique parle d’un sentiment anti-romain assez répandu

    en Suisse. En est-il de même à St-Gall?

    I.F: Je pense que oui. Actuellement il y a une certaine attitude défensive.

    Le problème est que ce que dit le pape n’est souvent pas retransmis de manière correcte par les médias. Même s’il faut reconnaître la difficulté de

    faire passer de tels documents. Une encyclique de 200 pages ne peut pas

    être lue par n’importe qui. On constate un problème de communication.

    APIC: Il est souvent difficile de faire le lien entre la vie quotidienne et

    l’enseignement de l’Eglise. Ce sentiment anti-romain ne vient-il pas de là?

    I.F.: Fondamentalement la tension réside dans le fait que les gens voudraient que l’enseignement de l’Eglise s’adapte à ce qu’ils vivent. Mais

    l’enseignement de l’Eglise se base sur la fidélité à l’Evangile que Jésus a

    donné au monde. L’Evangile présente une exigence pour l’homme. Il ne s’agit

    pas que l’enseignement de l’Eglise s’adapte à l’homme. Dans la conception

    contemporaine le grand problème est que l’homme se considère comme la mesure de tout. Trouver un pont entre l’Evangile et le vécu de l’individu, telle est la tâche de la pastorale. L’évêque en est également responsable.

    (apic/gs/traduction et adaptation Maurice Page)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus