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    apic/Meyrin/ Centre oecuménique/20e anniversaire

    Meyrin: 20e anniversaire du Centre paroissial oecuménique (120396)

    Une Eucharistie vraiment célébrée ensemble

    Quand protestants et catholiques dialoguent sur leurs divergences

    Meyrin, 12mars(APIC) Le Centre paroissial oecuménique de Meyrin (CPOM),

    près de Genève, a soufflé dimanche ses vingt bougies. Selon une pratique

    assez unique en Suisse, une célébration oecuménique avec Eucharistie et

    Sainte-Cène, présidée par deux prêtres et deux pasteurs a manifesté la joie

    des deux paroisses qui depuis 1976 ont réalisé "deux églises sous un même

    toit", seulement séparés par un hall d’accueil commun qui favorise les rencontres.

    Outre les autorités communales de Meyrin, on notait la présence de Nicole Fatio, présidente de l’exécutif de l’Eglise nationale protestante de Genève et de Daniel Brun, président du Conseil exécutif de l’Eglise catholique romaine, délégué par Mgr Amédée Grab, évêque du diocése. Participation

    aussi de l’Eglise évangélique de Meyrin, membre des Assemblées évangéliques

    de Suisse romande (AESR), qui sans être partie prenante du Centre, collabore avec conviction et amitié à certaines réunions et certaines célébrations.

    Interrogé par l’APIC, Jean Biondina, pasteur de la paroisse protestante

    de Meyrin, est heureux de ce geste concret posé entre les deux Eglises: "Le

    fait que nos prédécesseurs - je suis un jeune pasteur dans la communauté aient marqué dans la pierre un désir de collaborer sur la durée est pour

    moi une forme de défi. Pour thème biblique de la célébration, nous avons

    choisi le fameux récit de Jacob qui s’endort et qui voit en songe une

    échelle. La pierre sur laquelle il a dormi, il l’érige en stèle parce c’est

    un lieu où il rencontre Dieu. Il y a un vrai parallèle entre le fait de

    vouloir marquer dans la pierre - comme on l’a réalisé depuis 20 à Meyrin et une alliance qui marque physiquement les choses. Si le passé est bien

    inscrit dans la pierre, le présent est à inscrire dans la "chair humaine"

    de nos relations.

    Dans l’Eucharistie en commun, nous allons aussi loin que nous pouvons

    aller aujourd’hui en entrainant nos paroissiens dans cette trajectoire. Nos

    institutions chrétiennes peuvent représenter des signes d’espérance. Certes

    nos institutions sont des signes parfois un peu rigides. Nous souhaiterions

    qu’elles aillent plus vite. Mais en même temps c’est avec elles que nous

    devons composer et dialoguer.

    Philippe Bonte, président du Conseil de pastorale de la paroisse catholique, explique de son côté: "Nous avions invité motre évêque, Mgr Amédée

    Grab, mais ce dernier a délégué Daniel Brun. Il faut comprendre. Si Mgr

    Grab était venu dimanche chez nous, il aurait été normal qu’il préside la

    liturgie. Et dans une célébration oecuménique avec Eucharistie et Sainte

    Cène, c’est encore faire preuve de trop d’audace de demander à un évêque

    catholique de présider... Pour la célébration, les deux pasteurs, Jean

    Biondina et Jean-Jacques Meylan, pasteur de l’Eglise évangélique de Meyrin,

    étaient entourés de l’abbé Edmond Gschwend, curé de la paroisse catholique

    de Meyrin et de son auxiliaire, l’abbé Claude Stucki.

    Un article constitutionnel qui divise

    Le président du Conseil de la communauté catholique ne tombe pas dans

    oecuménisme béat. "Parfois j’entends des gens me dire: ’Vous avez un Centre

    oecuménique, deux églises sous le même toit. Chez vous, l’oecuménisme va de

    soi". Je réponds: ce n’est pas vrai. Le dialogue et l’écoute constante de

    l’autre sont toujours nécessaires. Certes nous vivons dans la même maison.

    Nous nous rencontrons tous les jours. Mais il reste des épreuves et des incompréhensions. Une preuve: Même après 20 ans de collaboration, l’article

    de la Constitution suisse qui exige l’autorisation des autorités fédérales

    pour créer de nouveaux évêchés divise nos communautés. Car non seulement

    l’Eglise nationale protestante de Genève a voté pour le maintien de l’article controversé, mais même notre chère paroisse protestante de Meyrin a

    émis le même avis. Alors nous catholiques, nous n’avons plus rien compris!"

    C’est pour cela qu’à fin janvier dernier, continue Philippe Bonte, nous

    avons eu une réunion importante pour nous expliquer. Beaucoup d’entre nous

    disaient: "Si on ne s’explique pas franchement nos divergences, nous ne

    pourrons pas faire la fête le 10 mars. Cela aurait été un mensonge. Nous

    aurions fait semblant qu’il n’y avait pas de difficultés réelles entre

    nous.

    L’Eucharistie en commun

    Philippe Bonte est également fier d’expliquer la célébration oecuménique

    de dimanche. Avec un humour de bon aloi, conscient que cette célébration

    pose peut-être des questions à des théologiens ou à des canonistes rigoureux, il dit aimer ces célébrations oecuméniques avec Eucharistie et Sainte

    Cène. Elles ont lieu à certaines fêtes religieuses (Noël, les Rameaux) ou à

    d’autres fêtes plus profanes, comme la kermesse annuelle. Après la liturgie

    de la Parole, nous arrivons à la prière eucharistique, la prière de l’institution de l’eucharistie proprement dite. Elle n’est prononcée qu’une

    fois par le prêtre catholique. Autrefois il avait deux formules répétées.

    Une fois c’était le pasteur qui commençait, une autre fois, c’était le prêtre catholique. Nous avons depuis fait un pas de plus.

    Cette pratique oecuménique à Meyrin, je crois, est assez unique. La

    communion se fait aussi ensemble. Et Philippe Bonte de conclure: "C’était

    très beau dimanche de voir catholiques et protestants s’avancer ensemble

    pour la communion. Chacun se dirige soit vers le pasteur soit vers le prêtre. Les fidèles restent libres. Et j’ai vu des catholiques recevoir le

    Corps du Christ par le pasteur et des protestants se faire offrir le calice

    des mains du prêtre. Dans un rire communicatif et plein d’espérance, Philippe Bonte a l’air de dire: "le Christ nous aime tous. Il nous aide vraiment à vivre un jour l’unité pleinement retrouvée". (apic/ba)

    Encadré

    Situé au centre de la ville de Meyrin, le Centre paroissial oecuménique est

    l’oeuvre de deux architectes, l’un protestant Gérard Sameli, l’autre catholique Robert Nagy. Toutes les tâches relatives au fonctionnement du Centre

    ainsi que les activités paroissiales proprement dites sont gérées ensemble.

    Du chauffage du bâtiment jusqu’à la collaboration théologique lors de séances de réflexion.

    Aujourdhui, le principal objectif du Centre se situe dans la formation

    des jeunes et des arrrivants à la tradition interconfessionnelle. Le Groupe

    de réflexion oecuménique (GRO), créé en 1986, a effectué un travail théologique intense en 10 ans. Il cherche à faire apparaître une unité entre la

    foi catholique et protestante, notamment la reconnaissance réciproque du

    baptême - ce qui est acquis ailleurs en oecuménisme - mais aussi le fait

    que dans l’Eucharistie ou la Sainte Cène, se réalise la présence de JésusChrist ressucité. (apic/av/ba)

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