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    apic/Mexique / Jean Paul II

    Rome: Jean-Paul II a reçu le président du Mexique (010296)

    Première visite officielle depuis

    le rétablissement des relations diplomatiques

    Rome, 1erfévrier(APIC) Le pape Jean-Paul II a reçu jeudi Ernesto Zedillo

    Ponce de Leon, président du Mexique. C’est la première visite officielle

    d’un président mexicain depuis l’établissement des relations diplomatiques

    entre le Saint-Siège et le Mexique en 1992 Le pape a réaffirmé "la ferme

    volonté de l’Eglise de continuer de coopérer avec les autorités et les diverses instances publiques en faveur des grandes causes de l’homme comme

    citoyen et comme fils de Dieu".

    Au Mexique, l’heure est à la détente entre l’Eglise et l’Etat, à un dialogue constructif et fréquent entre les autorités civiles et les pasteurs

    de l’Eglise qui renforce les relations entre les deux institutions, a constaté le pape. Et d’ajouter immédiatement: "Pour leur part, l’épiscopat, les

    prêtres et les communautés religieuses poursuivront infatigablement leur

    travail d’évangélisation, d’assistance et d’éducation en faveur de la société". Un service qui s’adresse "en premier lieu aux plus nécessiteux":

    paysans, indigènes, jeunes, chômeurs, mais qui est "pour tous".

    A propos du Chiapas

    Le pape a évoqué, sans le nommer, le Chiapas. Les conflits pourront être

    surmontés, a-t-il insisté, par le dialogue et par le respect des minorités

    ethniques, afin que celles-ci puissent jouir d’un climat de paix et de prospérité véritable, à l’abri de toute forme de violence et d’interférences

    extérieures.

    La rébellion dans l’Etat de Chiapas, qui couvait depuis une quinzaine

    d’années, a éclaté le 1er janvier 1994, au moment de l’entrée en vigueur du

    traité de libre échange entre le Mexique et les Etats-Unis. On a en effet

    parlé alors d’influences extérieures, Marcos, le chef des rebelles, ayant

    été formé dans les camps d’entraînement du Guatemala et du Nicaragua. Selon

    Jesus Colina, journaliste spécialiste des questions mexicaines, l’opposition de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale était en fait plus pragmatique qu’idéologique: les Indiens voulaient faire respecter leurs droits.

    L’Etat des Chiapas, dans le sud du pays, où la population indienne est

    nombreuse, est l’un des plus riches en ressources, notamment en pétrole et

    bois précieux. Pourtant, la population n’a pas encaissé les bénéfices de ce

    patrimoine exceptionnel, injustice qui a nourri le soulèvement.

    En 1995, les combats ont cessé, après un accord negocié par Mgr Samuel

    Ruiz, évêque de San Cristobal de Las Casas. Ce qui n’a pas empêché le président Ponce de Leon de critiquer l’évêque dans une interview accordée la

    semaine passée au quotidien espagnol "El Pais", suscitant l’indignation au

    Mexique, où beaucoup savent que l’Eglise s’est engagée aux côtés des plus

    pauvres et continue de le faire et que le bilan de son action est positif:

    les violences ont cessé et les Zapatistes ont accepté d’entrer en politique

    en fondant récemment un parti qui prendra part au jeu démocratique.

    Dialogue et participation

    Parmi les réformes positives survenues dans le pays, le pape a signalé

    l’amélioration de la loi électorale, des accords entre groupes politiques

    et organisations sociales pour favoriser un système politique plus démocratique et de participation. Jean-Paul II a insisté aussi sur le développement économique et social, qui doit s’inspirer de principes éthiques et qui

    nécessite des efforts et des sacrifices. La stabilité économique peut seule

    garantir aux plus défavorisés une vie plus digne, a insisté le pape.

    Beaucoup reste donc à faire pour mettre en oeuvre les grands principes

    que le pape n’a pas hésité à nommer: défense de la vie, respect de la vérité, engagement résolu pour la justice et la solidarité, honnêteté, capacité de dialogue, participation à tous les niveaux.

    Un sérieux problème a encore retenu l’attention de Jean-Paul II: celui

    de la croissance démographique. Dignité de la personne, authentique promotion de la femme et droits des enfants sont pour le pape les trois exigences auxquelles les programmes doivent satisfaire. Dans ce domaine aussi, la

    collaboration avec l’Eglise est très souhaitable. Les centres catholiques

    d’enseignement ont en effet le souci de former les consciences sur les valeurs spirituelles et humaines véritables et incontournables. (apic/cip/mp)

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