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    Le texte contient 91 lignes (max. 75 signes), 1007 mots et 6623 signes.

    apic/Mariage mixte/Musulmans/Droit islamique contre droit occidental/Aldeeb

    Lausanne:Information juridique sur les mariages(270296)

    mixtes entre Suisses et étrangers musulmans

    Conflits potentiels entre normes islamiques et droit occidental

    Lausanne, 27février(APIC/Jacques Berset)Les mariages mixtes entre Suisses et étrangers musulmans ou Suisses convertis à l’islam sont de plus en

    plus nombreux dans notre pays. Mais les personnes qui s’engagent dans une

    telle union ne sont pas toujours conscientes que nombre de concepts du

    droit islamique sont totalement étrangers au système juridique suisse. Il

    arrive que les conséquences d’une telle décision soient dramatiques.

    Dans un but d’information et de "prévention", l’Institut suisse de droit

    comparé à Lausanne a rédigé un document d’une vingtaine de pages intitulé

    "Mariages mixtes entre Suisses et étrangers musulmans. Enjeux de normes légales conflictuelles". L’Institut recommande aux personnes voulant contracter ce type de mariage mixte de mettre leur accord par écrit. Un contrat

    type de mariage est prévu à la fin de la brochure et il est recommandé de

    le remplir devant un notaire qui en garde un exemplaire, "même si la femme

    doit être consciente qu’un tel contrat a peu de chance d’être respecté si

    les deux conjoints retournent dans un pays musulman, puisque la loi islamique favorisera toujours la partie musulmane".

    S’engager en connaissance de cause, pour éviter les drames éventuels

    Sami Aldeeb, l’auteur de la brochure, est le responsable de la section

    du droit arabe et musulman de l’Institut suisse de droit comparé. Chrétien

    arabe d’origine palestinienne et de nationalité suisse, il a accumulé depuis quinze ans les informations qui sont à la base de la brochure, résultat de centaines de consultations juridiques dans ce domaine. Cette brochure s’adresse aussi aux officiers d’état civil pour informer les personnes

    désireuses de contracter ce type de mariage mixte. Elle fournit également

    une liste indicative d’organismes de consultation qui peuvent aider et informer les couples mixtes.

    L’ignorance de la législation musulmane - qui fait, contrairement au

    droit suisse, une distinction sur la base de la religion - et le fait que

    "l’amour rend aveugle" peuvent parfois provoquer des drames:perte de la

    garde des enfants en cas de répudiation ou de divorce, pressions à la conversion religieuse du conjoint non musulman, religion musulmane imposée au

    enfants, problèmes d’héritage pour le conjoint non musulman, etc.

    Les normes islamiques ne sont pas admises en Suisse

    Certes, admet Sami Aldeeb, les normes islamiques ne sont pas admises en

    Suisse, mais il vaut tout de même mieux les connaître. Selon la législation

    islamique, en effet, qui ne connaît pas le principe de réciprocité, que le

    non musulman soit croyant ou non, pratiquant ou non, il est avant tout considéré comme non-musulman et se voit appliquer un régime juridique différent. En islam, la liberté religieuse est à sens unique:si un juif ou un

    chrétien peut facilement devenir musulman, le musulman ne peut en aucun cas

    changer de religion, sauf à être considéré par le droit musulman classique

    comme un apostat et risquer par conséquent sa vie.

    L’absence de réciprocité existe également dans le mariage: un non-musulman ne peut pas épouser une musulmane, alors qu’un musulman peut épouser

    une chrétienne ou une juive, mais dans ce cas, les enfants sont automatiquement musulmans. Si la Constitution suisse protège la liberté religieuse

    et l’égalité entre hommes et femmes, permettant ainsi à une musulmane

    d’épouser un non-musulman en Suisse, "elle risque cependant d’être kidnappée, voire mise à mort par ses parents et ses coreligionnaires", note Sami Aldeeb.

    Une seule issue:la conversion à l’islam

    "Il peut arriver que si la musulmane ayant épousé un chrétien retourne

    dans son pays en compagnie de son mari, elle soit séparée de lui immédiatement et tous les deux risquent leur propre vie, leur relation étant considérée comme adultère". Pour échapper à ce sort, il ne reste plus qu’au nonmusulman qui veut épouser une musulmane à se convertir à l’islam. Cependant, même s’il ne le fait que formellement, ses enfants, eux, seront obligatoirement des musulmans en vertu de la loi islamique. Ils ne pourront de

    ce fait plus jamais quitter l’islam, sous peine d’apostasie.

    La mise à mort des apostats n’est certes prévue expressément que dans

    deux codes arabes, en Mauritanie et au Soudan. Dans d’autres pays musulmans, celui qui a tourné le dos à l’islam subit une sorte de "mort sociale"

    et des discriminations très graves: interdiction de mariage, séparation de

    son conjoint et de ses enfants s’il est déjà marié, impossibilité d’hériter, ouverture de sa propre succession (il est considéré comme mort), perte

    d’emploi, emprisonnement, risque d’élimination physique par des membres de

    sa propre famille, etc...

    En Occident, la femme lutte pour l’égalité des droits, mais en islam,

    les normes religieuses imposent l’autorité de l’homme sur la femme. "La

    femme suisse qui épouse un musulman s’expose immanquablement à une perte

    des droits que les femmes occidentales ont obtenus après des luttes acharnées", avertit le juriste d’origine arabe. Et si un contrat de mariage en

    Suisse peut limiter les risques, il recommande encore aux femmes qui vont

    s’installer dans un pays islamique d’éviter de rompre les liens avec le

    pays ("il faut garder à tout prix la nationalité suisse") ou sa famille, et

    surtout veiller à faire inscrire les enfants sur son passeport.

    Un mariage mixte peut aussi être heureux

    Sami Aldeeb rappelle encore que la plupart des pays musulmans permettent

    à l’homme musulman d’épouser quatre femmes simultanément, qu’elles soient

    musulmanes, chrétiennes ou juives. Si en Suisse la polygamie est interdite,

    rien n’empêche le mari musulman d’aller épouser une autre femme dans son

    pays d’origine. Mais loin de lui l’idée de dissuader une personne qui a mûrement réfléchi de contracter un mariage mixte; Sami Aldeeb affirme que son

    but est seulement d’attirer l’attention sur des aspects juridiques et culturels qui peuvent échapper de prime abord. Et de conclure:"Un mariage

    mixte peut aussi être heureux!" (apic/be)

    La brochure "Mariages mixtes entre Suisses et étrangers musulmans. Enjeux

    de normes légales conflictuelles" peut être commandée pour le prix de 3

    francs auprès de l’Institut suisse de droit comparé, Dorigny, 1015 Lausanne

    (Tél: 021/692 49 11; Fax 021/692 49 49)

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