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    apic/Maradiaga/ Interview

    APIC - Interview

    Mgr Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, nouveau président du CELAM (190595)

    "Inculturer l’Evangile dans la politique et l’économie"

    Tegucigalpa, 19mai(APIC) Pour le nouveau président du Conseil épiscopal

    latino-américain (CELAM), Mgr Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, le souscontinent a besoin de profondes réformes politiques et économiques. L’Eglise catholique doit y contribuer. Le travail pastoral et le travail social

    ne peuvent être séparés; la politique n’est pas l’art de s’enrichir au détriment des autres, insiste l’archevêque de Tegucigalpa, au Honduras.

    APIC: Quels sont vos plans en tant que nouveaux président du CELAM?

    Mgr Maradiaga: Ces plans ne sont pas les miens, mais ceux que les évêques

    latino-américains ont décidé ensemble lors de leur dernière assemblée plénière à St-Domingue. Il s’agit de 75 propostions approuvées par tous les

    participants. Dans la dernière semaine de juillet, nous aurons à Bogota une

    rencontre des coordinateurs régionaux, afin de définir plus exactement un

    nouveau plan global. Nous avons une priorité: l’inculturation de l’Evangile

    dans la politique et l’économie des pays latino-américains.

    APIC: Qu’est-ce que cela signifie concrètement?

    R.M.: Nous, les évêques, voulons parler avec les responsables des gouvernements nationaux, des institutions économiques nationaux et des organismes

    de crédit internationaux. La pauvreté massive de notre sous-continent ne

    peut être combattue que par des changements politiques et économiques. Il

    s’agit d’abord d’amener les responsables à une prise de conscience afin

    qu’ils prennent la pauvreté au sérieux. Les responsables doivent comprendre

    que la pauvrété n’est pas seulement un phénomène économique mais aussi humain et que les problèmes ne peuvent pas tous être résolus par des analogies macro-économiques.

    Deuxièmement, nous, Eglise catholique, devons faire valoir notre influence au niveau politique, car dans ce milieu, l’Evangile est à peine présent. Certes, la majorité des politiciens latino-américains se disent catholiques, mais ils ne portent aucune attention à l’enseignement social de

    l’Eglise quand il s’agit de questions politiques. Les gouvernements changents, mais il n’y a jamais de changement social et économique.

    APIC: Où se situe le principal problème?

    R.M.: Les politiciens de tous les partis considèrent le gouvernement comme

    une sorte de domaine personnel, dans lequel on peut s’enrichir afin de ne

    plus avoir à travailler après la fin de son mandat. Ils n’ont absolument

    aucun intérêt au bien commun. De là découle une corruption généralisée sur

    laquelle le système est finalement fondé. Dès lors la jeunesse ne s’intéresse plus du tout à la politique. Ces éléments causent de graves dommages à

    la démocratie. C’est pourquoi nous devons éduquer le peuple à la démocratie.

    APIC: Que signifie la nomination d’un évêque du Honduras à la tête du

    CELAM?

    R.M.: Pour moi, c’est un appel à un engagement énergique en faveur de l’option pour les pauvres, car nous sommes l’un des pays les plus pauvres

    d’Amérique latine. C’est un signe d’espoir, une stimulation pour le peuple.

    Nous sommes habitués à ne recevoir que de mauvaises nouvelles. On nous dit

    toujours "vous êtes sous-developpés, pauvres etc". Cette nouvelle nous donne quelque espoir.

    APIC: Que mettez-vous plus précisément sous le terme option pour les pauvres?

    R.M.: Le problème fondamental est que le peuple n’est pas éduqué à sortir

    de la pauvreté. L’option pour les pauvres signifie donc pour moi éduquer le

    peuple à sortir de la misère. Il ne s’agit pas de se limiter à l’éducation

    scolaire, mais il faut s’engager dans la famille et l’ensemble du domaine

    social. Le travail pastoral est toujours un travail social qu’on ne peut

    plus aujourd’hui traîter séparement. (apic/kna/mp)

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