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    apic/Malawi/ corruption

    Malawi: Les sept évêques catholiques dénoncent

    la corruption qui gangrène la société (041096)

    Gaborone/Botswana, 4octobre (APIC) Les sept évêques catholiques du Malawi

    ont condamné dans une lettre pastorale la corruption qui règne dans le

    pays. Aucun secteur de la société n’est à l’abri de ce fléau qui s’étend au

    détriment de l’intérêt commun, déplorent-ils.

    Suite à cette dénonciation, le président du Malawi, Bakili Muluzi à demandé à ceux qui détenaient des preuves de corruption impliquant des

    fonctionnaires de les présenter. Il a en outre affirmé que des innocents

    seraient inévitablement accusés, si l’on n’apportait pas de preuves. Son

    gouvernement, a-t-il ajouté, ne luttera contre la corruption que si ces

    preuves sont fournies. Il s’est cependant dit prêt à licencier tout

    fonctionnaire reconnu coupable de ce délit.

    Dans leur lettre pastorale, les évêques du Malawi écrivent "qu’aucun

    secteur de la société n’est à l’abri de la corruption, qu’ils voient

    s’étendre au détriment de l’intérêt commun. La lettre se garde cependant de

    citer aucun nom.

    Les évêques critiquent en outre les méthodes adoptées par le gouvernement pour lutter contre la pauvreté. "La pauvreté ne peut être éliminée par

    la distribution de dons. Il faut d’abord éduquer et former les gens", écrivent-ils.

    Pour une démocratie pluraliste

    Sur le plan politique, les évêques se félicitent du nouveau système de

    démocratie multipartite, tout en se refusant à en rester là: "Ce n’est pas

    parce qu’il existe sept partis et qu’il n’y a pas la guerre dans notre

    pays, que nous pouvons dire que la justice règne et que tout va bien."

    La lettre pastorale précise que l’Eglise catholique compte aujourd’hui

    au Malawi 1,9 million de fidèles et 66’000 catéchumènes. Il y a 270 prêtres

    et plus de 560 religieuses et religieux. L’Eglise célébrera son centenaire

    au Malawi en l’an 2001.

    Ancien protectorat britannique, le Malawi a accédé à l’indépendance en

    1964, et fut le dernier pays d’Afrique australe à adopter un système pluraliste de gouvernement. L’Eglise catholique a été le fer de lance de la campagne pour le changement. Dans une lettre pastorale du 8 mars 1992, elle a

    accusé le gouvernement de "corruption et de népotisme", politique qui a

    creusé le "fossé entre riches et pauvres".

    Après la publication de cette lettre, plusieurs évêques ont alors été

    arrêtés et Mgr John Roche, d’origine irlandaise, fut expulsé du pays un

    mois plus tard. D’autres ecclésiastiques catholiques et presbytériens ont

    été arrêtés et ont été victimes de tracasseries et de menaces pendant les

    mois qui ont suivi.

    En 1992, ce pays de quelque 10 millions d’habitants a été secoué par une

    vague d’agitation et de protestations contre le régime du président Banda,

    et les nations donatrices occidentales ont suspendu l’aide humanitaire. En

    mai, au moins 69 personnes furent tuées au cours d’une émeute dans la ville

    industrielle de Blantyre. En juin 1993, lors d’un référendum, le multipartisme a été plébiscité. Peu après, le parlement a légalisé les partis politiques et en novembre, les députés ont aboli le principe de la présidence

    de la République à vie. En 1994 Bakili Muluzi, a battu aux élections l’ancien président Hastings Kamuzu Banda, (apic/eni/mp)

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