Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 114 lignes (max. 75 signes), 1210 mots et 8002 signes.

    apic/Lucerne/11e rencontre conseils pastoraux/dimanche/sabbat

    Suisse: 11e rencontre des Conseils de pastorale à Lucerne (081095)

    La tradition dominicale passée sous la loupe

    Le sabbat, référence incontournable

    Lucerne, 8octobre(APIC) Les délégués des Conseils de pastorale diocésaine

    et cantonaux souhaitent une revalorisation du dimanche. Pas seulement religieuse, mais comme un temps valable pour se ressourcer et vivre la dimension sociale de la communauté. Réunis vendredi et samedi au centre "Haus

    Bruchmatt" à Lucerne, ils se sont inspirés de la pratique judaïque du sabbat en redécouvrant que "ce temps de repos et de célébration joyeuse de la

    création a été fait pour le bien de l’homme". Aux termes des débats, ils

    ont voté une résolution demandant aux membres des Chambres fédérales "de ne

    pas sacrifier le règlement sur le travail durant le dimanche et de ne pas

    laisser sa résolution au seul jeu des partenaires sociaux".

    Conformément au sens religieux de "sabbat/dimanche": jour chômé, culte,

    souvenir de la Création et de la résurrection du Christ, les organisateurs

    de la rencontre avaient prévu du temps et une ambiance propices à s’imprégner liturgiquement de cette réalité. A cet effet, les délégués, dès leur

    arrivée, étaient invités à participer à un repas du soir festif ponctué par

    les prières et les chants de l’office juif de la veille du sabbat. Un membre de la communauté juive de Lucerne a présidé le "Kiddoush", cérémonie

    par laquelle on inaugure, après avoir prié les psaumes 95 et 97, la solennité du sabbat. Un verre de vin à la main, tout le monde a loué Dieu "qui a

    béni le 7e jour et le sanctifia, car en ce jour, il se reposa de toutes les

    oeuvres qu’il avait créées". Le président, psalmodiant en hébreu certains

    passages bibliques, fit aussi la bénédiction sur deux pains entiers, partagés ensuite en morceaux pour toute l’assistance.

    Les participants se retrouvaient tôt le samedi matin à la chapelle pour

    des laudes imprégnées de musique hébraïque et de textes de l’Ancien et du

    Nouveau Testament. Une manière profonde de donner les bases essentielles de

    l’origine et le sens social et religieux du sabbat.

    Cette première phase, méditative, a alors permis aux participants de réfléchir, d’abord deux à deux, puis en groupes sur ce qu’est devenu le dimanche actuel. Ce jour, considéré autrefois comme "sacré", a beaucoup évolué, non seulement à cause de la baisse de la pratique religieuse, mais par

    l’envahissement de loisirs multipliés - pas nécessairement négatifs en soi

    - et par un individualisme qui a fait éclater le sens du dimanche.

    Témoignages sur le dimanche d’aujourd’hui

    Trois approches différenciées, nourries d’exemples concrets, parsemées

    d’humour tonique, permettaient aux participants d’analyser "notre dimanche

    d’aujourd’hui". Bernadette Kurmann, d’Ebikon, rédactrice en chef de la revue "Frau + Familie aktuell", a d’abord évoqué les souvenirs de son enfance. Avec ses frères et soeurs, elle se trouvait "bien habillée", toute prête pour assister à la messe avec ses parents. L’après-midi, on ne manquait

    pas la promenade familiale autour de Lucerne! Puis, avec beaucoup de délicatesse, elle a décrit sa manière d’être avec ses trois filles entre 6 et

    10 ans. Il y a place encore aujourd’hui, si on le veut, pour célébrer la

    joyeuse présence de Dieu dans notre vie - même quand les enfants viennent

    se glisser dans le lit des parents - et qu’on leur donne à la fois la tendresse et le partage dialogué d’un livre religieux ou d’une prière inventée

    par les propres enfants. Bernadette Kurmann se dit déjà, avec son mari,

    qu’il faudra s’adapter à nouveau, quand elles deviendront adolescentes,

    pour vivre de beaux dimanches...

    Attention au tout économique

    Urs Häner, théologien laïc et travaillant dans une imprimerie à Lucerne,

    rappelle, de son coté, comment le dimanche actuel, est mis en danger. "On

    ne retrouve plus le rythme de la création, mais bien celui de la concurrence économique". D’où son opposition devant la tendance à l’extension du

    travail pendant le dimanche, d’où sa déception devant la récente décision

    du Conseil des Etats d’ouvrir des brèches dans ce sens. "Le jour qui fait

    mémoire de la résurrection du Christ doit redevenir un dimanche et non pas

    retomber platement dans les filets du marché mondial".

    Daniel Brun, de Grand-Saconnex et membre du Conseil exécutif de l’Eglise

    catholique dans le canton de Genève, avait intitulé son intervention:

    "Grasse matinée ou matinée de grâces."

    La société a changé

    Après avoir fait un bref historique savoureux des dimanches d’antan, le

    Genevois décrit entre autres la concurrence des multiples manifestations

    laïques face à la célébration dominicale et souligne la pratique d’un certain "tourisme ecclésial". Grâce à l’oecuménisme, des chrétiens participent

    plus volontiers qu’autrefois, (en alternance pour les couples mixtes), à un

    culte ou à une messe.

    "La société a changé, presque tous souhaitent faire des choix libres et

    ne sont plus prêts à accepter des préceptes sans y avoir réfléchi et à les

    assumer sans y adhérer. Et Daniel Brun de poser cette ultime question:

    "Quel message transmettre pour qu’il suscite un acte de foi, avec les conséquences qui en découlent, à la place d’un message qui apparaît fréquemment normatif et autoritaire?"

    L’exégèse de l’Exode et du Deutéronome

    Pour mieux comprendre l’origine du sabbat et du dimanche, Hanspeter

    Ernst, docteur en théologie à Lucerne, a présenté encore les textes essentiels de l’Exode et du Deutéronome pour la compréhension du sabbat et du

    dimanche, en montrant que l’interdiction du travail et le fait d’y renoncer

    sont des éléments fondamentaux. "Le repos du sabbat, respectivement celui

    du dimanche, qui libère l’homme du joug du travail permanent, représente

    une conquète culturelle et religieuse non susceptible d’être abandonnée".

    Présence de Mgr Ivo Fürer

    Mgr Ivo Fürer, évêque de Saint-Gall, présent toute la journée du samedi,

    estime que l’exposé de Hanspeter Ernst ouvre des perspectives précieuses

    pour lutter contre "l’individualisme sans espoir". Ce dernier tue la communauté. La célébration du dimanche est une de ces valeurs qu’il nous faut

    retrouver. Il a invité les délégués présents à poursuivre cet approfondissement commencé à Lucerne. (apic/ba)

    Encadré

    Les délégués de 17 conseils pastoraux diocésains et cantonaux à Lucerne

    ont également échangés leurs activités et leurs méthodes de travail, en

    présence, vendredi soir, du Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses. Le témoignage des trois déléguées du canton

    des Grisons a été particulièrement apprécié. Il fut applaudi par l’assemblée. Malgré la situation difficile - la non-reconnaissance de leur travail

    par l’évêque du lieu, Mgr Haas, - elles poursuivent leur tâche pastorale.

    Elles ont demandé en outre l’appui et la prière des autres Conseils pastoraux cantonaux.

    La résolution finale a suscité un débat, non pas sur le fond de la déclaration, mais sur la compétence de l’assemblée à la faire adopter. Malgré

    les réticences de Mgr Fürer sur cette question, la quasi-unanimité des délégués ont estimé qu’ils étaient dans leurs droits de voter cette résolution. Elle a la teneur suivante:

    "Les délégués(es) des Conseils pastoraux catholiques de Suisse s’inquiètent de la tendance à ouvrir une brèche sur l’interdiction du travail du

    dimanche. Ils demandent aux responsables politiques et économiques de ne

    pas sacrifier le dimanche à cause de la compétition économique. Une culture

    du dimanche vivante protège des valeurs humaines fondamentales, comme la

    communauté, la découverte du sens des choses et des réalités et l’apprentissage d’un espace créatif. En vue de préserver ces valeurs, les délégués(es) d’assocations de laïcs catholiques font appel aux membres des deux

    Chambres fédérales pour qu’ils ne sacrifient pas le règlement du travail le

    dimanche, ni n’en laissent la résolution au seul jeu des partenaires sociaux. La réunion de Lucerne avait pour thème: "Le sabbat est fait pour

    l’homme - Nos traditions dominicales passées sous la loupe". (apic/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus