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    apic/Louvain /évêques /Europe

    Belgique: évêques de quinze pays d’Europe réunis à Louvain (030495)

    L’Eglise a un rôle irremplaçable dans la construction de l’Europe

    Louvain/Bruxelles, 3 avril 1995 (APIC-CIP) L’éthique chrétienne peut offrir

    une réponse à la crise culturelle générale et apporter sa pierre d’une valeur inestimable à la européenne. Telle est la conclusion qui se dégage des

    travaux de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE), qui vient de se réunir durant deux jours à Louvain.

    Les évêques délégués de quinze pays d’Europe se sont réunis sous la présidence de Mgr Josef Homeyer, évêque de Hildesheim (Allemagne) et en présence de Mgr Giovanni Moretti, nonce apostolique à Bruxelles. La COMECE a

    évoqué, durant ces journées, de multiples problèmes éthiques causés par

    l’évolution des techniques et de la société elle-même : crise de l’Etatprovidence, aggravation du chômage, innovations technologiques ou biomédicales. Pour l’Eglise, le défi concerne au plus haut point l’éthique, ont

    constaté les évêques présents.

    Les évêques souhaitant entendre un point de vue autorisé sur l’évolution

    de l’Union européenne, le Commissaire espagnol Marcelino Oreja a rejoint

    Louvain pour leur présenter une synthèse de l’évolution actuelle. "Nous

    nous trouvons actuellement dans une phase de transition qui comporte de

    nombreux points d’interrogation", a-t-il reconnu. Pour la Commission européenne, le Traité de Maastricht, qui n’est qu’une étape intermédiaire, a

    lancé un débat plus profond auprès des citoyens européens. En outre, de

    grands défis rester à relever comme l’adaptation des institutions en

    fonction de l’élargissement de l’Union aux pays d’Europe centrale et d’Europe de l’Est ; la réalisation de l’Union économique et monétaire ; l’intégration plus étroite dans une Union politique régulée par le principe de

    subsidiarité (ne pas intervenir d’en haut, tant que les responsabilités

    sont prises au niveau inférieur). Pour la COMECE, l’Eglise se doit d’apporter sa sagesse à l’édification européenne, surtout si l’on veut que la construction de l’Europe ne se réduise pas à des questions économiques ou à

    des questions politiques.

    Reste que cette Europe doit convaincre tout un chacun. Or, "la citoyenneté européenne revêt encore un contenu trop faible", a-t-on déploré à Louvain. Selon Michel Petite, ancien conseiller juridique de Jacques Delors et

    aujourd’hui directeur du groupe de préparation de la Conférence intergouvernementale de 1996, "les discussions portent sur de nombreuses questions

    de fond". Le Traité de Rome, a-t-il rappelé à Louvain, s’est transformé en

    "charte fondamentale des droits et des libertés de l’homme". Il est devenu,

    dans l’Union, une référence "fondatrice" pour l’Europe, ce qui permet de le

    redécouvrir avec un certain "charme".

    L’Europe doit trouver "un supplément d’âme"

    Mais surtout, c’est un nouveau visage de l’Europe que ses citoyens attendent, pour eux-mêmes et pour l’ensemble du monde, ont insisté les évêques à Louvain. La COMECE estime que, pour aider l’Europe à trouver ou à

    retrouver un "supplément d’âme", l’Eglise en général et les chrétiens en

    particulier ont un rôle irremplaçable à jouer. (apic/cip/ba)

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