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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le texte contient 103 lignes (max. 75 signes), 1125 mots et 7470 signes.

    apic/Livre Paroisses

    Un prêtre belge se penche sur les paroisses dans un livre

    "Les communauté paroissiales":

    Le droit canonique aide aussi à penser l’avenir de l’Eglise (270296)

    Bruxelles, 27février(APIC) La paroisse n’est pas une réalité dépassée.

    Car elle ne se définit pas d’abord comme territoire, ni comme charge d’un

    curé, mais comme communauté ecclésiale. Dès lors, comment aider les paroissiens et leurs pasteurs à valoriser cette "Eglise locale", à en assumer la

    responsabilité et à en dynamiser la vie? Dans son nouveau livre, Alphonse

    Borras, prêtre et théologien belge, montre l’intérêt du droit canonique

    pour ouvrir et recentrer les perspectives pastorales.

    La paroisse n’a pas toujours existé. Mais elle n’est pas née d’hier.

    D’où vient-elle? A quelles exigences répond-elle? Alphonse Borras fait le

    point dans son récent livre "Les communautés paroissiales. Droit canonique

    et perspectives pastorales".

    Renvoyer la paroisse avec le village de jadis? Opter désormais pour des

    communautés par affinité où les laïcs suffiraient à compenser le manque de

    prêtres? Ce serait, dit le canoniste, méconnaître l’histoire, entretenir

    des confusions et mettre la charrue avant les boeufs. Car ce n’est pas dans

    les champs, mais dans les villes qu’est née l’Eglise. Au IVe siècle, quand

    le christianisme est devenu religion tolérée puis religion d’Etat, les fidèles ont afflué en grande masse autour de la communauté urbaine présidée

    par l’évêque entouré d’un collège d’anciens. Or, au lieu de multiplier les

    évêques, on a préféré faire éclater le collège d’anciens. Ainsi sont nées

    peu à peu les paroisses et leurs prêtres.

    "L’Eglise pour tous et pour l’essentiel"

    Le XXe siècle a vu s’achever un quadrillage systématique des diocèses en

    paroisses. Mais ce quadrillage ne peut faire oublier que le territoire est

    second dans la naissance de la paroisse: il s’agit d’abord de faire exister

    l’Eglise en un lieu. La paroisse répond avant tout à un impératif de rassemblement: intégrer dans l’unité la "variété merveilleuse" que l’Esprit de

    Dieu provoque par ses dons dans le peuple des baptisés. C’est ce rassemblement de la diversité dans l’unité que le Credo qualifie de "catholique".

    Même si elle peut englober ou rencontrer en partie diverses formes de

    vie associative, la paroisse ne procède pas de la volonté de quelques-uns

    de s’associer pour des besoins particuliers, mais de la décision de l’évêque d’offrir à tous une communauté qui soit "sacrement du salut": par l’accueil et l’approfondissement de l’annonce de l’Evangile, par la célébration

    du don de Dieu notamment dans l’eucharistie, par le témoignage rayonnant

    d’une vie ecclésiale. A. Borras résume: la paroisse, c’est "l’Eglise pour

    tous" et en même temps "l’Eglise pour l’essentiel".

    Le code latin de droit canonique, publié en 1983, a cherché à traduire

    en normes concrètes les orientations du Concile. On ne s’étonnera pas que

    la charge du curé, abordée dans le deuxième partie de l’ouvrage, découle de

    la nature même de l’Eglise locale paroissiale, et non l’inverse. Le curé

    est certes le pasteur propre de la paroisse, et non un simple représentant

    de son évêque. Mais il ne doit pas tout faire lui-même s’il veut favoriser

    l’épanouissement et l’harmonie de la "variété" paroissiale. Il lui faut

    avant tout veiller à ce que chacun tienne sa place et joue son rôle.

    Synodalité et coresponsabilité

    Ici encore, le canoniste liégeois s’attache à lever une confusion et à

    élargir des perspectives. Depuis trente ans, on insiste beaucoup sur la coresponsabilité dans l’Eglise, c’est-à-dire sur les rôles et les responsabilités spécifiques de tout un chacun. Or, l’Eglise locale n’est pas qu’un

    ensemble de baptisés individuels: il y a entre eux, conjonction ou convergence pour une oeuvre commune, qui est d’abord offre de Dieu. La "synodalité" caractérise la communauté ecclésiale comme . Il revient au ministre ordonné de la promouvoir.

    La dynamique "synodale" de la paroisse s’exprime fort bien quand elle se

    réunit pour tenir conseil. Le rôle majeur d’un "Conseil paroissial" n’est

    pas de veiller à l’organisation concrète des diverses activités, mais de

    s’interroger sur le fond : la communauté locale vit-elle en conformité avec

    l’Evangile? A. Borras insiste pour qu’un "Conseil" ne se confonde avec une

    autre institution : "ce n’est ni un groupe de pression, ni un forum pour le

    débat d’idées, ni un salon de courtisans". L’humour des formules n’est pas

    dû au hasard, mais s’inspire de réalités observées : dans tel conseil paroissial, dans telle assemblée diocésaine ou interdiocésaine ne confond-on

    pas la dynamique du rassemblement synodal avec celle de la vie associative?

    Place à la musique

    Professeur de droit canonique depuis une dizaine d’années, d’abord au

    Séminaire de Liège et aujourd’hui à l’Université catholique de Louvain-laNeuve, Alphonse Borras laisse finalement à son lecteur le soin de faire

    parler la vie.

    Visant un large public, des pasteurs aux fidèles laïcs, le livre espère

    en définitive "favoriser l’élaboration de projets pastoraux". Car, dit

    l’auteur, "une paroisse sans projet est une paroisse morte".

    Comment avancer?

    Le canoniste propose notamment de maintenir vive l’interpellation de

    l’Evangile en invitant toute la communauté paroissiale à réfléchir au témoignage que donne son rassemblement ou sa dispersion. Une communauté de

    vingt-cinq personnes doit être reconnue et valorisée, mais n’a manifestement plus de quoi offrir à tous "l’Eglise pour l’essentiel". L’expérience

    du rassemblement de plusieurs communautés dans une seule eucharistie dominicale d’une grande paroisse peut faire émerger un signe fort du rassemblement, tout en éveillant des solidarités inattendues entre les fidèles.

    Reste que la paroisse n’est pas le tout de l’Eglise et ne peut absorber

    toutes les initiatives locales des chrétiens. A. Borras plaide donc pour

    que des "synergies" se multiplient entre les mailles du "réseau" ecclésial.

    Aujourd’hui pas plus qu’hier, "l’institution paroissiale ne peut se réduire

    à n’être qu’une simple structure à réorganiser. Dieu merci !" (apic/cip/pr)

    Editions: Cerf, 1996, 342 p. Avant-propos du cardinal G. Danneels. Préface du Père Hervé Legrand.

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